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Biographie
Jean-Claude
Dreyfus est né à Paris. À huit ans, il joue pour la
première fois sur une scène dans “La jolie meunière de
Maître Jacques”. Pendant son adolescence, il s’essaie
à la magie.
Quelques
années plus tard, il aborde sérieusement le théâtre en
entrant au cours de Tania Balachova avec laquelle il restera
jusqu’en 1973, date de la disparition de ce grand
professeur.
Dans
les années soixante-dix, Frantz Salieri à La Grande Eugène
a permis à des transformistes de se propulser sur le devant
de la scène. Durant cet âge d’or, les rois du cabaret
parodiaient à la perfection les gloires de la chanson, du
cinéma et du théâtre. Jean-Claude Dreyfus, alias Erna von
Scratch, débuta chez Salieri dans des robes de Sarah
Bernardt ou de Barbra Streisand.
Jean-Claude
Dreyfus, grand second rôle du cinéma français, débute sa
carrière cinématographique en 1973 dans la comédie
Comment réussir quand on est con et pleurnichard, de Michel
Audiard. Il collabore ensuite à quatre reprises avec Yves
Boisset (sur Allons z'enfants, Le Prix du danger, Radio
corbeau et La Tribu), et fréquente les plus grands
comédiens de l'hexagone, de Jean Carmet (Le Sucre) à
Jean-Paul Belmondo (Le Marginal) en passant par Jean
Rochefort (Tandem).
Les
années 90 et une double collaboration avec le cinéaste
Jean-Pierre Jeunet marquent un tournant dans la carrière de
Jean-Claude Dreyfus, acteur au physique particulièrement
impressionnant : dans Delicatessen (1991), il incarne un
inquiétant boucher, alors que La cité des enfants perdus
(1994) le présente sous la forme d'un étonnant dresseur de
puces. Il est César du meilleur second rôle masculin pour
le film Delicatessen.
Après
avoir fréquenté l'univers si particulier de Jeunet,
Jean-Claude Dreyfus revient à des contrées plus
classiques. Il s'illustre dans la comédie La Cible, le
thriller Tiré à part du journaliste Bernard Rapp, puis se
glisse sous le costume du Duc d'Orléans dans L' Anglaise et
le Duc d'Eric Rohmer, qui lui offre l'un de ses rares
premiers rôles sur grand écran.
En
2003, Jean-Claude Dreyfus apparaît dans Lovely Rita,
réalisé par Stéphane Clavier. En 2004, on le retrouve
dans "deux frères" de Jean-Jacques Annaud et dans
"Un long dimanche de fiançailles" de Jean-Pierre
Jeunet.
Mais
la carrière de cet homme ne se résume pas au seul cinéma.
Il est devenu une star du petit écran en devenant le
"monsieur Marie" dans les publicités de la marque
Marie. Une grande partie de sa notoriété vient aussi des
nombreuses pièces de théâtre qu'il a interprétées. Il a
également fait des tours de chant.
Filmographie
Un
long dimanche de fiançailles (2004) - Deux frères (2004) -
La Confiture de goyaves (2004) - Baby boogie (2004) - Rien,
voilà l'ordre (2003) - Le P'tit curieux (2003) - La Carpe
dans la baignoire (2003) - La Marquise est à Bicêtre
(2003) - Lovely Rita Sainte Patronne des cas désespérés
(2002) - Philosophale (2002) - L'Anglaise et le Duc (2001)
-Pinocchio
et Gepetto (1999) - Le Negre (1997) - La Ballade de Titus
(1997) - Tiré à part (1996) - La Cible (1996) - Krim
(1995) - Le Fils de Gascogne (1995) - Le
Reveil (1995) - La Cité des enfants perdus (1994) - En mai
fais ce qu'il te plait (1994) - Bonsoir (1993) - Pétain
(1993) - La Belle histoire (1992) - Les
Histoires d'amour finissent mal... en général (1992) -
Deux cafes, l'addition (1992) - La Fille de l'air (1992)
- Un vampire au paradis (1991) - Delicatessen (1991) -
La Tribu (1990) - 25 decembre 58, 10h36 (1990) - Il y a des
jours... et des lunes (1989) - Tour
d'ivoire (1989) - Black mic-mac 2 (1988) - Radio
corbeau (1988) - Tandem
(1987) - Liste
noire (1984) - Le
Fou du roi (1984) - Le
Marginal (1983) - Le
Prix du danger (1982) - Fitzcarraldo
(1982) - Allons
z'enfants (1980) - La
Dérobade (1979) - Je
te tiens, tu me tiens par la barbichette (1978) - Le
Sucre (1978) - L'Ombre
des anges (1976) - Comment
réussir quand on est con et pleurnichard (1973) - What
a flash ! (1972)
(césars
- commeaucinema)
Portrait
(le monde, 2005)
Il
semble s'être assagi. A mille lieues de l'excentricité
qu'on lui prête. Peut-être est-ce un leurre. Du reste, il
prévient d'emblée : "La vie n'est qu'un grand jeu.
