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Pascal Sevran

Auteur-compositeur-interprète, animateur télé, écrivain

Parcours

La vie de Pascal Sevran est intimement liée à la chanson.

Il est avant tout un auteur et compositeur. Son plus gros succès : "Il venait d'avoir 18 ans" pour celle qui sera sa grande amie, Dalida. Il chante également, en tournée (il a fait l'Olympia en 1991) ou dans ses émissions.

Il est connu pour être un proche du président de la république, François Mitterrand, et sera de nombreuses fois médaillé par ce dernier, obtenant notamment la légion d'honneur en 1995.

A partir de 1984, il est le producteur-animateur de la "Chance aux chansons" sur TF1. Cette émission, qui fait la part belle à la chanson française des années 50 alors que les radios libres explosent, permet à quelques nouveaux de se faire connaître (...). Son passage à France 2 en 1991 ne changera pas sa notoriété jusqu'en 2000 ou l'aventure s'arrete faute d'audimat suffisant. Cette émission restera quand même comme un des records de longévité à la télévision. Pascal Sevran se sera également essayé, avec succès, au divertissement à 20h50 avec "surprise party" où les rythmes d'avant se mélangeaient avec les succès d'aujourd'hui. Sa nouvelle émission, le dimanche midi, "Chanter la vie" marche bien.

Ajoutons qu'il est en 1991 Directeur Général de radio Montmartre.

Enfin, il est écrivain. En 1979, il a obtenu le prix Roger Nimier pour "le passé supplémentaire". Depuis quelques années, il enchaine avec réussite les livres sur sa vie intime. Il en est au troisième tome de son journal.

Homosexualité

Bien avant ses livres, Pascal Sevran était catalogué "homo" (pas de femme dans sa vie, une coquèterie extrème devant les caméras, ...). Dans un sondage réalisé auprès d'un échantillon représentatif de français, il est en 2ème position des gays les plus connus. Ces 3 derniers livres détaillés ci-après ont été l'occasion pour Pascal Sevran de révéler une part de sa vie intime et notamment sa relation homosexuelle pendant 15 ans avec Stéphane.

Son journal intime : tome 1 "la vie sans lui"

"Privé de lui, de son épaule, j'avance sans savoir où je vais. J'avance, cela veut dire que je me lève, que je me lave, que je réponds oui quand on me demande si ça va. Rien, des réflexes, des convenances. Je ne me laisse pas aller, je vais." Journal lucide et désespéré, "La vie sans lui" tente l'impossible : ressusciter la jeunesse, la beauté, l'amour de Stéphane, compagnon d'une vie aussi tourbillonante que solitaire.

Depuis toujours, l'homosexualité de Pascal Sevran était un secret de Polichinelle, connue du monde parisien, du monde gay et de la rumeur. Lui, pudique, ne parlait jamais de sa vie privée. Le sol s'est dérobé sous ses pieds un jour d'octobre 1998 lorsque Stéphane, son compagnon depuis 18 ans, est parti au paradis des chanteurs. Dès lors, deux solutions : perdre la tête ou continuer. Le 1er janvier 1999, il commence à écrire le journal de sa vie sans lui, ne sachant pas trop s'il voudra le publier. Le langage est plus que sincère. Pascal se raconte, se souvient des moments intimes qui lui manquent, la rencontre avec Stéphane, comment ils avaient choisi de vivre. La confession est d'autant plus percutante qu'il ne cache plus rien. Comme si le fait de ne plus mentir par omission était un hommage à Stéphane. Ce journal est une description de la douleur quotidienne, l'amitié des copains, la discrétion de la famille, la force du quotidien. Puisqu'il faut bien continuer de vivre... On pourrait croire que pour une fois, Pascal Sevran a rangé la pudeur au placard, il n'en est rien . (http://www.adventice.com/culture/livre21.htm)

Son journal intime : tome 2 "des lendemains de fête"

Si vous l'associez à Georgette Lemaire, il récite un poème de Saint-John Perse et si vous lui serinez des vers d'Alfred de Vigny, il chante une chanson de Francis Lemarque. Bénéficiant d'une belle cote de sympathie, due à sa notoriété télévisuelle, Pascal Sevran a connu un vif succès avec La vie sans lui où il racontait la mort de Stéphane, son Jean Marais intime. Ce livre correspond au retour à la littérature du Prix Roger Nimier 1979 qui avait oublié qu'un présentateur d'émissions de variétés pouvait aussi être écrivain. Cruel paradoxe, sa renaissance s'exerça par le biais de la mort de Stéphane. «L'art est une nostalgie qui crée», disait Thomas Mann.

