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Biographie
Jacques
Nolot arrive à Paris à 17 ans sans diplômes pour vendre
des légumes. Deux ans plus tard, il s'inscrit dans un cours
d'art dramatique qui lui permet de faire de nombreuses
rencontres dont celle déterminante d'André Techiné. Avant
d'apparaître dans Hôtel des Ameriques en 1981, Jacques
Nolot fait une petite apparition dans Molière et Charlots
contre Dracula. Sa collaboration avec Techiné se poursuit
dans les années qui suivent. En 1983, le cinéaste adapte
une de ses pièces pour tourner un moyen-métrage, La
Matiouette, pour lequel il lui offre le rôle principal.
Jacques Nolot fait ainsi des apparitions dans Rendez-vous
(1984), Le Lieu du crime (1985), Les Innocents (1987), Les
Roseaux sauvages (1993) et Ma saison préférée (1994). En
1991, André Techiné s'inspire d'un récit autobiographique
de son ami pour écrire le scénario de J'embrasse pas.
La
carrière de Jacques Nolot est ainsi marquée de rencontres.
Il collabore deux fois avec Patrice Leconte, Danièle
Dubroux, Claire Denis et Paul Vecchiali, signant même le
scénario du Café des jules mis en scène en 1988 par ce
dernier. L'acteur est le plus souvent relégué dans des
rôles secondaires dont il se fait une spécialité. On le
retrouve chez différentes générations de cinéastes comme
Jean Becker, Jacques Demy, Noémie Lvovsky, Luc Moullet ou
François Ozon (il est le mari de Charlotte Rampling dans
Sous le sable).
En
1986, l'insistance de son entourage et notamment d'Agnès
Godard le pousse à passer à la mise en scène. Il tourne
le court métrage Manège. Il faut alors attendre onze ans
pour le voir passer au long avec L' Arrière-pays, récit
autobiographique autour de son retour au village natal au
moment de la mort de sa mère. En 2002, il poursuit
l'aventure avec La Chatte à deux têtes, une histoire
d'amour entre une caissière de cinéma porno et un vieil
homme âgé de 50 ans.
(allocine.fr)
Filmographie
Réalisateur
La Chatte à deux têtes (2002) avec Vittoria
Scognamiglio, Jacques Nolot
L'Arrière-pays (1997) avec Jacques Nolot, Henri Gardey
Manège (1986) avec Jacques Nolot, Frédéric Pierrot
Acteur
Peindre
ou faire l'amour (2005) avec Sabine Azéma, Daniel Auteuil,
Amira Casar
La Chatte à deux têtes (2002) avec Vittoria Scognamiglio,
Jacques Nolot
Café de la plage (2001) de Benoît Graffin avec Ouassini
Embarek, Jacques Nolot
Les Amants du Nil (2001) de Eric Heumann avec Emma de Caunes,
Eric Caravaca
Sous le sable (2000) de François Ozon avec Charlotte
Rampling, Bruno Cremer
A mort la mort! (1998) de Romain Goupil
Mauvais Genre (1997) de Laurent Bénégui avec Jacques
Gamblin, Elina Löwensohn
L'Arriere-pays (1997) de Jacques Nolot avec Jacques Nolot,
Henri Gardey
Artemisia (1997) de Agnes Merlet avec Michel Serrault,
Valentina Cervi
Les Grands Ducs (1996) de Patrice Leconte avec Philippe
Noiret, Jean-Pierre Marielle
Nénette et Boni (1996) de Claire Denis avec Alice Houri,
Grégoire Colin
Le Journal du séducteur (1995) de Danièle Dubroux avec
Chiara Mastroianni, Melvil Poupaud
Les Roseaux sauvages (1994) de André Techiné avec Elodie
Bouchez, Gael Morel
Oublie-moi (1994) de Noémie Lvovsky avec Valeria
Bruni-Tedeschi, Emmanuel Salinger
J'ai pas sommeil (1993) de Claire Denis avec Katerina
Golubeva, Béatrice Dalle
Ma saison préférée (1993) de André Techiné avec
Catherine Deneuve, Daniel Auteuil
Border Line (1991) de Danièle Dubroux avec Danièle Dubroux,
Manuela Gourary
On peut toujours rêver (1991) de Pierre Richard
Après après-demain (1990) de Gérard Frot-Coutaz
