|
Parcours
Lorsqu'il
rencontre le réalisateur du Chêne et le Roseau à Paris,
à l'occasion d'une projection, il a déjà établi une
correspondance avec André Téchiné. "Je lui avais
écrit des lettres pour lui dire combien j'admirais son
travail. Il s'en souvenait." Une rencontre essentielle
qui ne semble guère étonner cet "enfant
prodigue" qui quitte à quinze ans le cocon familial
pour aller suivre des études de cinéma à Lyon.
"Je
n'ai aucun souvenir d'enfance sans cinéma",
ajoute-t-il sans hésiter. André Téchiné lui donne
ensuite des ailes avec ce personnage d'homosexuel subtil et
flexible comme le roseau. "J'ai adoré ce personnage de
François, c'est quelqu'un d'absolu. Et tourner avec André
Téchiné a été un tel bonheur, quelque chose de
magique...".
Gaël
Morel a déjà à son actif trois courts métrages
L'accident (1991), A corps perdu (1992) et La vie à rebours
(1993), quatre longs métrages A toute vitesse (1996),
Premières neiges (1999), Les chemins de l'Oued (2002),
Trois danses d'esclave (2003), et un film toujours à
l'état de projet Tu seras un homme.
Gaël
Morel multiplie les talents d'auteur, réalisateur et
comédien car en plus de sa participation aux Roseaux
sauvages d'André Téchiné (1993), il a également joué
sous la direction de Didier Haudepin dans Le plus bel âge
(1994) et Laurent Bouhnik dans Zonzon (1998). Il a
également retrouvé André Téchiné et Stéphane Rideau
pour le film "Loin".
Gaël
Morel a été nominé au César du Meilleur espoir masculin
pour sa prestation dans "Les roseaux sauvages"
d'André Téchiné, et a reçu le Grand Prix de la Critique
Internationale au Festival International du Film de Toronto
pour sa réalisation des "chemins de l'Oued".
Filmographie
Le
Clan (2003) de Gaël Morel avec Stéphane Rideau, Nicolas
Cazale
Les Chemins de l'Oued (2002) de Gaël Morel avec Nicolas
Cazale, Amira Casar
Loin (2001) de André Techiné avec Stéphane Rideau, Lubna
Azabal
Tu seras un homme (2000) de Gaël Morel avec Elodie Bouchez,
Pascal Greggory
Zonzon (1998) de Laurent Bouhnik avec Pascal Greggory, Gael
Morel
A toute vitesse (1996) de Gael Morel avec Elodie Bouchez,
Stéphane Rideau
Cours-y vite (1996) de Gael Morel, Jean-Luc Gaget
Le Plus Bel Age (1995) de Didier Haudepin avec Elodie
Bouchez, Melvil Poupaud
Les Roseaux sauvages (1994) de André Techiné avec Elodie
Bouchez, Gael Morel
La Vie a rebours (1994) de Gael Morel avec Stéphane Rideau,
Aurelien Morel
Son
homosexualité
Comme
le dit Tétu dans un ancien numéro, tout le monde sait que
Gaël est gay ... Il ne dit pas explicitement qu'il l'est
mais il ne contredira pas quelqu'un qui le dit.
Mais
ses interviews sont quand même explicites : "L’homosexualité
ne m’intéresse pas comme sujet de cinéma. Ce qui m’intéresse,
c’est l’intimité des personnages. Il y a chez les
cinéastes homos une peur d’être catalogués. Moi, ça ne
me dérange pas que des gens se reconnaissent dans mes
films. Ce qui est important, c’est d’avoir une vraie
démarche de cinéaste. C’est absurde de penser qu’il y
aurait un bon public, les intellectuels, et un mauvais, les
homos." (paroles de Gaël Morel dans e-llico, juin
2004)
Son
film : Le clan
"Le
clan" ou le portrait de trois frères en trois
chapitres. La première partie s’ouvre sur Marc, 22 ans,
le cadet ; le frère ennemi, celui qui vit dans l’adulation
de Christophe, son aîné, et le mépris d’Olivier, le
benjamin, à qui il veut s’imposer comme un modèle.
La seconde partie se poursuit avec Christophe, 26 ans, de
retour de prison, en phase de réinsertion, prêt à tout,
même à trahir ses idéaux de jeunesse pour rentrer dans
les rangs de la société. Un frère qui ne correspond plus
à l’image qu’idolâtrait Marc.
Et pour finir, il y a Olivier, 17 ans, le benjamin, celui
qui ira encore voir ailleurs avec un autre frère, un frère
de substitution ; Hicham, 21 ans.
Avec en filigrane une vengeange qui, d’abord bénigne,
prendra des proportions tragiques, se dessinent trois
portraits contrastés, l’histoire de trois frères que les
circonstances obligeront à se positionner définitivement
les uns par rapport aux autres.
L'avis
de Gaël lui-même sur son film :
Cinq
années séparent la réalisation de mon premier film et l’écriture
de " Le clan ". Un long temps où s’est
finalement imposée l’écriture de ce scénario comme une
nécessité. L’envie de faire un film contre le
précédent sans rien perdre des raisons qui m’ont donné
l’envie de faire du cinéma.