Au mieux de sa forme, le ressuscité des lettres publie le tome deux de son journal sur la lancée du premier. Le deuil en bandoulière, Pascal Sevran ne veut plus entendre parler de fiction. «Comme mes tiroirs, mes pages doivent être rangées, débarrassées du superflu pour que je voie clair en moi-même.» Son ambition est de poursuivre le dialogue avec ses lecteurs. Rien de plus. Son sévère jugement sur les diaristes lui interdit le soliloque sans fin.

Obsédé par la vérité de ce qu'il vit, l'égotiste repenti décline à sa façon les sentiments de tout le monde. La sexualité n'est pas son fonds de commerce: seul l'amour compte à ses yeux qu'il n'a pas dans sa poche. Celui exclusif d'hier le pousse à sauver les souvenirs comme on extirpe les meubles du feu. Celui multiforme d'aujourd'hui l'incite à côtoyer une bande d'excentriques d'où émerge Lily, délicieuse chanteuse de bastringue qui est à Piaf ce que les poupées de Luna Park sont aux Barbie. L'univers de Sevran ne se compose pas de Ferrari ni d'Ibiza mais de petits poissons rouges et de bouchées à la reine. Le fils d'ouvriers communistes élevé dans le culte du travail se partage entre la solitude et la passion des autres.

Selon lui, la beauté d'un style est la plus grande des politesses. A la fois ludique, méchant, plein d'humour et lucide, l'écrivain est plus épouvanté par le départ des vacances d'été que par un film d'horreur. «Les couples qui s'ennuient font des bébés pour se distraire. Tant de légèreté désole», confie le surnommé Papa. Sensible à la limite du supportable, l'invivable est fidèle à sa jeunesse puisqu'il chante et écrit comme Mireille et Berl, ses parents spirituels. Ni Modiano ni Guy Lux, Sevran c'est Jean Nohain qui voudrait entrer dans La Pléiade. (lire.fr)

Son journal intime : tome 3 "on dirait qu'il va neiger"

Ce Journal n'a rien de la commande d'un éditeur à une personnalité. La réalité n'intéresse l'auteur que pour une page à venir. Il bâcle le présent sûr de lui faire la peau sur le papier. Il quitte Paris, lundi, pour rejoindre Morterolles, mardi, où il passe sa journée à retrouver ce qu'il a vécu la veille. Il y a peu de temps, lire Pascal Sevran c'était prendre Gloria Lasso pour Marguerite Yourcenar. Le jeune homme intriguait à force de réhabiliter Marcel Jouhandeau avec la même insistance qu'il régalait nos grands-mères au son de Clopin-clopant. De surcroît, il se payait le luxe de réciter du Jacques Chardonne au bras du président Mitterrand. Le Prix Nimier 1979 désarçonnait ceux qui ne lui reconnaissaient plus le droit de bien écrire, ni même d'écrire bien. Il a fallu voir son nom en tête des best-sellers pour lui octroyer les circonstances atténuantes.

Ici, pas d'ambiance magazine people, excepté les amis, célèbres et inconnus, plus ceux de circonstance. Pourquoi se priver de marchepieds? Les lecteurs retrouvent la désinvolture du fils de communistes qui se délecte des écrivains de droite dans ce qu'ils ont de meilleur: le style qui entrechoque les mots, l'œil et l'oreille en alerte. L'ami de Charles Trenet connaît la musique: il met de l'ordre dans ses idées comme Dalida mettait de l'ordre dans ses cheveux. L'animateur télé ôte le masque et cherche sa mère dans les yeux des jeunes gens. Plus il s'intoxique de lui-même, mieux il parle des autres.

A l'identique des tomes précédents, la trame est le deuil de Stéphane: «Je ne peux plus l'embrasser. Qu'on me pardonne tant de vulgarité. Elle me désole.» Le rire n'est pas absent, le fou rire même. La vision d'un Prix Nobel de littérature devant le vide-ordures vaut le détour par l'HLM. Tel le peintre Paul Klee, se promenant «sur sa ligne», Pascal Sevran n'est pas un écrivain du dimanche: il écrit aussi les autres jours de la semaine. Quand ça lui chante. Si les dîners entre copains sont un peu rasoirs, on absout celui qui offre des bouquets de prose d'Henri Calet à sa maman. Une étreinte traverse les pages. Malgré les volumes à venir, le diariste sait qu'il n'écrira jamais le plus beau. Celui d'après sa mort.