Les acteurs doivent préserver leur mystère." Disert
mais secret, Jean-Claude Dreyfus abhorre les CV figés et
les données objectives. Communiquer sa date de naissance,
drôle d'idée ! "Ça fait Sécu !" , lâche-t-il,
narquois.
S'il
dissimule son âge par coquetterie, il confie volontiers le
reste. Le matin même, il s'est rendu à la visite médicale
des comédiens : 115 kg sur la balance. "Ça, je peux
le dire, car cela fluctue" , explique-t-il, cigarillo
aux lèvres. En 1998, il a frôlé les 145 kg, transformé
par son rôle d'écrivain vieillissant et odieux dans
Hygiène de l'assassin, d'Amélie Nothomb, mis en scène par
Didier Long. Boule de suif et de nerfs. "Je suis passé
de l'autre côté du miroir. Au début, je portais un faux
ventre. Je l'ai enlevé. Le rôle m'avait fait grossir.
J'étais devenu insupportable, un monstre de
perversité."
A
le voir aujourd'hui aimable et tout en rondeurs, difficile
d'imaginer cette période de sa vie où il jouait au
music-hall et au cinéma les échassiers en faux cils et
talons aiguilles. C'était après avoir rodé quelques tours
de prestidigitation dans des cabarets, des prisons et des
sanatoriums. A vingt-cinq ans, Jean-Claude Dreyfus fut Erna
von Scratch, créature moulée dans les robes de Marlene
Dietrich et Sarah Bernhardt, une icône de La Grande
Eugène, célèbre revue transformiste des années 1970.
"J'étais danseuse, je levais la jambe et montais sur
les tables. C'était très arrogant, dangereux et
téméraire. Il y avait une espèce de frayeur chez les
spectateurs." Spectacle couru, opéra doux dingue
plébiscité par les intellos et étudié à la loupe à
l'automne 1973 par la très sérieuse revue Travail
théâtral.
A
la même époque, le jeune Dreyfus interprète le travelo de
Comment réussir quand on est con et pleurnichard, de Michel
Audiard, et un gangster déguisé en femme dans un western
spaghetti de Sergio Grieco. Il reprendra du galon et des
froufrous dans La Nonna, de Jorge Lavelli, en 1991.
"Je
fus extrêmement extravagant dans mon mode de vie et mon
apparence, raconte Jean-Claude Dreyfus dans un café des
Batignolles où il a ses habitudes. J'en faisais des vertes
et des pas mûres. Mes cheveux tombaient jusqu'aux fesses.
Je les peignais à la gouache. Jeune, j'étais une espèce
de sauterelle, charpenté, musclé mais élancé et mince.
Aujourd'hui, je ne peux plus mettre des chaussures à talons
de 12 centimètres, à cause de mon poids."
Sa
fantaisie, il la porte désormais à sa boutonnière. Ce
jour-là, il a épinglé sur sa veste de laine une broche
discrètement cochonne : deux porcelets dorés copulent. Le
cochon est l'animal tutélaire de Jean-Claude Dreyfus,
acteur et collectionneur zoomorphe. "C'est un animal
profondément sensible et intelligent, par lequel je peux me
raconter. Il m'a donné une raison d'être. Il est d'une
grande utilité."
