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Frédéric Mitterrand

Né à Paris le 21 août 1947

Journaliste, animateur TV, cinéaste, écrivain, ex-responsable de chaîne ...

 

Parcours

Neveu de l'ancien président de la République, Frédéric Mitterrand est docteur en Histoire et Géographie. 

Cinéphile averti, il dirige une salle d'art et d'essai dans le 14ème arrondissement parisien avant de devenir animateur de télévision pour 'Du coté de chez Fred', ' Ciné club' et 'C'est votre vie'. Il se passionne pour les grands personnages historiques et notamment pour les têtes couronnées. Pendant plusieurs années, il est le grand commentateur des cérémonies royales. 

Il a également réalisé de nombreuses séries documentaires sur les grands destins du XXème siècle et des films de cinéma tels que 'Lettres d'amour en Somalie' (1981) et 'Madame Butterfly' (1994). 

Journaliste et écrivain, Frédéric Mitterrand a été directeur général délégué chargé des programmes de TV5. Il a démissionné en juin 2005.

(evene.fr)

Interview

Son appartement parisien croule sous les livres d'art et les bibelots exotiques. C'est là que l'intervieweur vedette de Match TV, l'oeil complice, évoque avec humour ses états d'âme chroniques...


Télé Star : Vous faites toujours un compliment sur votre invité dans "Plaisirs de France". Qu'aimeriez-vous que l'on dise de vous ?

Frédéric Mitterrand : Que je suis gentil, ce qui n'est pas une qualité mièvre à mes yeux.

Télé Star : Vous jouez la carte de l'intimité et de la pudeur. A contre-courant des Fogiel et autres Ardisson...

Frédéric Mitterrand : Et j'assume ! Je suis très ami avec Marc-O et j'ai beaucoup d'admiration pour Ardisson. Mais je ne sais pas faire ce qu'ils font. Je pratique la culture admirative et n'invite que des gens que j'apprécie, que j'ai envie de mettre en valeur. Je revendique l'absence de polémique et le suranné !

Télé Star : On parle de votre retour sur francetélévisions...

Frédéric Mitterrand : On me le dit, mais je n'ai pas eu de coup de fil. Peut-être est-ce parce que le documentaire diffusé lors des obsèques de la reine mère a bien marché !

Télé Star : La question qui vous met le plus mal à l'aise ?

Frédéric Mitterrand : Celle que me pose mon percepteur, qui me torture !

Télé Star : Et celle qui vous insupporte le plus ?

Frédéric Mitterrand : "Mais tu ne vis plus au Maroc ?" (iI possède une maison en Tunisie.) Je sens bien que ceux qui la formulent rêvent de se débarrasser de moi.

Télé Star : On vous dit parfois dépressif. Cela ne s'arrange pas en vieillissant ?

Frédéric Mitterrand : Non, mais je le cache mieux. Je suis inquiet, timide, insatisfait. Ma thérapie, c'est le travail. Ce matin, j'étais mourant. Mais j'ai dû faire une bande-annonce pour TV5, préparer mes émissions pour Match TV et Europe 1, m'occuper du CNC (Centre national de la cinématographie) et vous recevoir. Je suis bien obligé d'oublier mes états d'âme.

Télé Star : Vous êtes souvent en retard, comme l'était votre oncle illustre. Vos autres points communs ?

Frédéric Mitterrand : L'absence de préjugés, le goût de l'histoire, une vision romanesque de sa propre existence, la fidélité en amitié et une perpétuelle aptitude à être sous-estimé par les autres !

Télé Star : Sans quoi ne pourriez-vous pas vivre ?

Frédéric Mitterrand : Sans le subjonctif. C'est le plus beau mode de la langue française : il permet d'exprimer le rêve, le souhait et le regret ! Propos recueillis par Caroline Bonacossa.