Son journal intime : tome 4 "Lentement, Place de l'église"

Avec "Lentement, place de l'église", quatrième volet de son journal intime, l'animateur Pascal Sevran poursuit une psychothérapie publique, comme "un besoin vital", confie l'auteur, pour supporter l'absence de son compagnon décédé, Stéphane. Passé maître dans le genre difficile du journal intime censé ne pas être lu par autrui, Pascal Sevran reconnaît être confronté à un deuil qui semble encore inaccessible: "en tenant cette chronique des jours sans lui, j'ai l'illusion de les vivre avec lui". Les deux premiers tomes de ce journal entamé en 1998, "La vie sans lui" et "Des lendemains de fête", qui ont révélé l'homme de plume derrière le chantre de la variété française, comptent parmi les succès récents de librairie avec plus de 350.000 exemplaires. "J'écris pour ne pas me perdre (...) J'étais le héros de mes trois premiers livres, déjà inconsolable. Celà n'ira pas en s'arrangeant. On peut me suivre ou me laisser", confie encore Pascal Sevran qui "vit aujourd'hui au-delà du chagrin". Du 10 décembre 2001 au 11 novembre 2002, Pascal Sevran livre au grand jour son quotidien professionnel et personnel, ponctué de commentaires souvent acerbes sur l'actualité dont parfois il est l'un des protagonistes secrets. A propos de la caution que Danielle Mitterrand a dû verser pour obtenir la liberté provisoire de son fils Jean-Christophe, Pascal Sevran révèle : "je n'ai pas cru devoir refuser à Danielle ce qu'elle me demandait (...) j'ai téléphoné à mon banquier pour qu'il m'accorde un prêt et j'ai fait porter le chèque certifié par mon chauffeur à qui de droit. Depuis ce jour-là, pas la moindre nouvelle de l'homme libre, sinon par la télévision où il se traîne, innocent peut-être, goujat sûrement". ("Lentement, place de l'église", éd. Albin Michel, 266 pages, 18 euros)

Son journal intime : tome 5 "On s'ennuyait le dimanche"

L'animateur et producteur de télévision Pascal Sevran publie le 4 janvier 2004 "On s'ennuyait le dimanche", cinquième tome de son journal intime entamé quelques mois après la disparition en 1998 de son compagnon, Stéphane.

Avec la même mélancolie face à un deuil qui semble impossible malgré le temps, l'auteur propose ses réflexions souvent aigries sur son quotidien ou les faits d'actualité qui l'ont touché du 5 décembre 2002 au 11 novembre dernier, rythmés par le souvenir intact de Stéphane.

Promu récemment au grade d'officier de la Légion d'honneur, l'animateur qui est passé maître dans le genre difficile du journal intime selon la critique unanime, expliquait dans le précédent tome "qu'en tenant cette chronique des jours sans lui, (il) a l'illusion de les vivre avec lui"."

"Je suis mort au même instant que toi. Je fais encore le mirliflore à la télévision et sur scène. Les foules qui me suivent m'emportent au-delà de mon chagrin (...) mais je suis seul, définitivement seul", écrit-il.

Evoquant des revirements récents d'amitié qui l'ont obligé à modifier son testament, Pascal Sevran confie "qu'il n'a pas besoin de grand monde pour être heureux". Lucide, il évoque aussi sa célébrité : "Les trompettes de la renommée me cassent un peu les oreilles, mais je ne peux plus les faire taire, c'est moi qui leur ai fourni la partition".

Dans son précédent journal, l'auteur faisait part de sa déception face à l'indifférence de Jean-Christophe Mitterrand alors qu'il a participé à la réunion de sa caution judiciaire. Pascal Sevran précise dans son cinquième tome que Danielle Mitterrand l'a intégralement remboursé par chèque de 76.233 euros le 6 février dernier.

A propos de la possible candidature de Jack Lang aux élections présidentielles, Pascal Sevran "le croit capable d'entraîner la jeunesse et pas seulement à la fête mais au travail". ("On s'ennuyait le dimanche", éd. Albin Michel, 248 pages, 18 euros)

Commentaire

Pascal Sevran, qui donnait l'image de quelqu'un d'assez caracteriel et hautain, donne une image de lui plus émouvante et plus humaine depuis qu'il parle de son ancien amour.

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