C’est une phrase qui n’était pas écrite dans le discours de Barack Obama. Le fait que le sénateur noir l’ait prononcée dimanche soir à la tribune de l’académie de Washington est donc d’autant plus marquant.
Alors qu’il venait de recevoir l’appui public et très symbolique de la famille Kennedy dans sa course à l’investiture du Parti Démocrate, il a ainsi défini l’espoir qu’il espère porter dans cette campagne, comme Kennedy l’a fait dans les années 60 : " Et il vit [cet espoir] chez tous les Américains — jeunes et vieux, riches et pauvres, noirs et blancs, latinos ou d’origine asiatique, homos et hétéros — qui sont fatigués de cette politique qui les divise. "
Un peu plus tôt dans la soirée, le sénateur Edward Kennedy, frère du président assassiné, héritier du clan Kennedy et conscience morale de l’Amérique avait justifié son soutien à Obama en associant les droits des gays à ceux des autres minorités : " Avec Barack Obama, nous fermerons le livre des vieilles politiques de race contre race, de genre contre genre, de groupe ethnique contre groupe ethnique, et d’hétéros contre homos. "
En plaçant ainsi les gays parmi les groupes auxquels il s’adresse nommément et à qui il promet une forme de reconnaissance, Obama cherche à élargir sa base électorale au-delà de la communauté noire qui est pour l’instant son principal soutien. Sans être favorable au mariage pour les homosexuels, Obama rappelle ainsi qu’il est, comme ses deux principaux adversaires démocrates, Hillary Clinton et John Edwards, en faveur des unions civiles pour les couples de même sexe, pour les droits des transsexuels et pour le dépassement de la politique du " don’t ask, don’t tell " (ne pas demander, ne pas dire) au sein de l’armée.
Les trois prétendants démocrates à la succession de George W. Bush, s’ils sont très proches sur ses questions, sont ainsi à des années-lumière des positions des différents candidats à l’investiture du Parti Républicain, que ce soit l’ultra-conservateur et ancien pasteur baptiste Mike Huckabee, le gouverneur mormon Mitt Romney ou l’ancien vétéran du Vietnam John McCain.
Huckabee, qui connaît le poids des conservateurs religieux parmi l’électorat républicain, est celui qui est allé le plus loin dans ses déclarations anti-gay : "Tout au long de l'histoire de l'homme, le mariage a signifié la relation d'un homme et d'une femme pour la vie. Si nous changeons cette définition, jusqu'où irons-nous?", a ainsi déclaré l'ancien gouverneur de l'Arkansas lors d'une interview pour le webzine religieux Beliefnet, ajoutant même : "Ce n'est pas être extrémiste que de vouloir définir le mariage. Être extrémiste serait de changer la définition du mariage qui pourrait être l'union de deux hommes, de deux femmes, d'un homme et trois femmes, d'un homme et un enfant, d'un homme et un animal…"
Ancien partisan de la défense des droits des gays, Romney a quant à lui renié ses déclartations passées pour revenir dans la plus pure ligne conservatrice sur laquelle se situe aussi, sans que ce soit un de ses thèmes de prédilection, John McCain.
Le seul candidat républicain moins hostile aux droits LGBT est l’ancien maire de New York Rudolph Giuliani. Mais l’ex-favori des sondages est aujourd’hui en perte de vitesse après avoir fait l’impasse sur les premières primaires…
Source : http://v2.e-llico.com
|