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Donald Potard, né en 1953 à Bourg-la-Reine

PDG des maisons Ungaro Europe et Castelbajac

Président de Cambacérès.

Franc-maçonnerie et homosexualité

Même les citadelles les plus «bunkérisées» finissent par se fissurer. C'est le cas de la franc-maçonnerie, où l'influence des homos s'est traduite par quelques initiatives inattendues. Il y a deux ans s'est créée Cambacérès, l'une des rares fraternelles de la galaxie franc-maçonne fréquentée exclusivement par des gays. Elle est présidée par Donald Potard, PDG de la société Jean-Paul Gaultier, et multiplie les débats et tables rondes sur des questions de société touchant à l'homoparentalité, à l'adoption, à la place des gays au sein de l'Etat, au rôle de leurs élites... Le tout en présence d'un parterre de sommités - intellectuels, chercheurs, leaders politiques - venues cautionner la démarche... Réunis à la mi-mai, les animateurs de la Grande Loge nationale française (GLNF) opéraient, de leur côté, un virage sémantique, qualifié tout bonnement d'historique par les homosexuels membres de cette loge: la notion de «gens de bonnes mœurs», une exigence qui figurait en bonne place dans le lexique de la GLNF, a été biffée. Trop allusive, ont estimé les actuels dirigeants! Qui viennent de lui substituer une expression jugée plus neutre: «Des gens respectables et de bonne renommée»... 

(article de l'express)

13.avril.2005 / Donald Potard n'est plus PDG de la maison Jean Paul Gaultier

Donald Potard, PDG du groupe Jean-Paul Gaultier depuis 1990, avait annoncé le 4 avril dernier qu'il quittait ses fonctions, considérant sa "mission accomplie" après la transformation de "la PME de prêt-à-porter des débuts en la plus jeune des maisons de luxe".Dans un communiqué à l'AFP, Donald Potard rappelle qu'"avec la complicité de Jean-Paul Gaultier", il "a donné l'essor au groupe qui est passé d'un chiffre d'affaires de 6 millions d'euros en 1990 à 28 millions d'euros en 2004" et que le groupe a vendu pour 570 MEUR de produits griffés dans le monde" l'an passé.

M. Potard, 52 ans, ami de maternelle du couturier, travaille aux côtés de Jean-Paul Gaultier depuis ses débuts - sa première collection date de 1976 -. Il a été également directeur général de la griffe de 1985 à 1990 avant d'en assumer la présidence.

Sous la houlette conjointe de Jean-Paul Gaultier et Donald Potard, un département parfum a été créé en 1991. "Aujourd'hui, le parfum masculin Le Mâle est no1 des ventes en Europe", écrit-il. En 1996, la société se transforme en groupe de luxe en créant un département haute couture. En 1999, elle se rapproche du groupe Hermès qui entre dans le capital de Jean-Paul Gaultier à hauteur de 35%. En 2002, un pôle accessoires est développé et depuis 2002 un réseau de distribution qui compte 15 boutiques à l'enseigne.

En 2002, le groupe achète l'immeuble de l'avenir du prolétariat, dans le IIIè arrondissement de Paris, qui devient son nouveau siège social et regroupe la totalité de ses activités.
"Mon but était de transformer la PME de prêt-à-porter des débuts en la plus jeune des maisons de luxe. L'objectif est atteint car notre groupe est adossé au partenaire le plus prestigieux: Hermès. Ce partenariat fonctionnant parfaitement depuis 5 ans, je considère désormais ma mission accomplie", conclut Donald Potard.

La maison Gaultier a annoncé récemment un plan de restructuration qui s'est traduit par la suppression de 31 emplois sur les 160 en France. La société a enregistré un déficit en 2003, pour la première fois depuis 1991.