(interview Telestar)

La Mauvaise vie

Qu'est-ce qu'une « Mauvaise vie » ? Et comment s'en affranchir

Avant d'ouvrir ce livre, il faut oublier tout ce que l'on croit savoir de son auteur. Oublier ses éloquences de télévision, son patronyme illustre, ses variations sur « Sunset Boulevard », ses roucoulements devant quelque destin royal et brisé. Avant d'entrer dans ce récit, il faut aussi admettre que certains individus, chéris par l'époque, peuvent souffrir en secret sous nos yeux qui ne voient rien, et derrière des écrans qui maquillent tout. Le jeune Frédéric - son prénom flaubertien le vouait-il à un excès de mélancolie ? - était de cette tribu : avec, côté soleil, les signes extérieurs de la bonne fortune ; avec, en intérieur nuit, les morsures plus troubles de cette « Mauvaise vie » qu'il éclaire aujourd'hui d'une lucidité inattendue, rageuse, quasi proustienne. Il est difficile, en effet, devant cette arche remplie de gigolos, d'amours impossibles, de bordels pour garçons, de réminiscences, de bords de mer, de ne pas songer, fût-ce au rabais, à l'entreprise douloureuse du « Temps perdu ». Avec les jeunes fringants des Sixties à la place de Saint-Loup ; avec les tapins de Bangkok comme autant de Morel ou de Jupien ; avec Catherine Deneuve (jamais nommée) dans le rôle d'une inaccessible Guermantes ou Talitha Getty dans celui d'Odette. Cette « Mauvaise vie », c'est ainsi, et d'abord, une autobiographie cruelle, impitoyable pour son héros, pour son obstination à se croire indigne d'être aimé, pour son aptitude mortifère au malheur.


En onze chapitres - chacun d'entre eux se torsade autour d'une passion contrariée -, Frédéric Mitterrand bâtit alors son étrange cathédrale : on y croise des blousons dorés, des rêveuses bourgeoisies, Sagan, un ami de Burroughs, de jeunes Maghrébins, des gouvernantes des beaux quartiers, des agents du FLN, un amant grec, l'assassin de Pasolini, Michèle Morgan et même (plus rarement) un certain « oncle François » - symbole marmoréen d'un lignage où le gay savoir n'était pas un sujet de conversation. On y croise surtout la honte du narrateur submergé par une inclination qu'il n'ose avouer aux siens. Et ses paniques devant les conséquences, souvent périlleuses, de cette inclination. Tout cela est dit crûment, discrètement. Glamour et tripots. Solitudes et « attractions ténébreuses ». Argent contre plaisir. Cette prose a dû coûter cher au styliste qui y couche sa part la plus clandestine.

Le plus étrange, dans ce livre magnifique - j'insiste : ce livre est magnifique -, c'est qu'il y plane, dès les premières pages, un climat de fatalité et de rédemption. Frédéric, comme le jeune Spartiate de la légende, se laisse dévorer par le renard qu'il dissimule sous son manteau. Et dans cette mortification se glisse une trouée de lumière. On s'attache, par la magie des aveux, à ce garçon qui s'adresse à lui-même les lettres qu'il aurait aimé recevoir de ses amants ; qui se voit comme un « ersatz d'homme » dans le regard des femmes vieillissantes, et comme un « ersatz de femme » pour les maquereaux de Nice ou de Patpong. A cette âme sensible il a fallu un courage inouï pour concevoir et brandir un tel étendard. Non qu'il ait quelque crime à confesser. Mais parce que, dans sa propre logique, Frédéric se sent aussi rebelle à sa « Mauvaise vie » qu'à celle, improbable, qu'il aurait pu mener si le diable l'avait laissé en paix. « Il y a toujours deux individus en chacun, disait Borges, et le vrai, c'est l'autre... » Maintenant, l'autre Frédéric a tout dit. Il est libre. Comme chacun, à midi, dans le jardin du Bien et du Mal

« La mauvaise vie », de Frédéric Mitterrand (Robert Laffont, 350 pages, 20 euro ).

(le point)

Homosexualité

L’ex-animateur du service public audiovisuel, Frédéric Mitterrand, publie une autobiographie intitulée La mauvaise vie, éditée chez Robert Laffont.

Un livre où le neveu de François Mitterrand se livre comme jamais : enfance, amitiés, amours, sexualité…Ainsi, il parle pour la première fois de son homosexualité, évoque la découverte de la différence, sa non solidarité avec la communauté. 

Interviewé par Tétu, Frédéric conseille à ceux revendiquant la réversion des pensions de Sécu d’aller plutôt occuper l’ambassade d’Arabie saoudite où là-bas on décapite les gens...

Toujours dans Tétu, il explique pourquoi avoir écrit ce livre. C'est pour lui plus facile d'écrire que d'en parler...

Il a également tout dit à Marc-Olivier Fogiel dans "On ne peut pas plaire à tout le monde" le dimanche 20 mars 2005.

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