Hiver 54, l'abbé Pierre (1989) de Denis Amar avec Lambert
Wilson, Claudia Cardinale
Pentimento (1989) de Tonie Marshall avec Patricia Dinev,
Antoine de Caunes
Trois places pour le 26 (1988) de Jacques Demy avec Yves
Montand, Catriona Mac Coll
Savannah (La Ballade) (1988) de Marco Pico avec Jacques
Higelin, Daniel Martin
Le Café des jules (1988) de Paul Vecchiali avec Jacques
Nolot, Brigitte Roüan
Les Innocents (1987) de André Techiné avec Simon de La
Brosse, Tanya Lopert
La Comédie du travail (1987) de Luc Moullet avec Roland
Blanche, Sabine Haudepin
Vent de panique (1987) de Bernard Stora avec Bernard
Giraudeau, Caroline Cellier
Résidence surveillée (1987) de Frederic Compain avec Maria
Schneider, Jacques Bonnaffé
Manege (1986) de Jacques Nolot avec Jacques Nolot,
Frédéric Pierrot
Douce France (1986) de Francois Chardeaux avec Andréa
Ferréol, Patrick Bouchitey
Zone rouge (1985) de Robert Enrico avec Richard Anconina,
Sabine Azéma
Rosa la Rose (fille publique) (1985) de Paul Vecchiali avec
Marianne Basler, Jean Sorel
Le Lieu du crime (1985) de André Techiné avec Catherine
Deneuve, Danielle Darrieux
Train d'enfer (1985) de Roger Hanin avec Roger Hanin, Gerard
Klein
Un jour ou l'autre (1985) de Olivier Nolin avec Nicole
Calfan, Catherine Hubeau
Les Spécialistes (1984) de Patrice Leconte avec Gérard
Lanvin, Bernard Giraudeau
L'Addition (1984) de Denis Amar avec Richard Berry, Richard
Bohringer
Rendez-vous (1984) de André Techiné avec Juliette Binoche,
Lambert Wilson
La
Triche (1984) de Yannick Bellon avec Victor Lanoux, Anny
Duperey
Viva la vie! (1983) de Claude Lelouch avec Charlotte
Rampling, Michel Piccoli
L'Eté meurtrier (1983) de Jean Becker avec Isabelle Adjani,
Alain Souchon
La Matiouette (ou l'Arriere pays) (1982) de André Techiné
avec Jacques Nolot, Patrick Fierry
Le Bâtard (1982) de Bertrand van Effenterre avec Gerard
Klein, Julie Jezequel
Hôtel des Amériques (1981) de André Techiné avec
Catherine Deneuve, Patrick Dewaere
Scénariste
La
Chatte à deux têtes (2002) de Jacques Nolot avec Vittoria
Scognamiglio, Jacques Nolot
L'Arrière-pays (1997) de Jacques Nolot avec Jacques Nolot,
Henri Gardey
J'embrasse pas (1991) de André Techiné avec Philippe
Noiret, Emmanuelle Béart
Le Cafe des jules (1988) de Paul Vecchiali avec Jacques
Nolot, Brigitte Roüan
Manege (1986) de Jacques Nolot avec Jacques Nolot,
Frédéric Pierrot
La Matiouette (1982) de André Techiné avec Jacques Nolot,
Patrick Fierry
Son
dernier Film
Peindre
ou faire l'amour
Date
de sortie : 24 Août 2005
Réalisé par Arnaud Larrieu, Jean-Marie Larrieu. Avec
Sabine Azéma, Daniel Auteuil, Amira Casar.
Mariés
depuis longtemps, William et Madeleine vivent en ville au
pied des montagnes. Après le départ de leur fille unique,
ils n'ont plus à s'occuper que d'eux-mêmes.
Peintre, Madeleine prend un jour pour modèle une vieille
maison située sur les collines environnantes. Elle
rencontre alors Adam, homme fin, cultivé et aveugle, qui
habite à proximité en compagnie de la jeune Eva. Adam lui
fait visiter la demeure et lui apprend que celle-ci est à
vendre. Enthousiastes, William et Madeleine décident de
l'acheter.
Très heureux dans leur nouvelle habitation, William et
Madeleine font plus ample connaissance avec leurs jeunes
voisins. Le jour où la maison de ceux-ci brûle, ils se
proposent de les héberger.
Interviews
sur son travail et son homosexualité
Extrait
d'une interview à Vacarme (réalisée par Jean-Philippe
Renouard en 2002)
Quand
vous arrivez à Paris, c’est pour être comédien ?
