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Jean-Jacques Aillagon

Né le 2 octobre 1946 à Metz (Moselle)

Ex-Ministre de la Culture, PDG de TV5, conseiller d'Artemis

Dernière news

Jean-Jacques AILLAGON élu PDG de T.V.5

Suite à son dernier conseil d’administration, la chaîne de télévision francophone TV5 Monde, réuni le 6 avril 2005, a élu l'ancien ministre français de a Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon, 58 ans, au poste de président-directeur général.

Notons à cet égard qu’il était l'unique candidat officiel à la succession de Serge Adda, décédé en novembre 2004.

L’ex ministre est devant la grande mission de mettre en place, un nouveau plan d’entreprise, tout en améliorant les synergies du groupe, via le développement de la complémentarité entre TV5 et Canal France International dont il est Président momentanément.

Cet événement auquel se sont opposés deux syndicats de journalistes, en France, estimant que la nomination de Jean-Jacques AILLAGON - très poche à Jacques CHIRAC - est axée sur des critères purement politiques, a suscité, de surcroît des réactions au-delà des frontières Françaises.

À l'étranger, le choix d’un patron français est aux antipodes des actions médiatiques prévues par la France, notamment le lancement d’une chaîne internationale d'information (CII) qui risque de cannibaliser le produit TV5. Chose que Mr AILLAGON qualifie d’ «approche superficielle».

Avant dernière news

L'ancien ministre de la culture du précédent gouvernement Raffarin, Jean-Jacques Aillagon a rejoint le groupe Artemis en tant que conseiller de son président, François Pinault, a annoncé mercredi le groupe.

Nommé "conseiller auprès du président pour les activités culturelles", l'ancien ministre rejoindra la holding de François Pinault le 1er septembre, précise le communiqué.

M. Aillagon sera chargé des "affaires culturelles du groupe Artemis au sens large, telles que le mécénat, la fondation, etc." a déclaré à l'AFP une porte-parole d'Artemis.

Jean-Jacques Aillagon, 57 ans, a été ministre de la culture et de la communication de mai 2002 au 31 mars 2004. Il avait été auparavant président du centre Georges Pompidou de 1996 jusqu'à sa nomination au gouvernement.

Artemis est la holding de contrôle de Pinault-Printemps-Redoute, empire de François Pinault, qui recouvre de multiples activités, notamment le Printemps, la Fnac, La Redoute, Gucci. Il est aussi présent dans les vignobles et l'assurance.

Dans la presse, PPR contrôle des titres tels que Le Point, L'Agefi, ou Historia.

Nomination au gouvernement

Nomination du gouvernement Raffarin (Politique) Par Judith Silberfeld -

On connaît désormais les noms des membres du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Parmi eux, il faut noter la présence d’au moins un homosexuel. Jean-Jacques Aillagon a en effet été nommé ministre de la Culture et de la Communication.

Ce professeur certifié d’histoire et de géographie a déjà fréquenté le ministère de la Culture, auprès duquel il fut détaché en 1976, alors que Michel Guy était ministre. M. Aillagon arrive à la mairie de Paris en 1985, en tant qu’adjoint au Directeur des affaires culturelles. Il devient lui-même directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris en 1993, avant d’être nommé président du Centre national d’art et de culture Georges Pompidou, par décret du 28 mars 1996.

Jean-Jacques Aillagon est ouvertement gay depuis plusieurs années, ce qui constitue une différence notable avec les gouvernements précédents. Vous le retrouverez en interview dans le prochain numéro de Têtu, en kiosque le 23 mai.

A ses côtés notamment Roselyne Bachelot au ministère de l’Ecologie, Jean-François Mattéi (rapporteur des lois sur la bioéthique en 1994 et sur l’adoption en 1996) au ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes handicapées (ça promet), Renaud Donnedieu de Vabres, ministre délégué aux Affaires étrangères, Patrick Devedjian, ministre délégué aux Libertés locales… On aura au moins échappé à Renaud Muselier, à l’origine de la pétition contre l’adoption par les homosexuels, un temps pressenti au ministère de la Jeunesse.

Homosexualité

Voici l'extrait de son interview au monde où il parle de sa sexualité :

"En affirmant ma liberté de vivre ma sexualité, et ce dans un contexte historique, géographique (la province), et dans un contexte familial très répressif, j'ai agi politiquement. Au-delà de mon sort, c'est la situation de tous les homosexuels qui était concernée par mon engagement".

Biographie

Jean-Jacques Aillagon, l'amour de l'histoire au service de la culture PARIS (AP) -

Nommé mardi ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon, 55 ans, était jusqu'à présent président du Centre Pompidou à Paris, à la tête duquel Lionel Jospin l'avait reconduit en mars dernier pour un troisième mandat. Spécialiste des grands événements culturels (cinquantenaire en 1987 du Palais de Chaillot, direction artistique du centenaire de Charles de Gaulle en 1990, année France-Egypte en 1997-1998), Jean-Jacques Aillagon a également présidé la Mission pour la célébration de l'an 2000.

