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Gaël Morel 

Né le 25 septembre 1972 à Lacenas

Comédien, réalisateur

Parcours

Lorsqu'il rencontre le réalisateur du Chêne et le Roseau à Paris, à l'occasion d'une projection, il a déjà établi une correspondance avec André Téchiné. "Je lui avais écrit des lettres pour lui dire combien j'admirais son travail. Il s'en souvenait." Une rencontre essentielle qui ne semble guère étonner cet "enfant prodigue" qui quitte à quinze ans le cocon familial pour aller suivre des études de cinéma à Lyon.

"Je n'ai aucun souvenir d'enfance sans cinéma", ajoute-t-il sans hésiter. André Téchiné lui donne ensuite des ailes avec ce personnage d'homosexuel subtil et flexible comme le roseau. "J'ai adoré ce personnage de François, c'est quelqu'un d'absolu. Et tourner avec André Téchiné a été un tel bonheur, quelque chose de magique...".

Gaël Morel a déjà à son actif trois courts métrages L'accident (1991), A corps perdu (1992) et La vie à rebours (1993), quatre longs métrages A toute vitesse (1996), Premières neiges (1999), Les chemins de l'Oued (2002), Trois danses d'esclave (2003), et un film toujours à l'état de projet Tu seras un homme.

Gaël Morel multiplie les talents d'auteur, réalisateur et comédien car en plus de sa participation aux Roseaux sauvages d'André Téchiné (1993), il a également joué sous la direction de Didier Haudepin dans Le plus bel âge (1994) et Laurent Bouhnik dans Zonzon (1998). Il a également retrouvé André Téchiné et Stéphane Rideau pour le film "Loin".

Gaël Morel a été nominé au César du Meilleur espoir masculin pour sa prestation dans "Les roseaux sauvages" d'André Téchiné, et a reçu le Grand Prix de la Critique Internationale au Festival International du Film de Toronto pour sa réalisation des "chemins de l'Oued".

Filmographie

Le Clan (2003) de Gaël Morel avec Stéphane Rideau, Nicolas Cazale
Les Chemins de l'Oued (2002) de Gaël Morel avec Nicolas Cazale, Amira Casar
Loin (2001) de André Techiné avec Stéphane Rideau, Lubna Azabal
Tu seras un homme (2000) de Gaël Morel avec Elodie Bouchez, Pascal Greggory
Zonzon (1998) de Laurent Bouhnik avec Pascal Greggory, Gael Morel
A toute vitesse (1996) de Gael Morel avec Elodie Bouchez, Stéphane Rideau
Cours-y vite (1996) de Gael Morel, Jean-Luc Gaget
Le Plus Bel Age (1995) de Didier Haudepin avec Elodie Bouchez, Melvil Poupaud
Les Roseaux sauvages (1994) de André Techiné avec Elodie Bouchez, Gael Morel
La Vie a rebours (1994) de Gael Morel avec Stéphane Rideau, Aurelien Morel

Son homosexualité

Comme le dit Tétu dans un ancien numéro, tout le monde sait que Gaël est gay ... Il ne dit pas explicitement qu'il l'est mais il ne contredira pas quelqu'un qui le dit. 

Mais ses interviews sont quand même explicites : "L’homosexualité ne m’intéresse pas comme sujet de cinéma. Ce qui m’intéresse, c’est l’intimité des personnages. Il y a chez les cinéastes homos une peur d’être catalogués. Moi, ça ne me dérange pas que des gens se reconnaissent dans mes films. Ce qui est important, c’est d’avoir une vraie démarche de cinéaste. C’est absurde de penser qu’il y aurait un bon public, les intellectuels, et un mauvais, les homos." (paroles de Gaël Morel dans e-llico, juin 2004) 

Son film : Le clan

"Le clan" ou le portrait de trois frères en trois chapitres. La première partie s’ouvre sur Marc, 22 ans, le cadet ; le frère ennemi, celui qui vit dans l’adulation de Christophe, son aîné, et le mépris d’Olivier, le benjamin, à qui il veut s’imposer comme un modèle.
La seconde partie se poursuit avec Christophe, 26 ans, de retour de prison, en phase de réinsertion, prêt à tout, même à trahir ses idéaux de jeunesse pour rentrer dans les rangs de la société. Un frère qui ne correspond plus à l’image qu’idolâtrait Marc.
Et pour finir, il y a Olivier, 17 ans, le benjamin, celui qui ira encore voir ailleurs avec un autre frère, un frère de substitution ; Hicham, 21 ans.
Avec en filigrane une vengeange qui, d’abord bénigne, prendra des proportions tragiques, se dessinent trois portraits contrastés, l’histoire de trois frères que les circonstances obligeront à se positionner définitivement les uns par rapport aux autres.

