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Biographie
Josée
Dayan est tout aussi passionnée par le grand écran que le
petit. Elle a grandi à Alger entre un père directeur de
télévision et une grand-mère propriétaire d'une salle de
cinéma.
Après des études à
Sciences-Po.
et à l'Institut des hautes études cinématographiques de
Paris, elle travaille comme assistante de cinéastes comme
Chabrol et Delannoy.
Sa carrière est ainsi marquée par des
allers-retours constants entre le grand et le petit écran.
Dès le départ, après avoir réalisé quelques
téléfilms, en 1979 elle réalise Simone de Beauvoir pour
le cinéma avec Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre. Par
la suite il faudra attendre 1990 pour un retour au cinéma
avec Plein fer, avec Serge Reggiani, Patrick Bouchitey et
Bernadette Lafont.
A la télévision on lui doit plusieurs
épisodes de Navarro, Julie Lescaut, Le JAP, et La Rivière
espérance. Elle a également tourné pour les collections
Super Polar et Sueurs Froides.
Depuis quelques années elle
réalise des fictions prestigieuses pour la télévision
française comme Les Misérables, Monte-Cristo,
Balzac, Les
Liaisons dangereuses, Les parents terribles. Elle vient
d'achever en 2005 Les rois maudits. Son expérience et son
savoir-faire lui ont permis de se lier avec des comédiens
comme Gérard Depardieu (Le Comte de Monte Cristo) et Jeanne
Moreau (Balzac).
De cette confiance est
né le projet de réaliser Cet amour-là avec Jeanne Moreau,
film qui marque le grand retour de Josée Dayan dans le
monde du cinéma.
(arte-tv,
actufiches.ch)
Interview
sur son travail
Il
y a dix ans, avec «Rivière espérance», votre nom est
devenue synonyme de série fleuve au succès fleuve ?
C'est vrai qu'il y a un avant et un après « Rivière
Esperance ». J'ai tourné les neuf épisodes, alors que
seulement six étaient prévus, dans l'urgence, avec un
budget très serré. Et le feuilleton n'a pas été de suite
un succès. Pourtant, au fil des épisodes, le miracle s'est
produit et un public de plus en plus nombreux nous a suivi.
Mais le vrai déclic, ce fut de simple coup de téléphone.
Dès le premier épisode, Gérard Depardieu m'appelait pour
me dire à quel point il avait aimé la saga. Je ne le
connaissais pas. Il a renouvelé cet appel jusqu'au dernier
épisode. A la fin, on a alors décidé de travailler en
semble sur «Monte Cristo». Avec le succès mondial que
vous savez…
Vous
travaillez souvent sur de grandes sagas historiques.
Pensez-vous que ce type de programme soit le bon reflet de
l'évolution de la société d'aujourd'hui ?
Je termine « Les rois maudits » qui se passe au Moyen –Age.
C'est pourtant une œuvre qui sera très ancrée dans la
vision que j'ai de la société d'aujourd'hui. Il y a
trente-cinq ans, quand «les Rois maudits» ont été pour
la première fois adaptée à la télé, la société était
plus frivole, plus jouissive, plus inconsciente. On surfait
sur le plaisir immédiat. Cela s'est ressenti dans le
traitement de cette histoire, à la fois féroce et
légère. Dans ma version à moi, au milieu des guerres, de
la violence de notre époque, mes rois Maudits sont plus
violents, plus sauvages, plus durs. Voilà comment
j'interprète l'air du temps.
Depardieu,
Deneuve, Moreau, Ardant…Vous avez dirigé les plus grands.
La seule qui manquerait à votre palmarès, c'est Adjani ?
On se connaît bien et je l'aime beaucoup (elle se lève
alors et fait écouter une carte de vœux musicale ou
Isabelle, avec sa voix inimitable, lui souhaite avec chaleur
une bonne année). Mais je ne vais pas la poser, dans
n'importe quel sujet. Il faut qu'elle s'impose. Et je
cherche…
Vous
avez du caractère. Et les stars que vous dirigez n'en
manquent pas non plus. Dur à gérer ?
Je n'aime que les gens qui ont du caractère. Je suis un
animal qui aime être face à un autre animal. J'aime
admirer. Je crois que pour être un grand acteur, il faut
avoir certes du talent, mais aussi de la force. Très
souvent, les acteurs célèbres et charismatiques sont en
roue libre sur un tournage car on les craint. Pas moi. Avec
moi, ils aiment avoir une liberté à l'intérieur d'un
espace dont ils savent qu'il est maîtrisé. Ce n'est par
hasard si les mêmes retravaillent avec moi…
Vous
enchaînez les superproductions. Et vous trouvez aussi le
temps de tourner des films plus personnels. L'énergie, vous
la trouver où ?
Je ne la cherche pas, elle arrive d'elle même. Je m'auto
recharge. Si je ne tourne pas, je n'existe pas dans ma
tête, comme décérébrée. Si je n'ai pas un projet en
tête, je suis comme décapitée. Cet hiver, pendant le
tournage des « Rois maudits », on a fait dix jours
d'arrêt à Noël. J'ai été couché et malade. Le 5
janvier, je suis partie en Transylvanie. Il faisait – 20
° et j'étais guérie.
