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Ferzan Ozpetek

Né le 3 février 1959 à Istanbul (Turquie)

Cinéaste italien

http://www.ferzanozpetek.com/

Biographie

Après avoir étudié à la fin des années 70 plusieurs disciplines artistiques à Rome (l'histoire de l'art, l'histoire du cinéma et la mise en scène au théâtre), Ferzan Ozpetek travaille avec le Living Theatre de Julian Beck. Il s'oriente ensuite vers le cinéma et devient l'assistant de réalisateurs italiens tels que Ricky Tognazzi, Sergio Citti ou encore Marco Risi.

En 1997, il réalise son premier film, Hammam, l'histoire d'un jeune homme, interprété par Alessandro Gassman, qui décide de restaurer un hammam, dernier vestige de son patrimoine familial. Deux ans après ce succès international, Marie Gillain et Lucia Bose viennent peupler son Dernier harem.

En 2001, avec Tableau de famille, Ferzan Ozpetek aime à penser qu'il s'agit de son premier film italien. C'est ainsi qu'il résume son parcours de cinéaste : "Dans mon premier film, je tentais de redécouvrir mes racines turques à travers mes yeux d'immigré en Italie. Dans mon deuxième, j'ai cherché à savoir pourquoi j'ai voulu quitter la Turquie et rompre avec mes racines pour découvrir une nouvelle culture en Italie. Avec Tableau de famille, je tente de comprendre pourquoi je suis là, et comment je vois l'Italie aujourd'hui, à travers Rome et mon quartier, Ostiense, tellement vivant, chaleureux et intime."

Trois ans plus tard, son quatrième long métrage, La Fenêtre d'en face, lui permet de rafler quatre David di Donatello - équivalent de nos César français -, ceux du Meilleur film, du Meilleur acteur pour Massimo Girotti, de la Meilleure actrice pour Giovanna Mezzogiorno et de la Meilleure musique.

Prochain film : Cuore Sacro, fait en 2005 et qui devrait sortir en 2006.

Homosexualité

Depuis son "Hammam" sensuel, Ferzan Ozpetek est devenu l'un des réalisateurs italiens les plus en vue malgré son homosexualité affichée.

L’histoire de Ferzan Ozpetek ressemble à s’y méprendre à l’histoire d’un film de Ferzan Ozpetek. On y retrouve, comme dans ce "Hammam" envoûtant qui nous l’a révélé, comme dans ce "Tableau de famille" qui l’a imposé ou comme dans cette "Fenêtre d’en face" qui vient enfin de sortir en France, la même situation : une vie bien installée qu’un hasard, une rencontre, une décision inconsidérée vient bouleverser.

Dans ses films, c’est un héritage à Istanbul qui révèle à lui-même un bel architecte italien ; c’est la mort d’un mari qui fait découvrir la vraie vie à son épouse ; c’est la mémoire de l’amour perdu d’un vieil homme qui chamboule un mariage. A chaque fois, l’homosexualité est là, qui sert de déclencheur à la prise de conscience. Une homosexualité présentée sous un jour positif, attachant, sans clichés.

Dans la vie de Ferzan Ozpetek, c’est pareil ou presque. Quand à 17 ans ce jeune turc décide de partir aux Etats-Unis pour suivre une école de cinéma, rien n’annonce ce qui va suivre. Dix jours avant son départ, il décide subitement, sur un coup de tête, de changer son billet : direction Rome. "Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi l’Italie. Mais cela fait trente ans que j’y vis et je sais une chose : cela a été la plus belle décision de ma vie." L’homosexualité viendra plus tard, après l’école d’art dramatique, l’université, l’assistanat auprès de nombreux metteurs en scène, et des débuts de réalisateur acclamés : "Hammam" est remarqué à Cannes en 1997 et sort dans le monde entier, "Tableau de famille" obtient un gros succès public, "La fenêtre d’en face" triomphe au box-office (3 millions d’entrée en Italie), et décroche cinq Donatello, les Césars locaux.

"J’ai fait mon coming out il y a cinq ans. Avant, j’ai eu une relation de plusieurs années avec une femme, et trois autres histoires. Et si maintenant je vis une belle histoire d’amour avec un homme, je me demande encore ce que c’est l’homosexualité. Je crois beaucoup dans la sexualité des personnes, beaucoup plus que dans les notions de homo ou hétéro. En même temps, je trouve cela drôle de devoir dire "Je suis homo". Quel réalisateur hétéro le ferait ? Si je l’ai fait, c’était d’un point de vue politique. Pour moi, c’est la seule raison de devoir l’annoncer publiquement. Je l’ai fait après que, dans un petit village, un garçon qui défendait Oscar Wilde avait été battu. Un journaliste que je connaissais m’a appelé pour savoir pourquoi je ne réagissais pas. J’ai dit d’accord : si ça peut servir, je le fais. Après, je l’ai un peu regretté car à chaque fois qu’il se passait quelque chose en lien avec l’homosexualité, on me demandait mon avis, on me disait "Vous, en tant que gay…" C’est une identité qui annule tout le reste : il n’y a plus ni l’homme, ni le cinéaste, il n’y a que le gay."
A-t-il souffert d’homophobie, après cette annonce : "Non, mais il y a eu des petites vexations, j’ai senti des préjugés." Idem en Turquie où son statut d’émigré célèbre le protège pourtant.

Chaleureux, doux, bon vivant (sa vie romaine paraît ressembler à une de ces scènes empathiques de "Tableau de famille" où des amis de tous horizons se retrouvent autour d’un repas : "Cuisiner pour mes amis, boire un bon vin, lire un bon livre… et puis, cerise sur le gâteau, une belle baise : c’est le sens de la vie pour moi "), "optimiste désespéré", sans "ambition autre que faire un beau film", celui qui a dirigé les plus beaux acteurs italiens (Alessandro Gassman, Stefano Accorsi, Raoul Bova) ne semble pas avoir été transformé par le succès. "Beaucoup de choses ont changé dans ma vie : je suis un réalisateur célèbre, je gagne beaucoup d’argent mais je me rends compte que ce sont les mêmes choses qui font mon bonheur."

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