Ce mercredi 13 avril 2005, la maison Jean Paul Gaultier a annoncé la nomination d'Eric Labaume à la présidence du directoire du groupe. Agé de 53 ans, Eric Labaume a travaillé par le passé pour d'autres maisons de couture comme Inès de la Fressange et Balmain.Il a été choisi par le couturier Jean Paul Gaultier "pour la variété et la qualité de son expérience dans le secteur du luxe, et notamment dans les domaines de la production et de la distribution", précise le groupe dans un communiqué.
"Ses compétences et sa maîtrise des métiers de la mode permettront d'accompagner le développement futur du groupe Jean Paul Gaultier", ajoute-on.

 
14.septembre.2005 / Donald Potard : de Gaultier à Castelbajac
 
C'était à la fois l'ami de longue date de Jean Paul Gaultier et le patron de sa maison de couture. Mais les difficultés financières et les restructurations ont eu raison de leur amitié : en avril dernier, l'enfant terrible de la mode se séparait de son compagnon de route depuis trente ans. Sous la pression de son nouvel actionnaire Hermès ? Un professionnel de la production et de la distribution, Eric Labaume, passé par les maisons Mendès, Inès de la Fressange et Balmain, se voyait alors confier les commandes.

Depuis, Donald Potard (de son vrai prénom... Jean-Paul) eut tout le loisir de s'adonner à ses passions, du théâtre à l'opéra en passant par l'équitation. Il a aussi ouvert un restaurant d'un nouveau concept à Paris. A 52 ans, il reprend du service dans le luxe en rejoignant le groupe britannique Marchpole Holdings comme responsable de l'Europe. Coté en bourse et spécialisé dans la distribution de produits de luxe, le groupe poursuit sa montée en puissance. Titulaire des licences Yves Saint Laurent et Ozwald Boateng pour l'ensemble du Royaume-Uni, il a racheté l'an dernier la griffe Jean-Charles de Castelbajac (JCC) à son créateur, et repris la licence Ungaro homme. On le dit prêt à réaliser une nouvelle acquisition...

Pour l'heure, Donald Potard sera à la fois PDG des maisons JCC et Ungaro Europe. Avec comme premier chantier pour le couturier italien le lancement de la collection homme signée José Lévy, ancien styliste notamment de Cacharel et Holland & Holland.
(le figaro)

Interview au Figaro (août 2004)

Donald Potard aime à répéter la formule. Compagnon des tout débuts, et aujourd'hui président du directoire de l'entreprise Jean-Paul Gaultier, il vous fait visiter le nouveau siège avec une fierté non dissimulée. «C'est presque aussi grand que la galerie des Glaces... On va pouvoir défiler chez nous!» Mais ce qui amuse le plus Donald Potard, ce sont les mille et un souvenirs de carrière auxquels la décoration de cette ancienne boîte de nuit fait référence. Car Jean-Paul Gaultier n'est pas un créateur parachuté à la tête de la maison par son actionnaire. Il est le fondateur et l'artisan de sa propre marque. Patron discret, mais stratège aguerri, Donald Potard analyse, pour Le Figaro, la richesse et la complexité des rapports entre un homme et la marque qui porte son nom.

LE FIGARO. – A ses débuts, Jean-Paul Gaultier a misé sur des physionomies de mannequin encore jamais vues dans la mode. Etait-ce une démarche en partie destinée à se faire connaître ?

Donald POTARD. – Quand Jean-Paul Gaultier travaillait chez Patou, la maison refusait systématiquement les mannequins noirs à cause des préjugés raciaux en vogue chez les acheteuses américaines. La crainte s'avérait fondée, mais en même temps personne n'essayait de rompre la règle. C'est, bien sûr, Yves Saint-Laurent qui s'y est risqué le premier. Mais Gaultier a été encore plus loin en faisant défiler des femmes fortes, des femmes petites, des femmes de toutes les ethnies possibles et imaginables, des femmes âgées et même des hommes au milieu des femmes !

