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Jean-Claude Dreyfus 

Né le 18 Février 1950 à Paris (France)

Comédien

Biographie

Jean-Claude Dreyfus est né à Paris. À huit ans, il joue pour la première fois sur une scène dans “La jolie meunière de Maître Jacques”. Pendant son adolescence, il s’essaie à la magie.

Quelques années plus tard, il aborde sérieusement le théâtre en entrant au cours de Tania Balachova avec laquelle il restera jusqu’en 1973, date de la disparition de ce grand professeur. 

Dans les années soixante-dix, Frantz Salieri à La Grande Eugène a permis à des transformistes de se propulser sur le devant de la scène. Durant cet âge d’or, les rois du cabaret parodiaient à la perfection les gloires de la chanson, du cinéma et du théâtre. Jean-Claude Dreyfus, alias Erna von Scratch, débuta chez Salieri dans des robes de Sarah Bernardt ou de Barbra Streisand.

Jean-Claude Dreyfus, grand second rôle du cinéma français, débute sa carrière cinématographique en 1973 dans la comédie Comment réussir quand on est con et pleurnichard, de Michel Audiard. Il collabore ensuite à quatre reprises avec Yves Boisset (sur Allons z'enfants, Le Prix du danger, Radio corbeau et La Tribu), et fréquente les plus grands comédiens de l'hexagone, de Jean Carmet (Le Sucre) à Jean-Paul Belmondo (Le Marginal) en passant par Jean Rochefort (Tandem).

Les années 90 et une double collaboration avec le cinéaste Jean-Pierre Jeunet marquent un tournant dans la carrière de Jean-Claude Dreyfus, acteur au physique particulièrement impressionnant : dans Delicatessen (1991), il incarne un inquiétant boucher, alors que La cité des enfants perdus (1994) le présente sous la forme d'un étonnant dresseur de puces. Il est César du meilleur second rôle masculin pour le film Delicatessen.

Après avoir fréquenté l'univers si particulier de Jeunet, Jean-Claude Dreyfus revient à des contrées plus classiques. Il s'illustre dans la comédie La Cible, le thriller Tiré à part du journaliste Bernard Rapp, puis se glisse sous le costume du Duc d'Orléans dans L' Anglaise et le Duc d'Eric Rohmer, qui lui offre l'un de ses rares premiers rôles sur grand écran.

En 2003, Jean-Claude Dreyfus apparaît dans Lovely Rita, réalisé par Stéphane Clavier. En 2004, on le retrouve dans "deux frères" de Jean-Jacques Annaud et dans "Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre Jeunet.

Mais la carrière de cet homme ne se résume pas au seul cinéma. Il est devenu une star du petit écran en devenant le "monsieur Marie" dans les publicités de la marque Marie. Une grande partie de sa notoriété vient aussi des nombreuses pièces de théâtre qu'il a interprétées. Il a également fait des tours de chant.

Filmographie

Un long dimanche de fiançailles (2004) - Deux frères (2004) - La Confiture de goyaves (2004) - Baby boogie (2004) - Rien, voilà l'ordre (2003) - Le P'tit curieux (2003) - La Carpe dans la baignoire (2003) - La Marquise est à Bicêtre (2003) - Lovely Rita Sainte Patronne des cas désespérés (2002) - Philosophale (2002) - L'Anglaise et le Duc (2001) -Pinocchio et Gepetto (1999) - Le Negre (1997) - La Ballade de Titus (1997) - Tiré à part (1996) - La Cible (1996) - Krim (1995) - Le Fils de Gascogne (1995) - Le Reveil (1995) - La Cité des enfants perdus (1994) - En mai fais ce qu'il te plait (1994) - Bonsoir (1993) - Pétain (1993) - La Belle histoire (1992) - Les Histoires d'amour finissent mal... en général (1992) - Deux cafes, l'addition (1992) - La Fille de l'air (1992) -  Un vampire au paradis (1991) - Delicatessen (1991) - La Tribu (1990) - 25 decembre 58, 10h36 (1990) - Il y a des jours... et des lunes (1989)  - Tour d'ivoire (1989) - Black mic-mac 2 (1988) - Radio corbeau (1988) - Tandem (1987) - Liste noire (1984) - Le Fou du roi (1984) - Le Marginal (1983) - Le Prix du danger (1982) - Fitzcarraldo (1982) - Allons z'enfants (1980) - La Dérobade (1979) - Je te tiens, tu me tiens par la barbichette (1978) - Le Sucre (1978) - L'Ombre des anges (1976) - Comment réussir quand on est con et pleurnichard (1973) - What a flash ! (1972)