Entre les deux tours de l'élection présidentielle, ce proche de Jacques Chirac avait organisé un rassemblement d'artistes contre l'extrême droite devant le parvis du Centre Pompidou.

Né le 2 octobre 1946 à Metz (Moselle), Jean-Jacques Aillagon, titulaire d'une maîtrise d'histoire moderne et d'un diplôme d'études approfondies d'histoire de l'art, a d'abord enseigné, dans les années 70, l'histoire et la géographie aux lycées d'Egletons et de Tulle, en Corrèze, dans le fief de Jacques Chirac.

Appelé par Jacques Chirac à la mairie de Paris, il a ensuite exercé divers postes importants au sein de l'administration culturelle parisienne: sous-directeur de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts (1978-1982), administrateur du Musée national d'art moderne (1982-1985), adjoint au directeur des affaires culturelles de la ville de Paris (1985-1988), directeur de la Vidéothèque de Paris (1992-1993), directeur des affaires culturelles de la ville de Paris (1993-1996).

Il était depuis 1996 président du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou. Premier président de Beaubourg à bénéficier d'un troisième mandat, il a refondu les statuts du Centre, dont les grands travaux de rénovation se sont achevés le 1er janvier 2000. Jean-Jacques Aillagon a aussi promu une politique d'expositions des collections du musée national d'art moderne (MNAM, une des composantes du Centre Pompidou) dans les grands musées de province.

Il ne cachait pas son désir d'être nommé rue de Valois. "Je serais hypocrite en démentant l'intérêt que m'inspire la Culture", expliquait-il en mars dernier à "Libération". "Si le sort m'y appelait, je saurais qu'y faire et avec qui", dans le "souci de l'intérêt général". Il cite parmi ses auteurs, compositeurs et peintres favoris François Villon, Clément Marot, Flaubert, Beckett, Monteverdi, Stravinski, Boulez, Velasquez, Manet ou Le Nain. Le nouveau ministre confiait récemment à "L'Express" aimer "la campagne au mois de juin, quand le jour semble ne jamais devoir finir", la "tolérance". Il s'efforce de se "jouer de la fatalité", admire les "infirmières et tous les héros discrets qui font leur métier d'être humain, loin des caméras". Et déteste "les conversations téléphoniques qui s'éternisent".

Questionnaire de Proust

Quel est le trait de votre caractère dont vous êtes le moins fier? Réagir trop vite. Encore que cela fasse souvent du bien.

La qualité que vous préférez chez un homme? La tolérance.

Et chez une femme? La même. La femme est homme.

Votre plus grande peur? Manquer d'air.

Que possédez-vous de plus cher? Pas grand-chose: je ne suis pas possessif.

Qu'avez-vous réussi de mieux dans votre vie? A me jouer de la fatalité. Et je continue.

Les noms que vous préférez? Les lieux-dits, témoins de l'histoire et de la géographie.

La figure historique à laquelle vous auriez aimé ressembler? Michel de L'Hospital, réconciliant catholiques et protestants.

Vos auteurs favoris? François Villon, Clément Marot, Flaubert, Beckett, Edmund White. Et petit message personnel: la poétesse Michelle Grangaud, auteur du Bébégaiement du beau Beaubourg.

Votre livre de chevet? La Légende dorée, de Jacques de Voragine.

La couleur que vous aimez? Celles du centre Pompidou.

Votre fleur préférée? L'hortensia.

Vos compositeurs préférés? Monteverdi, Rameau, Stravinsky, Boulez et Aperghis.

La chanson que vous sifflez sous votre douche? Aucune. J'aime trop le bruit de l'eau.

Vos peintres préférés? Vélasquez et Manet, Matthias Grünewald et Matta, Le Nain et Richter.

Votre film culte? Un revenant, de Christian-Jaque. Jouvet s'y appelle Jean-Jacques. On y entend: «Jean-Jacques est revenu. Quel culot!» On s'identifie souvent plus à son prénom qu'à son nom. Le prénom, c'est l'intimité.

Vos héros dans la vie réelle? Les infirmières et tous les héros discrets qui font leur métier d'être humain. Loin des caméras.

Votre boisson préférée? L'eau de source et le château-pape-clément.

Le talent que vous voudriez avoir? Savoir chanter.

Votre plus grand regret? Rien de rien...

Que détestez-vous par-dessus tout? Les conversations téléphoniques qui s'éternisent.

Si vous deviez changer une chose dans votre apparence physique? Trop de choses. Et, de ce fait, rien.

Comment aimeriez-vous mourir? Dans mon lit, calmement. Comme dit Pascal: «Mort soudaine, seule à craindre.»