Cela a fait beaucoup parler de nous et a engendré énormément de retombées presse. Mais la démarche de Gaultier était très profonde. Il est le premier couturier à avoir fait voler en éclats la notion de muse. La «beauté classique» et «l'idéal féminin» lui paraissent ennuyeux et limite fascisants. Pour lui, la beauté se trouve en chaque être humain. La première chose qu'il ait remis en question dans la mode, c'est le «professionnalisme» des mannequins. Ses visages étaient issus de castings sauvages. Certains d'entre eux, d'ailleurs, ont été ensuite engagés par des agences de mannequins ! Ainsi, Jean-Paul Gaultier a-t-il lancé des personnalités, comme Farida par exemple, mais n'a jamais cédé à la tentation du «top du moment».

Il est vrai que vos campagnes de pub ne mettent jamais en scène des top models ou des personnalités du cinéma ou de la chanson. Pourquoi ce choix ?

Parce que la marque Jean-Paul Gaultier s'exprime au travers d'une galerie de personnages propres à son histoire : l'homme au pull marin, le dandy, la femme au corset, etc. A chaque campagne, nous demandons à des visages de réinterpréter et de réactualiser ces rôles, mais il ne s'agit pas de les éclipser ce que ferait immanquablement une star. Ces personnages sont à la fois des auto-références et des fictions, car Jean-Paul Gaultier raconte à la fois «son» histoire et «des» histoires. Or son imaginaire est plus proche de celui de Caro et Jeunet que de Hollywood !

Un visage connu du monde entier n'est-il pas un vecteur de communication nécessaire lorsqu'on cherche à s'exporter ?

Nous sommes numéro un des ventes de parfum masculin en Europe. Preuve, qu'il n'y a pas besoin d'une star internationale pour exporter un produit ou un message. En outre, nos concepts de parfums ne sont pas pensés de toutes pièces pour séduire tel ou tel segment de marché. Ils émanent directement de la personnalité de Jean-Paul Gaultier. Aussi, pour la publicité, une star n'aurait-elle pas sa place entre Gaultier et ses propres créations.


Vous évoquez le personnage du marin. Jean-Paul Gaultier a porté le pull rayé pendant dix ans. Aujourd'hui, c'est presque un logo pour la marque...

Le pull marin est d'abord un objet qui intéressait Jean-Paul Gaultier graphiquement à cause des rayures. En plus, ce vêtement met en valeur le torse (masculin ou féminin), c'est donc également un objet de désir. Enfin, il est attaché à l'imaginaire du marin voyageur... A mes yeux, il n'est pas devenu un logo, mais plutôt un emblème, une sorte de drapeau. D'ailleurs, c'est ainsi que fonctionne tout le discours de notre marque, par emblèmes et par clins d'oeil visuels interposés. Jean-Paul Gaultier n'assène jamais de message au premier degré. Il joue toujours avec des codes patrimoniaux qu'il emprunte, qu'il revisite, qu'il détourne et qu'il mélange avec ses propres fétiches. Au final, on obtient des sortes de rébus qui s'adressent en partie à l'inconscient. C'est pour cela, sans doute, qu'ils interpellent tout le monde.

En clair, le territoire de communication de la marque Jean-Paul Gaultier, c'est Jean-Paul Gaultier lui-même ?


Oui, évidemment. Mais il n'en est pas prisonnier non plus. Le pull rayé, il ne le porte plus ! Jean-Paul Gaultier ne se voit pas comme un homme-sandwich. Toutefois, les codes de l'univers Gaultier sont en effet devenus de puissants identifiants. Lors du lancement du parfum homme, en 1995, la campagne d'affichage montrait simplement deux marins au travers d'un hublot. A peine la notion de parfum ou même le flacon étaient-ils illustrés. Nous avons pourtant été immédiatement compris et repérés.