La base de mon désir est la même : partir d’un sujet a
priori social et l’emmener par l’esthétique et les
thèmes traités, ailleurs ; vers un film romanesque,
lyrique, où la réalité journalistique, celle qui se veut
" objective ", n’existe plus
Un film où l’on pourrait évoquer des personnages issus
de milieux sociaux modestes sans pour autant devoir
sacrifier à l’esthétique en vigueur dans ces milieux-là
(caméra portée, lumière naturelle, etc...
Le seul sujet abordé ici est la fratrie, sujet décliné
sous toutes ses formes jusqu’au crime par substitution,
jusqu’à l’inceste par sublimation ; la fratrie dans
tous ses états. La démarche de travailler avec Christophe
Honoré s’inscrit dans cette volonté de ne jamais s’égarer
du sujet.
Depuis
son premier roman jusqu’au dernier, le travail de cet
écrivain (devenu depuis cinéaste) a tenté de rendre
compte de la multitude et de la complexité des rapports
fraternels.
Forts tous deux de la connaissance de la fratrie dans notre
enfance, puis notre adolescence, nous sommes partis de
sentiments autobiographiques pour déboucher sur un récit
romanesque où les codes et les actions sont plus
signifiants que les dialogues.
Le choix d’un écrivain comme co-scénariste allait de
pair avec ma volonté de styliser la " réalité
".
En me focalisant sur trois frères, j’ai voulu aussi faire
le portrait de trois hommes et du rapport qu’ils
entretiennent à leur virilité, en dehors de celui qu’ils
entretiennent avec les femmes. En quelque sorte et pour
rester dans le romanesque, faire un western urbain où la
femme apparaîtrait quand l’homme en vient à se
questionner sur son identité masculine.
Entretien
avec Gaël Morel :
Le
film, risque d’être considéré comme homo ?
Je n’entérine pas ce mot risque ! Cela dit, mon film n’est
pas plus pour les homos que huit femmes n’était pour les
lesbiennes. J’ai un public homo et un public hétéro, j’espère
donner un espace à chacun d’eux. Pour moi, l’homosexualité
n’est pas un problème, je ne la filme donc pas comme tel.
Les problèmes de mes personnages homos sont liés à l’intime,
pas au social. Les films d’action (noirs, westerns, John
Woo ou Spielberg) disent plus de choses que tout autre sur l’intimité
des personnages ; LE CLAN n’est certes pas un film d’action,
mais les personnages y sont beaucoup en action ; l’homosexualité
de deux d’entre eux y est une normalité, au même titre
que le mariage de Christophe. Aujourd’hui les garçons
sont de moins en moins prédéterminés. Je n’aime pas les
films où le suspense est organisé autour de l’homosexualité
d’un personnage, où le coming out est un sujet fort. Se
dire homo, c’est dépassé ; c’est la réalité aujourd’hui.
Comme dans la série OZ, l’homosexualité n’est pas un
coup de théâtre. Hicham est homo, Olivier se découvre
homo.
Un
film agité ?
Le cinéma est pour moi attaché à l’adolescence, à
cette période de la vie où l’on perçoit des choses
fortes, où l’on prend tout pour soi, violemment. Mon
désir est que le spectateur se retrouve sur ces terres d’effervescences,
où l’on sait qu’on est au début de tout, où ce qui
nous arrive peut nous détruire ou nous faire Dieu. (…)
Plus je vieillis, moins je veux donner une image fausse de
la jeunesse. Chez un ado, les choses sont tellement
embrouillées dans la trivialté de la vie, les douleurs
sont tellement intenses et vitales, qu’il n’arrive pas
à les exprimer ; c’est un vrai travail de cinéaste que
de donner des mots précis, des images précises, des
sensations précises, à cette complexité informelle, à
ces tensions mal cadrées. Un travail qui prend toute une
vie. La jeunesse est fragile. Le rôle de l’art n’est
pas de cloner la société mais de retenir ce qui se passe,
et je crois que le mien est de faire émerger des
personnages qui cherchent à tenir debout, comme le signifie
bien Marc l’accidenté et Christophe l’ex-taulard.
Les
troubles d’une construction
(…) Je peux expliquer la construction en 3 parties du
scénario que Christophe Honoré et moi avons imaginé. Elle
est plus trouble que sa rigueur ne pourrait le laisser
penser. Ces 3 parties, une par frère, suivent les quatre
saisons, de la même façon que les personnages principaux
sont quatre comme dans les 3 mousquetaires. La première
partie, Marc, l’été est un teen-age movie, genre «
outsiders » de Coppola, image flamboyante de l’adolescence.
Dans la seconde, Christophe, j’aborde un genre nouveau
pour moi, où la vraie misère des prolos passe par les
sourires et les gestes du travail. La troisième, Olivier,
le cadet, celui qu’on cherche son modèle, est un mélo
sentimental. (…)
(commeaucinema.com)

Cette
page fait partie d'un site très complet sur les personnalités
gays, lesbiennes ou bisexuelles ayant révélé
leur orientation sexuelle. Si vous n'êtes pas passé
par la page principale, cliquez ICI
pour accèder à celle-ci.
|