J’arrive à Paris à dix-sept ans et pour vivre vends des
légumes chez Félix Potin boulevard Malesherbes et au
départ... je suis surtout un peu ringard... Mais je
possède une certaine vivacité, une acuité qui me rendent
malin. Comme beaucoup de jeunes garçons qui arrivent de
province et pensent que ça arrive facilement, j’ai envie
de devenir vedette. D’abord j’ai rencontré une femme -
qui apparaît sous les traits d’Hélène Vincent dans J’embrasse
pas - qui était infirmière. Avec elle j’ai découvert la
sexualité mais aussi la possession. Elle m’a aidé à me
donner une apparence de savoir vivre qui m’a permis de
faire « moins campagne ». À 19 ans, je m’inscris dans
un mauvais cours d’art dramatique, mais il me faut en
passer par là pour comprendre que je ne suis pas comédien
dans l’âme. Pourtant, ce cours, ce fut mon lycée car je
n’avais pas fait d’études. J’étais mal barré depuis
que mes parents m’avaient dit que travailler ne servait à
rien ! Après je n’avais plus le choix, c’était le
légume ou le théâtre.
Dans ce cours, on étudiait Roussin, Achard... tout ce que j’ai
détesté plus tard. Heureusement je suis entré au cours de
Tania Balachova. Là, j’ai travaillé selon la méthode
Stanislavski et découvert des auteurs comme O’Neill,
Tchekov, Strindberg... enfin je me suis senti bien. C’est
dans ce cours que j’ai rencontré mon meilleur ami Didier
Flamand, puis peu après Roland Barthes par qui j’ai connu
André Téchiné. Je téléphonais à Roland en lui
demandant : « Pascal tu connais ? Alain tu connais ? » C’est
tout juste si je ne lui demandais pas « Shakespeare tu
connais ? » Ça le faisait beaucoup rire.
À
côté de l’interprétation, vous commencez à écrire,
des textes, des pièces qui seront adaptés au cinéma par d’autres
- des amis comme Claire Denis ou André Téchiné. Ces
textes sont profondément autobiographiques...
D’abord je n’écris pas pour les autres, mais ce que j’écris
intéresse parfois les autres... Je ne vois pas l’intérêt
d’écrire si je ne suis pas concerné par le sujet, je
dirais même rongé par lui. C’est un peu un cliché mais
je ne cherche pas de sujet, ce sont les sujets qui s’imposent
à moi. J’ai un mal de vivre qui me convient, que je
recherche même pour me propulser dans l’écriture. Je me
retrouve alors avec une histoire qui me ronge tellement que
je suis obligé de dormir avec un cahier. Dans la rue, en
voiture, j’ai toujours un papier et un crayon. Je ne
construis pas, je me lance. Quelqu’un, l’autre jour, m’a
dit : « Il me reste 21 pages à écrire... » Je me demande
comment on peut dire ça.
Quand on me dit que j’ai de la chance de pouvoir écrire,
je me demande si c’est vraiment une chance. En tous cas, c’est
l’élément de mon parcours artistique que je privilégie
le plus. Avec le recul, je me demande même si je ne mène
pas ma vie en fonction de l’écriture, si je ne me place
pas dans des pièges de rencontres ou des provocations de
dialogues avec des gens croisés dans la rue... pas avec des
intellectuels qui ne me propulsent pas vers l’écriture.
Si je devais faire un bilan, je suis plus en accord avec l’écriture
qu’avec le jeu d’acteur et la mise en scène...
Les
moments que vous racontez - votre découverte de l’homosexualité,
la mort de votre mère - sont des moments très intimes de
votre vie... Y a-t-il des faits que vous ne pourriez ni
écrire, ni filmer ?
La robe à cerceaux tourné par Claire Denis est un
monologue de trente pages écrit en une nuit - mais j’ai
peut-être mis trente nuits pour trouver cette nuit-là. La
petite fille du monologue, c’est moi bien sûr. Je me suis
souvenu de mon grand-père bossu, avec une cape, me portant
sur les épaules... Je me prenais pour un moulin à vent !
Cette histoire entre un vieil homme et une petite-fille est
probablement née parce que, de manière inconsciente, je
comprenais qu’enfant il avait été le seul homme qui m’avait
vraiment aimé. Il y a toujours beaucoup de références
affectives quand j’écris une histoire. Le café des
Jules, histoire de machos qui violent une fille parce qu’elle
couche avec des Arabes, s’inspire aussi d’ambiances
venues de l’enfance. La Matiouette tourné par Téchiné
est une histoire écrite pour le théâtre [1]. C’est
parti d’improvisations autour du salon de coiffure que
tenait mon père. Ensuite il y a J’embrasse pas qui
raconte mon départ du sud-ouest pour Paris à dix-sept ans.