Il s'agit donc, en termes d'image, de creuser un seul et même sillon, le nôtre. Ainsi tous les signes émis par la marque se montrent-ils parfaitement cohérents. De cette manière, le public nous reconnaît dans toutes nos formes d'expression. C'est une façon de le fidéliser et de rendre hommage à sa fidélité en faisant référence à des souvenirs communs. Certains de nos concurrents, au contraire, adoptent la stratégie du miroir brisé, c'est-à-dire de la marque aux mille visages selon les produits mis sur le marché et les différentes cibles auxquelles ils s'adressent. Or je pense que des images fortes ne peuvent pas s'additionner, elles se soustraient les unes des autres.


En termes d'images, quelle vocation a une opération telle que celle réalisée par Jean-Paul Gaultier à la Fondation Cartier ?

Au-delà des retombées presse, c'est justement l'occasion de mettre en scène une autre facette du même créateur. Pour Jean-Paul Gaultier, la mode est nécessairement quelque chose de vivant, quelque chose qui se porte en mouvement. Le mannequin dans un musée, c'est la mort de son art. D'où l'envie, avec le travail du pain, non pas de montrer de la mode, mais de faire passer une idée de la mode. Son idée de la mode.

Les marques de luxe font de l'inauguration d'un siège ou d'une boutique un événement médiatique majeur. D'ailleurs, elles se battent à coups d'architectes connus. Est-ce pour marquer délibérément votre différence que vous choisissez de vous installer dans le «Palais de l'avenir du prolétariat» ?


Evidemment, cette appellation nous a fait rire. Nous nous en sommes emparés, car l'idée que l'avenir du prolétariat se trouve dans la haute couture nous amuse beaucoup ! En fait, nous savions, dès le départ, que nous ne voulions pas faire construire un bâtiment. Jean-Paul Gaultier est un amoureux du patrimoine parisien et c'est dans sa culture d'investir des lieux et de jouer avec leurs codes. En outre, la dimension signifiante d'un bâtiment, lorsqu'il est le siège d'une entreprise, s'avère incontournable. Or, ici, nous sommes chez Jean-Paul Gaultier, pas chez telle ou telle star de l'architecture contemporaine. Nous avons délibérément choisi des architectes renommés et talentueux mais pas des stars. Ce sont bien les codes de la marque Gaultier qu'on retrouve dans tous les détails de notre aménagement, pas la griffe d'un autre designer.

Il n'y a que pour les boutiques que nous avons travaillé avec Starck. Ce sont des lieux d'image très importants et nous avions besoin de quelqu'un qui sache créer des univers miniatures très cohérents et expressifs. Par ailleurs, Philippe Starck appartient à la même génération que Jean-Paul Gaultier. Ils ont en commun un goût pour le jeu et les détournements. En clair, il s'agit de deux personnalités créatives qui peuvent conjuguer leurs talents au service d'une idée, au lieu de se phagocyter.

Vous êtes désormais lié au groupe Hermès. Comment gérez-vous l'image de ce rapprochement et celle des deux maisons ?

En terme d'univers de création, tout semble opposer ces deux maisons. Et ce, même si elles avaient déjà effectué un grand pas l'une vers l'autre. Nous sommes partis du prêt-à-porter pour devenir la plus jeune maison de haute couture. A l'inverse, Hermès est une dame respectable qui a su prouver qu'elle savait continuer à danser en nommant Martin Margiela à la tête de ses collections. Il était donc naturel que nous nous rencontrions à mi-chemin. Toutefois, chaque marque reste fidèle à son territoire de communication et c'est précisément ce que nous souhaitons des deux côtés. Il était hors de question de s'allier à un partenaire dont le positionnement aurait été proche du nôtre. Nous voulions justement éviter les collisions et conserver intacte l'image de Gaultier. Pour le reste, ce mariage est en fait des plus naturel. Les deux enseignes ont bien des valeurs
en commun et, en coulisse, elles présentent nombre de synergies à exploiter. Mais cela, c'est de la popote interne et nous avons l'habitude de recevoir au salon, pas dans la cuisine... !

 

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