L'avis de Gaël lui-même sur son film :

Cinq années séparent la réalisation de mon premier film et l’écriture de " Le clan ". Un long temps où s’est finalement imposée l’écriture de ce scénario comme une nécessité. L’envie de faire un film contre le précédent sans rien perdre des raisons qui m’ont donné l’envie de faire du cinéma.
La base de mon désir est la même : partir d’un sujet a priori social et l’emmener par l’esthétique et les thèmes traités, ailleurs ; vers un film romanesque, lyrique, où la réalité journalistique, celle qui se veut " objective ", n’existe plus
Un film où l’on pourrait évoquer des personnages issus de milieux sociaux modestes sans pour autant devoir sacrifier à l’esthétique en vigueur dans ces milieux-là (caméra portée, lumière naturelle, etc...
Le seul sujet abordé ici est la fratrie, sujet décliné sous toutes ses formes jusqu’au crime par substitution, jusqu’à l’inceste par sublimation ; la fratrie dans tous ses états. La démarche de travailler avec Christophe Honoré s’inscrit dans cette volonté de ne jamais s’égarer du sujet.

Depuis son premier roman jusqu’au dernier, le travail de cet écrivain (devenu depuis cinéaste) a tenté de rendre compte de la multitude et de la complexité des rapports fraternels.
Forts tous deux de la connaissance de la fratrie dans notre enfance, puis notre adolescence, nous sommes partis de sentiments autobiographiques pour déboucher sur un récit romanesque où les codes et les actions sont plus signifiants que les dialogues.
Le choix d’un écrivain comme co-scénariste allait de pair avec ma volonté de styliser la " réalité ".
En me focalisant sur trois frères, j’ai voulu aussi faire le portrait de trois hommes et du rapport qu’ils entretiennent à leur virilité, en dehors de celui qu’ils entretiennent avec les femmes. En quelque sorte et pour rester dans le romanesque, faire un western urbain où la femme apparaîtrait quand l’homme en vient à se questionner sur son identité masculine.

Entretien avec Gaël Morel : 

Le film, risque d’être considéré comme homo ?
Je n’entérine pas ce mot risque ! Cela dit, mon film n’est pas plus pour les homos que huit femmes n’était pour les lesbiennes. J’ai un public homo et un public hétéro, j’espère donner un espace à chacun d’eux. Pour moi, l’homosexualité n’est pas un problème, je ne la filme donc pas comme tel. Les problèmes de mes personnages homos sont liés à l’intime, pas au social. Les films d’action (noirs, westerns, John Woo ou Spielberg) disent plus de choses que tout autre sur l’intimité des personnages ; LE CLAN n’est certes pas un film d’action, mais les personnages y sont beaucoup en action ; l’homosexualité de deux d’entre eux y est une normalité, au même titre que le mariage de Christophe. Aujourd’hui les garçons sont de moins en moins prédéterminés. Je n’aime pas les films où le suspense est organisé autour de l’homosexualité d’un personnage, où le coming out est un sujet fort. Se dire homo, c’est dépassé ; c’est la réalité aujourd’hui. Comme dans la série OZ, l’homosexualité n’est pas un coup de théâtre. Hicham est homo, Olivier se découvre homo.

Un film agité ?
Le cinéma est pour moi attaché à l’adolescence, à cette période de la vie où l’on perçoit des choses fortes, où l’on prend tout pour soi, violemment. Mon désir est que le spectateur se retrouve sur ces terres d’effervescences, où l’on sait qu’on est au début de tout, où ce qui nous arrive peut nous détruire ou nous faire Dieu. (…)
Plus je vieillis, moins je veux donner une image fausse de la jeunesse. Chez un ado, les choses sont tellement embrouillées dans la trivialté de la vie, les douleurs sont tellement intenses et vitales, qu’il n’arrive pas à les exprimer ; c’est un vrai travail de cinéaste que de donner des mots précis, des images précises, des sensations précises, à cette complexité informelle, à ces tensions mal cadrées. Un travail qui prend toute une vie. La jeunesse est fragile. Le rôle de l’art n’est pas de cloner la société mais de retenir ce qui se passe, et je crois que le mien est de faire émerger des personnages qui cherchent à tenir debout, comme le signifie bien Marc l’accidenté et Christophe l’ex-taulard.

Les troubles d’une construction
(…) Je peux expliquer la construction en 3 parties du scénario que Christophe Honoré et moi avons imaginé. Elle est plus trouble que sa rigueur ne pourrait le laisser penser. Ces 3 parties, une par frère, suivent les quatre saisons, de la même façon que les personnages principaux sont quatre comme dans les 3 mousquetaires. La première partie, Marc, l’été est un teen-age movie, genre « outsiders » de Coppola, image flamboyante de l’adolescence. Dans la seconde, Christophe, j’aborde un genre nouveau pour moi, où la vraie misère des prolos passe par les sourires et les gestes du travail. La troisième, Olivier, le cadet, celui qu’on cherche son modèle, est un mélo sentimental. (…)

(commeaucinema.com)

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