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Pedro Almodovar

Né le 25 septembre 1951 à Calzada de Calvatra (Espagne)

Réalisateur

Parcours

Originaire d’une famille modeste, il reçoit une éducation qu'il qualifiera lui-même de "spectaculairement religieuse". Il reniera pourtant sa foi en Dieu.

Dès son adolescence, Pedro Almodovar fréquente assidûment les salles obscures et rêve de réaliser ses propres films. C'est pour mettre à exécution son projet, qu'à 17 ans, sans un sou en poche, il s'installe à Madrid où il espère intégrer l'École officielle du film. La décision de Franco de fermer cette école l'oblige à modifier quelque peu ses plans. Pour vivre, il multiplie les petits boulots avant de trouver une place stable à la Compagnie Nationale du Téléphone où il travaillera douze ans comme assistant. Cet emploi lui permet d'une part d'avoir du temps et un peu d'argent pour se consacrer à sa passion et surtout, d'autre part, d'observer et d'étudier une classe moyenne qu'il ne connaît pas bien et dont les inquiétudes et les petits malheurs seront une source intarissable pour les histoires qu'il veut raconter dans ses films.

À côté de son travail, il côtoie une compagnie de théâtre indépendante, il écrit de petites histoires et fait même parti d'un groupe parodique de punk rock appelé "Almodovar et Mc Namara". En 1974, il réalise son premier court métrage muet et en enchaîne une dizaine d'autres jusqu'en 1978. Il les présente au public en doublant lui-même la voix de tous les personnages. Il fréquente alors les bars, les festivals pour amateurs et les galeries d'art pour se faire connaître et attirer le public.

1980 marque son passage au long métrage. Il réalise Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier. Ce film cru coïncide avec la naissance de la démocratie en Espagne et se caractérise par un profond désir d'ouvrir le cinéma aux nouvelles libertés accordées à la société espagnole. Il est représentatif de ce renouveau artistique madrilène baptisé Movido dont Pedro Almodovar s'éloigne un peu pour pouvoir se moquer de sa récupération par les médias. Il enchaîne dès lors les films dont : Dans les ténèbres en 1983, Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? (1984),Femmes au bord de la crise de nerf (1987), Attache-moi ! (1989), Talons aiguilles (1991), En chair et en os (1997), Tout sur Ma Mère (1998).

Pedro Almodovar a su donner à ses films un style particulier, cru et parodique, fondé sur un complexe mélange des genres et des passions. Il y multiplie les personnages originaux, attachants et hauts en couleurs, accordant dans l'ensemble de son œuvre une place particulière aux femmes. Cette prépondérance accordée aux personnages féminins se retrouve dans sa forme la plus achevée dans son magnifique dernier film,Tout sur ma mère qu'il dédie aux femmes et aux actrices. Il a obtenu pour ce film le prix de la mise en scène au festival de Cannes en 1999. Outre le style, c'est une esthétique particulière que le réalisateur a su créer dans l'ensemble de son œuvre en accordant une grande attention aux décors,vêtements et accessoires dont il est le principal concepteur.

(bio issue de ActuStar)

Son film "Tout sur ma mère" est un petit bijou. Plein d'émotions contenues et un brin d'humour. La meme chose avec "Parle avec elle" pour lequel Pedro Almodovar a été couronné de succès à Rome en 2002. Il a reçu le prix du meilleur film, de la meilleure réalisation et du meilleur scénario lors de la cérémonie de la 15e édition du Prix du film européen qui a eu lieu à Rome.

Homosexualité

Il a toujours été très clair quand à sa bisexualité. Beaucoup de ses films font la part belle aux histoires sexuelles non conventionnelles (homo, bi, trans, ...). Voici une interview donnée à Tétu :

Si «Femmes au bord de la crise de nerfs» lui a valu la gloire internationale, sa filmographie regorge surtout de marginaux empêtrés dans d’incroyables histoires de drogue, de sexe et d’amour sanglant. Star ibérique underground devenue figure majeure du cinéma européen, il confirme son style, coloré et souvent subtil, avec son nouveau film. Pedro Almodovar nous appartient.

Comme Pasolini ou Fassbinder, vous êtes devenu une icône gay. C’est agréable ?

Je ne sais pas. Quand je fais un film, j’essaie de ne faire aucun compromis, ni avec moi-même, ni avec les autres. Être conscient que l’on est une icône ou un symbole pour quelqu’un vous donne une responsabilité. Et quand je travaille, j’ai besoin de me sentir complètement libre. Ce n’est évidemment pas une question de mépris. Quand je me regarde dans un miroir, je me vois tel que je suis, tout petit... Pour vous rassurer, dans les trois histoires que je suis en train d’écrire pour mes prochains films, il y a à chaque fois un personnage homosexuel important.

Dans «En Chair et en os», Liberto Rabal rappelle vraiment l’Antonio Banderas de vos premiers films. Un hasard ?

Liberto est l’héritier du trône qu’Antonio a laissé vacant depuis «Attache-moi». Antonio, c’est l’homme de ma vie ! Il était mûr dès la première fois où il s’est mis devant la caméra. Liberto ne l’est pas autant, mais il possède effectivement beaucoup de qualités qui me rappellent Antonio. Je vais essayer de nouer avec lui des liens professionnels aussi forts. 

«La Loi du désir» débute par une scène de masturbation, montre un transsexuel bien dans sa peau, évoque l’homosexualité. Avez-vous eu des problèmes avec la censure ?

Pas en Espagne, mais dans d’autres pays européens. Le distributeur italien m’a demandé de couper la première scène. Et j’ai refusé. Mais j’ai appris beaucoup plus tard qu’elle n’a pas été diffusée à la télévision. «La Loi du désir» est sorti dans le monde entier, ce n’était donc pas possible d’être vigilant à 100%.

Au fil des films, pourquoi avoir renoncé à la provocation, au kitsch?

Je me suis ennuyé de tout ça.

Est-ce une évolution logique ou la recherche de la respectabilité ?

Cette question est un cliché ! Je vous donne un exemple : la première drag-queen que j’ai vue, c’était ici, à Paris, il y a vingt-sept ans. J’étais impressionné, amusé, très attiré. Aujourd’hui, je ronfle d’ennui quand je vois une drag-queen dans un film. Cela ne veut pas dire que je veuille être plus respectable, je n’ai pas du tout calculé l’évolution de ma carrière. Simplement, il y a des choses que je n’ai plus envie de faire, et je ne sais même pas pourquoi. Je n’ai d’ailleurs jamais cherché à être un provocateur. Je tournais les histoires qui me venaient à l’esprit spontanément. Aujourd’hui, je fais exactement la même chose, simplement j’ai vingt ans de plus.

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