Voilà
vingt-cinq ans que Jean-Claude Dreyfus cultive cette
monomanie, depuis que son entourage lui imputa le caractère
de cochon de qui, pour une intonation fâcheuse, entre dans
le lard d'autrui.
S'il
dit avoir perdu ce tempérament irascible, il a acquis, au
fil des ans, quantité de peluches, objets, posters, près
de 3 500 pièces portant groin et queue en tire-bouchon, une
tirelire à souvenirs personnels qu'il exhibe pour des
expositions, à l'occasion. D'emblée, il rectifie une
méprise attachée au rôle qui l'a fait connaître au
cinéma, l'inoubliable boucher de Delicatessen (1991).
"On a cru que le film de Caro et Jeunet (NDLR : dont
l'affiche représente un cochon) m'avait porté bonheur. Or,
c'est plutôt lui qui s'est greffé dans l'histoire de ma
collection."
Outre
plusieurs tours de chant, cette passion porcine lui a
récemment inspiré l'écriture d'un beau livre intitulé Du
cochon considéré comme l'un des beaux-arts (Le Cherche
Midi, 92 p., 17 euros). Dans cette anthologie illustrée où
La Fontaine et Paul Claudel mangent à la même auge que
Boris Vian et Marie Darrieussecq, il souligne
"l'importance de ce rose boueux, import ou export"
, et soutient que "le cochon est une sorte de coach, de
drain essentiel à la pensée politique de l'art" .
Fin
truffier, l'homme n'est ni cabot ni exclusif. A preuve, il
fut dresseur de puces dans La Cité des enfants perdus, de
Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, et un administrateur
colonial offrant un tigre à son fils dans Deux frères, de
Jean-Jacques Annaud.
Cantonné,
au cinéma, aux emplois de second couteau à l'exception
de L'Anglaise et le Duc, d'Eric Rohmer , Jean-Claude
Dreyfus a collectionné au théâtre les grands rôles du
répertoire. Mais c'est une campagne publicitaire qui a
popularisé sa fantaisie volubile et sa silhouette de bon
vivant.
Soir
après soir, de 1981 à 1996, il a mitonné de durables
frayeurs aux ménagères de moins de 50 ans dans les spots
télévisés pour les plats surgelés Marie. "Seize ans
de bons et boyaux services" , résume-t-il.
L'étiquette de fin gourmet continue à lui coller à la
peau. Les producteurs de la série télévisée "Alice
Nevers, le juge est une femme" de TF1 lui ont confié
un rôle de toque étoilée dans un épisode diffusé le 18
avril. La faute, sans doute, à sa diction gourmande et sa
corpulence d'ogre de 1,90 mètre.
Sous
une crinière grisonnante, Jean-Claude Dreyfus possède un
visage étonnamment mobile et un registre de jeu comparable
à celui de Michel Serrault. "J'ai l'oeil torve,
jouisseur et pervers" , dit-il. C'est ainsi qu'il
toisait son monde dans une série de courts métrages
d'inspiration hitchcockienne diffusés en avril sur la
chaîne 13ème Rue. Dans Rictus, montage de textes du poète
méconnu Jehan Rictus (1867-1933), qu'il vient de jouer à
Paris et tournera en province en 2006, c'était un gueulard
magnifique, un harangueur lyrique dénonçant avec gouaille
le sort fait aux pauvres et aux exclus. Chez Dreyfus comme
dans le cochon, tout est bon.
Interview
sur les animaux
Jean-Claude
Dreyfus : Un esprit sain dans un porc sain !
(Bruno Soriano - aniwa.com)
Physique
de fort des Halles et voix de velours, Jean-Claude Dreyfus,
le Monsieur Marie des cuisines et le boucher de Delicatessen,
nous raconte sa passion... des cochons !
Jean-Claude
Dreyfus, c'est le "Monsieur Marie " de la
publicité télévisée, bien sûr, mais c'est surtout un
acteur de grand talent. De L'Hygiène de l'Assassin (adapté
du roman d'Amélie Nothomb) à son dernier spectacle musical
au Théâtre du Palais Royal, il a prouvé toute l'étendue
et la multiplicité de son talent. On connaît aussi sa
passion pour les cochons.