Etat présent de votre esprit? Plein d'espoir.

Votre devise? Lue dans De l'esprit des lois, de Montesquieu: «Il faut mettre dans les vertus une certaine noblesse, dans les moeurs une certaine franchise, dans les manières une certaine politesse.»

(l'express)

Sa réaction officielle à la condamnation de 23 homosexuels en Egypte

La condamnation, au Caire, de 23 homosexuels est choquante, surtout dans un pays réputé pour sa tolérance.

Un nouveau fanatisme en Egypte Par JEAN-JACQUES AILLAGON

Jean-Jacques Aillagon est président du Centre Pompidou. Le mardi 20 novembre 2001

En 1996, la France et l'Egypte s'étaient accordées à présenter une saison culturelle conjointe sous le beau titre de «France-Egypte. Horizons partagés». Le commissariat général de cette manifestation m'avait été confié. Je l'avais exercé avec joie, avec curiosité pour la vitalité culturelle de l'Egypte, avec respect pour la qualité de mes interlocuteurs officiels, responsables d'institutions culturelles, artistes. La condamnation aujourd'hui, par un tribunal du Caire, de 23 hommes, à divers motifs visant, de fait, le délit d'homosexualité me chagrine et me choque. Je tiens à apporter à mes amis égyptiens le témoignage de mon indignation et aux représentants de ce pays que j'aime celui de ma protestation.

Ce procès a, de toute évidence, été motivé par le désir de donner à une frange intégriste de l'opinion des gages de rigueur. Il ébranle la tradition modérée de l'Egypte. Il accentue la régression de sa capacité à faire vivre dans la même république des femmes et des hommes différents. La difficulté d'être, dans ce pays, homosexuel rejoint celle d'y être copte.

Quel que soit l'attachement de la nation égyptienne à sa tradition religieuse majoritaire, même si l'islam y est religion d'Etat, on ne peut se consoler de constater l'irruption d'un fanatisme nouveau dans un pays dont la réputation de tolérance faisait l'une des qualités. Ce signal fâcheux se produit au moment où, la situation internationale faisant, se pose une nouvelle fois la question de la relation entre l'islam et l'islamisme, la question aussi de l'universalité ou de la relativité des droits de l'homme.

On aimerait croire que les droits de l'homme constituent une référence pour tous, que l'islam n'est pas ennemi de ces droits et notamment de celui à la différence... Qu'on nous en donne la preuve sans ambiguïté, sans réticence. Qu'on cesse de traduire des homosexuels devant des cours de justice. Qu'on permette à chacun de vivre son inclination sexuelle de façon sereine, avec simplicité et bonheur, dans le respect naturellement des autres et des lois qui honorent l'humanité, en Egypte, comme partout dans le monde.

Je n'oublie pas naturellement que l'effacement des discriminations sexuelles est, dans notre pays, une conquête récente et qu'il aura fallu attendre la loi du 4 août 1982 pour que l'homosexualité soit soumise, ni plus ni moins, au même régime légal que l'hétérosexualité, l'âge de la majorité sexuelle étant fixée à 15 ans pour l'une comme pour l'autre.

On se souvient que jusqu'à l'adoption de cette loi, toute relation d'un adulte avec une personne de même sexe de moins de 21 ans était tenue pour illicite. Rétrograde, cette législation l'était certainement, et régressive même puisqu'elle n'était rien d'autre que l'héritage en la matière de Vichy et du décret signé par le maréchal Pétain le 6 août 1942.

L'histoire de l'Occident montre que l'égalité des droits est une longue marche ponctuée par de telles régressions. Une longue marche commencée, en l'espèce, avec la dernière condamnation et l'exécution, en 1757, d'un certain Jacques François Pascal pour «crime contre nature» (et assassinat aussi il est vrai). Une longue marche jalonnée par la parfaite égalité pour les délits sexuels établis par le code civil dès 1810.

Est-ce une raison pour s'accommoder de ce qui se passe en Egypte en se résignant à ce qu'après tout chacun aille à son rythme, avec ses propres régressions? Non. Certainement pas. Ce serait faire insulte à ce pays de haute et vieille civilisation que de lui accorder les circonstances atténuantes que les tribunaux réservent habituellement aux brutes arriérées.

Notre devoir n'est pas de comprendre et d'admettre, tout en déplorant mollement, mais d'aider l'Egypte à faire plus vite son chemin que nous, en lui rappelant solennellement, sur cette affaire, une piteuse vérité qu'elle connaît bien.

Chacun ses traditions, peut-être, dans certaines limites... Mais, au moment où sort sur nos écrans Paragraphe 175, documentaire sur les persécutions des homosexuels par les nazis, que l'Egypte ait conscience qu'en stigmatisant l'identité sexuelle pour se différencier de l'Occident moderne, elle prend le risque de se rapprocher de la part la plus sombre de notre histoire.

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