(césars - commeaucinema)

Portrait (le monde, 2005)

Il semble s'être assagi. A mille lieues de l'excentricité qu'on lui prête. Peut-être est-ce un leurre. Du reste, il prévient d'emblée : "La vie n'est qu'un grand jeu. Les acteurs doivent préserver leur mystère." Disert mais secret, Jean-Claude Dreyfus abhorre les CV figés et les données objectives. Communiquer sa date de naissance, drôle d'idée ! "Ça fait Sécu !" , lâche-t-il, narquois.

S'il dissimule son âge par coquetterie, il confie volontiers le reste. Le matin même, il s'est rendu à la visite médicale des comédiens : 115 kg sur la balance. "Ça, je peux le dire, car cela fluctue" , explique-t-il, cigarillo aux lèvres. En 1998, il a frôlé les 145 kg, transformé par son rôle d'écrivain vieillissant et odieux dans Hygiène de l'assassin, d'Amélie Nothomb, mis en scène par Didier Long. Boule de suif et de nerfs. "Je suis passé de l'autre côté du miroir. Au début, je portais un faux ventre. Je l'ai enlevé. Le rôle m'avait fait grossir. J'étais devenu insupportable, un monstre de perversité."

A le voir aujourd'hui aimable et tout en rondeurs, difficile d'imaginer cette période de sa vie où il jouait au music-hall et au cinéma les échassiers en faux cils et talons aiguilles. C'était après avoir rodé quelques tours de prestidigitation dans des cabarets, des prisons et des sanatoriums. A vingt-cinq ans, Jean-Claude Dreyfus fut Erna von Scratch, créature moulée dans les robes de Marlene Dietrich et Sarah Bernhardt, une icône de La Grande Eugène, célèbre revue transformiste des années 1970. "J'étais danseuse, je levais la jambe et montais sur les tables. C'était très arrogant, dangereux et téméraire. Il y avait une espèce de frayeur chez les spectateurs." Spectacle couru, opéra doux dingue plébiscité par les intellos et étudié à la loupe à l'automne 1973 par la très sérieuse revue Travail théâtral.

A la même époque, le jeune Dreyfus interprète le travelo de Comment réussir quand on est con et pleurnichard, de Michel Audiard, et un gangster déguisé en femme dans un western spaghetti de Sergio Grieco. Il reprendra du galon et des froufrous dans La Nonna, de Jorge Lavelli, en 1991.

"Je fus extrêmement extravagant dans mon mode de vie et mon apparence, raconte Jean-Claude Dreyfus dans un café des Batignolles où il a ses habitudes. J'en faisais des vertes et des pas mûres. Mes cheveux tombaient jusqu'aux fesses. Je les peignais à la gouache. Jeune, j'étais une espèce de sauterelle, charpenté, musclé mais élancé et mince. Aujourd'hui, je ne peux plus mettre des chaussures à talons de 12 centimètres, à cause de mon poids."

Sa fantaisie, il la porte désormais à sa boutonnière. Ce jour-là, il a épinglé sur sa veste de laine une broche discrètement cochonne : deux porcelets dorés copulent. Le cochon est l'animal tutélaire de Jean-Claude Dreyfus, acteur et collectionneur zoomorphe. "C'est un animal profondément sensible et intelligent, par lequel je peux me raconter. Il m'a donné une raison d'être. Il est d'une grande utilité."