Le
cochon est un animal sensible. J'ai une collection d'objets
en forme de cochon qui compte plus de 2500 pièces, il y a
des peluches, des porcelaines, des jouets, des cendriers et
même quelques objets qui ne sont pas à placer entre toutes
les mains ! Cette passion m'est venue assez drôlement, en
effet, quand j'étais jeune j'avais plutôt mauvais
caractère et, ironiquement, on m'offrait des tirelires
très laides en forme de cochon ! Je me suis pris au jeu et
je me suis intéressé à cet animal. Bien sûr, je n'en ai
pas chez moi, mais j'en ai connu, dans des fermes. Le cochon
est un animal sensible, intelligent et très proche de
l'homme. Hormis cette passion porcine, Jean-Claude Dreyfus
possède d'autres animaux : J'ai deux chiens et sept chats.
Mes deux chiens sont très différents l'un de l'autre, car
j'ai un Rottweiller et un Cavalier King Charles. Comme quoi
on peut aimer les gros chiens et les petits !
Ce
sont les maîtres qui sont "difficiles" ! Je ne
connaissais pas les Rott, mais je les ai découverts sur un
tournage. Le chef décorateur en avait un. J'ai
complètement craqué pour ce chien ! Bien sûr, c'est un
chien, qui appartient à la catégorie des chiens dits
difficiles, mais c'est complètement imbécile de dire ça !
Ce sont les maîtres qui sont difficiles. C'est évident, le
Rott a une force et une mâchoire terribles mais, en même
temp, c'est un chien très doux, qui aime les gens et les
enfants. Évidemment, si on se fait mordre par un Rott ça
fait plus mal qu'un Yorkshire. Ce sont des chiens le plus
souvent exquis mais il faut savoir les maîtriser. Moi, je
donne de la voix quand il le faut ! Le cavalier King
Charles, ce n'est pas la même chose. C'est un petit clown.
En fait, je voulais un deuxième Rott, mais, en appartement,
ça tient quand même beaucoup de place, alors j'ai pris un
petit chien.
Pas
d'anthropomorphisme
Je
passe beaucoup de temps avec mes animaux, j'adore les
caresser, je les tripote. Je fais aussi ça avec les
humains, d'ailleurs (rire). Quand ils attrapent des tiques,
je m'en aperçois tout de suite en les caressant. Et les
animaux aiment bien qu'on les caresse. Je leur parle, un peu
comme à des enfants, mais quand je veux me confier, je le
fais auprès de quelqu'un qui me comprend et qui peut me
répondre. Un animal reste un animal et si je veux parler
seul, je peux le faire en marchant dans la rue.
Homosexualité
En
octobre 2004, il fait partie des premiers signataires du
manifeste pour l'homoparentalité. En voici le texte :
"Nous
sommes, parmi mille autres traits de notre personnalité,
homosexuels. Nous sommes parents, rêvons de le devenir,
regrettons parfois de ne pas avoir pu l’être.
Il
y a encore vingt ans il fallait choisir : assumer
ouvertement son homosexualité c’était renoncer définitivement
à l’idée de fonder un foyer. Les temps ont changé.
Aujourd’hui, en France, des dizaines de milliers
d’enfants vivent dans des familles "homoparentales".
Des dizaines de milliers d’enfants que la société
continue d’ignorer. En cas de décès de leur parent légal,
ils se retrouvent dans la situation d’un orphelin.
L’autre parent, inexistant au regard de la loi, n’a
aucun droit, pas même celui de pouvoir s’occuper de
l’enfant qu’il a élevé pendant des années.
Arrêtons
de faire "comme si" ces familles n’existaient
pas. Cessons de nous voiler la face, mettons fin à
l’absurdité qui permet à un célibataire, homme ou
femme, d’adopter, mais pas à un couple homosexuel.
Nous
ne réclamons pas un "droit à l’enfant", nous
demandons seulement la fin des discriminations et l’égalité
des droits. Nous demandons l’instauration d’un statut
juridique du second parent et que tous les couples, quelle
que soit leur orientation sexuelle, puissent adopter. Nous
voudrions simplement pouvoir être des 'parents comme les
autres"."

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gays, lesbiennes ou bisexuelles ayant révélé
leur orientation sexuelle. Si vous n'êtes pas passé
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