Si
la télé aime regarder dans le rétroviseur, certains
fantasment aujourd'hui sur un retour à une sorte d'ordre
moral, arguant que la société a besoin de barrières…
J'ai été élevé par des parents qui m'ont laissé à la
fois totalement libre. Et très surveillée. Je pouvais
décider d'aller ou pas en classe, de me coucher ou pas à
trois heures du matin. Mais je ne pouvais pas me baigner
seule ou traverser une rue toute seule. J'avais à la fois
une liberté physique réduite mais une liberté mentale
absolue. Car je vivais en Algérie au moment de la guerre de
l'indépendance. Quand 68 est arrivé, pour moi c'était
normal ! je n'ai pas ressenti le besoin de cracher à la
figure de mes profs. Car je n'allais pas à l'école. Je ne
suis pas très passéiste. Et ce fantasme de paradis perdu
me gêne. Mais s'il y a beaucoup de choses qui me fascinent
dans ce millénaire, je regrette qu'il y ait moins
d'insouciance, moins de rêve…
On
ne vous imagine pas rêveuse…
Je déteste la réalité, tout ce qui est matériel. Le
quotidien m'englouti, me harasse. Je n'aime que le cinéma.
Je travaille beaucoup sans avoir le sentiment de travailler.
Contrairement
à beaucoup de réalisateurs gays qui ont pu travailler sur
des sujets traitant de l'homosexualité, cela n'a jamais
été votre cas ?
Je n'en ai pas trouvé parce que je n'en ai pas cherché !
On m'a proposé un film autour de ce sujet. J'y réfléchis.
Et puis, si je fais un film sur l'homosexualité, il faudra
que cela soit moi qui l'écrive. Je sais ce que je veux dans
une histoire, mais pas forcément l'écrire. C'est
peut-être cela qui bloque.
Le
blocage ne vient-il pas du fait que le thème vous ait trop
proche ?
Je n'ai guère de fascination pour moi (sourire). Je parle
souvent avec Jeanne Moreau, qui est pour moi la plus grande
actrice du monde. Elle me dit souvent « Racontez votre vie,
faites quelque chose sur vous, ne vous cachez pas derrière
la fiction… ». Elle peut être raison…Mais si je parle
de moi, j'aborderais aussi l'Algérie…un thème que je
n'ai par exemple jamais voulu toucher. C'est compliqué. Mon
film le plus autobiographique, c'est curieusement « Cet
amour-là ». Tout ce que le personnage de Yann vit, même
s'il est beaucoup plus passif que moi, mais tout ce qu'il a
pu avoir comme admiration, comme étouffement lié à sa
fascination pour Marguerite Duras. Et moi mon obsession,
c'est le cinéma.
Y
a t-il des films de la cinématographie gay qui vous ait
ému ?
« Mort à Venise » m'a marqué, « The servant » aussi
m'a beaucoup touché. A chaque fois avec Dirk Bogarde, qui
est extraordinaire. « Ludwig », la douleur de Louis 2 vue
par Visconti, cela atteint des sommets. Je préfère Fellini
est beaucoup plus personnel. Si j'avais fait «Senso»,
«Ludwig» grosso modo. Je pense que je le pourrais faire.
Jamais de ma vie, je n'aurais pas pu faire «8 et demi» ou
«Le satyricon».
Propos
recueillis par Louis Maury
Homosexualité
Elle
n'a jamais caché son homosexualité. Elle fait partie des
signataires de la pétition pour l'homoparentalité.
Voici
un extrait de l'interview qu'elle a accordé à tétu pour
son numéro 100.
Quand
vous êtes vous rendu compte que vous aimiez les femmes ?
Je
devais avoir entre 18 et 20 ans et cela m'a beaucoup
perturbée. Devais-je le cacher ou le dire ? Non pas le
clamer mais ne pas l'occulter.
Pour
moi, occulter aurait signifié avoir honte. Et je n'avais
aucune honte à être ce que j'étais.
J'ai
su alors que le monde serait divisé en deux : ceux qui ne
l'accepteraient pas et avec qui je n'aurai plus rien à
faire et ceux qui accepteraient ma sensibilité.
Comment
s'est passé votre coming-out auprès de vos parents ?
Je
l'ai annoncé à ma mère alors que je conduisais une
décapotable sur une route à lacets, en Corse. Ma mère est
intelligente, pharmacienne et prof de maths. Elle m'a
regardée et m'a dit : "ma pauvre fille. Tu as un gène
en plus ou en trop. Il faut te faire une psychanalyse.
J'avais
deux solutions : nous jeter toutes les deux dans le ravin ou
comprendre qu'à partir de ce moment-là, je n'aurai plus
rien à lui dire.
Vous
avez fait cette psychanalyse ?
Jamais.
Si l'analyse devait servir à rétablir une prétendue
normalité, hors de question.
La
réaction de votre père a été aussi violente ?
Je
pense qu'il a du mal le prendre mais je n'en ai guère
parlé avec lui.
Vous
êtes une des rares personnalités françaises à avoir dit
très tôt que vous étiez lesbienne ...
Pourquoi
le cacher ? Cela m'a été tout à fait naturel. En devenant
médiatique, j'ai pensé que je pouvais servir d'exemple à
des gens qui n'osaient pas. Dire sa vérité, c'est vivre le
restant de sa vie plus tranquille.

Cette
page fait partie d'un site très complet sur les personnalités
gays, lesbiennes ou bisexuelles ayant révélé
leur orientation sexuelle. Si vous n'êtes pas passé
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