L’arrière-pays, c’est le retour dans ce même village
au moment de l’agonie et de la mort de ma mère. La chatte
à deux têtes n’est pas autant autobiographique que les
autres mais me coûte plus cher parce que je parle de
sexualité, de fantasmes, de frustrations, de
refoulements...
Ces histoires fonctionnent selon des principes d’aller-retour.
Un départ, J’embrasse pas, un premier retour, La
Matiouette, un deuxième retour L’arrière-pays. Et
peut-être que La chatte à deux têtes existe parce qu’en
tournant L’arrière-pays, je me demandais ce que pouvait
bien faire ce type à Paris, quelle vie il menait.
Pour revenir à la question, à savoir s’il y a des choses
intimes que je ne pourrais pas raconter, franchement, non.
Rien ne me gêne. Je suis peut-être complètement
égocentrique. Le tout est de savoir si on a le droit ou l’intelligence
de raconter ce qu’on a envie de raconter sans être
complaisant, sans tomber dans la sensiblerie... ce que
pensent les autres m’est complètement égal... Si j’y
crois, on me suivra...
Quelles
relations entretenez-vous avec les films inspirés de vos
histoires ? Avez-vous parfois le sentiment d’avoir été
trahi ?
Pour J’embrasse pas, André a changé beaucoup de choses
et je crois qu’il a eu raison. Je trouve même navrant qu’un
metteur en scène ne s’approprie pas un scénario selon
ses propres désirs, son fonctionnement, sa propre vision du
sujet. Ma version de l’histoire qui s’appelait Le
premier pas était un scénario plus « ghettoïsé » si j’ose
dire. C’était plus quelqu’un qui se découvrait
homosexuel. Le personnage joué par Emmanuelle Béart n’existait
pas et c’était le personnage interprété par Manuel
Blanc qui se faisait « maquer » par un proxénète.
Téchiné a eu besoin pour des raisons de croyance et de
public de « déghettoïser » l’histoire. L’ambiguïté
de l’hétérosexualité correspond à ses
préoccupations... Finalement j’étais très content qu’il
le tourne...
Il
a parlé de l’homosexualité d’une manière différente
que vous ne l’auriez fait ?
Oui parce qu’il est assez pudique, qu’il n’est pas
aussi égocentrique, narcissique que moi. Il parle de lui
différemment, avec plus de distance... Cela dit, il s’expose
beaucoup dans Les roseaux sauvages.
(Vacarme)
Extrait
d'une interview à Revue24images.com (en 1998)
Après
J'embrasse pas et La Matiouette, avez-vous bouclé la boucle
avec L'arrière pays ? Avez-vous fini de raconter des choses
aussi proches de vous ?
Je
n'en sais rien... Ça ne sera jamais fini. Ce film a
déplacé les choses et je ne sais pas où je vais, je suis
embêté. J'ai écrit deux pièces... mais je suis un peu
perdu, comme le personnage du film... Je ne sais même pas
si je ferai un autre film. Tout le monde me demande cela.
J'ai peur, parce que ç'a été les plus beaux jours de ma
vie, et je ne sais pas du tout si j'ai envie de recommencer.
En même temps je mens un peu, parce que je vis en ce moment
une relation affective très forte avec quelqu'un qui est
porté sur le masochisme et sur la schizophrénie, et la
pathologie de ce garçon me fascine. Mais je suis en train
de me demander si je ne vis pas cette relation, qui est
très douloureuse, où il y a peu de joie, avec une
arrière-pensée. Je suis un peu inquiet. Ce sera peut-être
mon prochain sujet, mais je ne sais pas si j'aurai
l'intelligence... l'intelligence du propos. C'est un sujet
très difficile, un peu sur le ghetto homosexuel, et je ne
veux pas en parler comme Pédale douce ou La cage aux
folles. Je ne veux surtout pas qu'on puisse se moquer ou
alors donner bonne conscience aux hétérosexuels...
Je
ne l'ai pas formulé aussi clairement, mais je ne cherche
jamais les sujets: ce sont eux qui viennent à moi. C'est
une différence qui me distingue des professionnels dont le
métier est justement de les chercher. C'est un tel mal
d'être qui fait naître un sujet que c'est plutôt quand ce
sujet me ronge tellement qu'il finit par s'imposer à moi
comme une obligation. Alors, je ne peux pas faire autrement
que de le sortir de moi.

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