Voilà vingt-cinq ans que Jean-Claude Dreyfus cultive cette monomanie, depuis que son entourage lui imputa le caractère de cochon de qui, pour une intonation fâcheuse, entre dans le lard d'autrui.

S'il dit avoir perdu ce tempérament irascible, il a acquis, au fil des ans, quantité de peluches, objets, posters, près de 3 500 pièces portant groin et queue en tire-bouchon, une tirelire à souvenirs personnels qu'il exhibe pour des expositions, à l'occasion. D'emblée, il rectifie une méprise attachée au rôle qui l'a fait connaître au cinéma, l'inoubliable boucher de Delicatessen (1991). "On a cru que le film de Caro et Jeunet (NDLR : dont l'affiche représente un cochon) m'avait porté bonheur. Or, c'est plutôt lui qui s'est greffé dans l'histoire de ma collection."

Outre plusieurs tours de chant, cette passion porcine lui a récemment inspiré l'écriture d'un beau livre intitulé Du cochon considéré comme l'un des beaux-arts (Le Cherche Midi, 92 p., 17 euros). Dans cette anthologie illustrée où La Fontaine et Paul Claudel mangent à la même auge que Boris Vian et Marie Darrieussecq, il souligne "l'importance de ce rose boueux, import ou export" , et soutient que "le cochon est une sorte de coach, de drain essentiel à la pensée politique de l'art" .

Fin truffier, l'homme n'est ni cabot ni exclusif. A preuve, il fut dresseur de puces dans La Cité des enfants perdus, de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, et un administrateur colonial offrant un tigre à son fils dans Deux frères, de Jean-Jacques Annaud.

Cantonné, au cinéma, aux emplois de second couteau ­ à l'exception de L'Anglaise et le Duc, d'Eric Rohmer ­, Jean-Claude Dreyfus a collectionné au théâtre les grands rôles du répertoire. Mais c'est une campagne publicitaire qui a popularisé sa fantaisie volubile et sa silhouette de bon vivant.

Soir après soir, de 1981 à 1996, il a mitonné de durables frayeurs aux ménagères de moins de 50 ans dans les spots télévisés pour les plats surgelés Marie. "Seize ans de bons et boyaux services" , résume-t-il. L'étiquette de fin gourmet continue à lui coller à la peau. Les producteurs de la série télévisée "Alice Nevers, le juge est une femme" de TF1 lui ont confié un rôle de toque étoilée dans un épisode diffusé le 18 avril. La faute, sans doute, à sa diction gourmande et sa corpulence d'ogre de 1,90 mètre.

Sous une crinière grisonnante, Jean-Claude Dreyfus possède un visage étonnamment mobile et un registre de jeu comparable à celui de Michel Serrault. "J'ai l'oeil torve, jouisseur et pervers" , dit-il. C'est ainsi qu'il toisait son monde dans une série de courts métrages d'inspiration hitchcockienne diffusés en avril sur la chaîne 13ème Rue. Dans Rictus, montage de textes du poète méconnu Jehan Rictus (1867-1933), qu'il vient de jouer à Paris et tournera en province en 2006, c'était un gueulard magnifique, un harangueur lyrique dénonçant avec gouaille le sort fait aux pauvres et aux exclus. Chez Dreyfus comme dans le cochon, tout est bon.

Interview sur les animaux

Jean-Claude Dreyfus : Un esprit sain dans un porc sain !
(Bruno Soriano - aniwa.com)

Physique de fort des Halles et voix de velours, Jean-Claude Dreyfus, le Monsieur Marie des cuisines et le boucher de Delicatessen, nous raconte sa passion... des cochons !

Jean-Claude Dreyfus, c'est le "Monsieur Marie " de la publicité télévisée, bien sûr, mais c'est surtout un acteur de grand talent. De L'Hygiène de l'Assassin (adapté du roman d'Amélie Nothomb) à son dernier spectacle musical au Théâtre du Palais Royal, il a prouvé toute l'étendue et la multiplicité de son talent. On connaît aussi sa passion pour les cochons.

Le cochon est un animal sensible. J'ai une collection d'objets en forme de cochon qui compte plus de 2500 pièces, il y a des peluches, des porcelaines, des jouets, des cendriers et même quelques objets qui ne sont pas à placer entre toutes les mains ! Cette passion m'est venue assez drôlement, en effet, quand j'étais jeune j'avais plutôt mauvais caractère et, ironiquement, on m'offrait des tirelires très laides en forme de cochon ! Je me suis pris au jeu et je me suis intéressé à cet animal. Bien sûr, je n'en ai pas chez moi, mais j'en ai connu, dans des fermes. Le cochon est un animal sensible, intelligent et très proche de l'homme. Hormis cette passion porcine, Jean-Claude Dreyfus possède d'autres animaux : J'ai deux chiens et sept chats. Mes deux chiens sont très différents l'un de l'autre, car j'ai un Rottweiller et un Cavalier King Charles. Comme quoi on peut aimer les gros chiens et les petits !

Ce sont les maîtres qui sont "difficiles" ! Je ne connaissais pas les Rott, mais je les ai découverts sur un tournage. Le chef décorateur en avait un. J'ai complètement craqué pour ce chien ! Bien sûr, c'est un chien, qui appartient à la catégorie des chiens dits difficiles, mais c'est complètement imbécile de dire ça ! Ce sont les maîtres qui sont difficiles. C'est évident, le Rott a une force et une mâchoire terribles mais, en même temp, c'est un chien très doux, qui aime les gens et les enfants. Évidemment, si on se fait mordre par un Rott ça fait plus mal qu'un Yorkshire. Ce sont des chiens le plus souvent exquis mais il faut savoir les maîtriser. Moi, je donne de la voix quand il le faut ! Le cavalier King Charles, ce n'est pas la même chose. C'est un petit clown. En fait, je voulais un deuxième Rott, mais, en appartement, ça tient quand même beaucoup de place, alors j'ai pris un petit chien.

Pas d'anthropomorphisme

Je passe beaucoup de temps avec mes animaux, j'adore les caresser, je les tripote. Je fais aussi ça avec les humains, d'ailleurs (rire). Quand ils attrapent des tiques, je m'en aperçois tout de suite en les caressant. Et les animaux aiment bien qu'on les caresse. Je leur parle, un peu comme à des enfants, mais quand je veux me confier, je le fais auprès de quelqu'un qui me comprend et qui peut me répondre. Un animal reste un animal et si je veux parler seul, je peux le faire en marchant dans la rue.

Homosexualité

En octobre 2004, il fait partie des premiers signataires du manifeste pour l'homoparentalité. En voici le texte : 

"Nous sommes, parmi mille autres traits de notre personnalité, homosexuels. Nous sommes parents, rêvons de le devenir, regrettons parfois de ne pas avoir pu l’être. 

Il y a encore vingt ans il fallait choisir : assumer ouvertement son homosexualité c’était renoncer définitivement à l’idée de fonder un foyer. Les temps ont changé. Aujourd’hui, en France, des dizaines de milliers d’enfants vivent dans des familles "homoparentales". Des dizaines de milliers d’enfants que la société continue d’ignorer. En cas de décès de leur parent légal, ils se retrouvent dans la situation d’un orphelin. L’autre parent, inexistant au regard de la loi, n’a aucun droit, pas même celui de pouvoir s’occuper de l’enfant qu’il a élevé pendant des années. 

Arrêtons de faire "comme si" ces familles n’existaient pas. Cessons de nous voiler la face, mettons fin à l’absurdité qui permet à un célibataire, homme ou femme, d’adopter, mais pas à un couple homosexuel.

Nous ne réclamons pas un "droit à l’enfant", nous demandons seulement la fin des discriminations et l’égalité des droits. Nous demandons l’instauration d’un statut juridique du second parent et que tous les couples, quelle que soit leur orientation sexuelle, puissent adopter. Nous voudrions simplement pouvoir être des 'parents comme les autres"."

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