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Parcours
Après
Stephen Gately des Boyzone en Grande-Bretagne, c'est au
tour de D'Gey, ancien membre des G-Squad de faire son coming-out.
Sa
bio officielle dit qu'il est né en Normandie, qu'il
a grandi entre la métropole et les Antilles. C'est
un enfant solitaire et il découvre très tot
la musique et la peinture. Il s'essaiera à ces deux
arts tout seul.
Au
divorce de ss parents, il revient en métropole et
devient mannequin pour gagner un peu d'argent. Au lycée,
il fait des croquis, écrit des chansons ...
Durant
le printemps 1996, il rencontre un agent qui lui fait passer
un casting pour former un groupe : les G-squad. Le groupe
marche fort c'est la période des boys bands. Conscient
que ce n'est qu'un phénomène de mode, D'Gey
quitte le groupe deux ans après pour entamer une
carrière solo.
Son
premier single ("chaque jour") rencontre un succès
d'estime, son second single ("j'ai du apprendre")
est un flop. Lucide quand au fait que le public ne veux
plus enendre parler des boys band, il se retire pour écrire
son album " C'Mon seul espoir " qui sort en 2002.
On
le retrouve régulièrement comme chroniqueur musique sur
PinkTV.
Bisexualité
(interview à gay.com)
J'ai
rencontré D'Gey la semaine dernière lors d'une interview
exclusive qu'il nous a accordé à l'occasion de la sortie
de son album "C mon seul espoir". Je m'attendais à trouver
un de ces mecs un peu nombriliste, sur le retour, avec dans
les yeux les milles étoiles perdues d'une gloire passée.
Bref, en un mot, le gars pas franchement intéressant. Le
genre "beau-et-con-à-la-fois", le Jacky de la chanson de
Brel. En fait, j'ai découvert, au fur et à mesure de notre
entretien, une véritable personnalité. Le cliché beau cul
et belle gueule - car je dois l'avouer : il est quand même
top, le galopin ! - a cédé la place à celui, plus abstrait,
de l'homme au sentiment profond, plus intérieur, plus captivant.
Allez, je le confesse, je suis tombé sous le charme de ce
garçon de 23 ans qui se livre sans ambages et sans arrières
pensées. D'une interview classique, nous avons glissé vers
un entretien plus intimiste - dont je vous livre les meilleurs
moments.
D'Gey,
que retiens-tu de ta période G-Squad ?
D'abord,
et c'est fondamental, j'ai vécu un rêve à 17 ans. Qui n'a
jamais rêvé de devenir une star avec tout ce que cela comporte
de basique dans l'imaginaire des gens : être connu, avoir
du fric, voyager dans le monde entier... En un mot être
considéré comme un demi-dieu. Car, il ne faut pas se leurrer,
tout était fait pour que nous soyons regardés ainsi. Ensuite,
j'ai acquis une maturité qu’ont rarement les gens de mon
âge. Grâce à cette expérience exceptionnelle, j'ai appris,
en très peu de temps, en quelques années seulement, à me
situer face à la vie. Je sais où se trouvent les vraies
valeurs de l'existence.
Comment
as-tu vécu le retour à l'anonymat ?
Ce
qui m'a fait le plus mal, c’est cette perte totale et radicale
de reconnaissance du public et des gens du métier. Là, je
me suis aperçu que nous n'étions qu'un produit commercial
et rien d'autre. Etre pris pour un "kleenex", ce n'est pas
ce qu'il y a de mieux pour se valoriser. Alors quand je
vois tous ces jeunes que les majors propulsent au rang de
star, en deux trois mouvements, je dis : "Attention ! Que
chacun prenne ses responsabilités".
C'est-à-dire
?
Ne
pas nous laisser seul sur le bord de la route dès que le
vent tourne. Un jour l'irréparable se produira. A ce moment-là,
il sera trop tard.
Tout
à l'heure, tu m'as parlé de vraies valeurs, peux-tu m'en
citer une ?
Je
considère par exemple que la simplicité est magique. Ce
qui m'a énormément manqué à l'époque des G-Squad, mais cela
on s'en aperçoit à posteriori, c'est ce manque de sincérité.
Il n'y a rien de plus fantastique que d'être en osmose avec
les autres. Mais pour cela il faut être humble et savoir
apporter quelque chose de véritable. Le fait de revenir
les pieds sur terre, après avoir été porté à des sommets,
apprend cela.
Tu
as travaillé longtemps ton dernier album, est-ce pour les
raisons évoquées à l'instant ?
J'ai
mis deux ans à façonner tous les titres de l'album. Je suis
un artisan. Et comme lui, je mets beaucoup de moi dans mon
ouvrage. Je m'inscris sur le long terme. En cela je suis
complètement différent de l'époque Boys Band où tout devait
aller vite. Je veux rendre le temps au temps. Et puis l'écriture
est un art majeur. J'apprends tous les jours. Chaque mot,
chaque note, chaque vibration est un accouchement dans la
douleur.
La
première chanson de ton album "New kind of love" parle de
l'amour sans discrimination.
Je
vois où tu veux en venir. Tu veux savoir si je suis gay
?
En
fait, j'aimerais que tu me dises si l'amour à un sexe ?
J'aime
profondément les gens. Je pense qu'à l'époque actuelle nous
avons le devoir sacré de nous aimer. Il est primordial d'aller
vers l'autre. Et peu importe son sexe. L'amour est le prolongement
de l'amitié. L'aspect extérieur est secondaire pour moi.
L'interpénétration entre les êtres humains est vitale, si
je puis m'exprimer ainsi (rires). Pour que tu comprennes
bien, pour être parfaitement clair, j'ai déjà eu des relations
sexuelles avec des garçons que j'aimais.
Mais,
globalement, tu as "aimé" plus de filles que de garçons
?
Tu
sais, mes premières expériences amoureuses homos ne datent
pas de très longtemps. D'ailleurs, j'ai quitté le dernier
mec avec qui j'étais pour une fille...
Penses-tu
avoir des enfants un jour ?
Absolument
pas. Nous vivons dans une société trop violente, trop individuelle,
trop égocentrique. Si nous ne tentons rien dans les prochaines
années pour changer ces états de fait nous allons droit
à la catastrophe, aussi bien en ce qui concerne l'environnement
que le social. Je suis très pessimiste sur le devenir de
la planète et des hommes. Je n'ai pas du tout envie que
mes enfants grandissent dans un tel monde.
Ainsi,
"C mon seul espoir" est très évocateur ?
Effectivement.
Je pense être l'archétype du gars qui cherche à être aimé
non pas pour ce qu'il représente mais pour ce qu'il est.
Je connais les ravages de la lumière, les dérives de la
popularité, les désillusions d'une situation basée sur l'éphémère.
Je me suis brûlé. Je me suis perdu. Je suis à présent en
quête de nouveaux repères. Mais au-delà de ma modeste personne,
je ne suis après tout que le fruit d'un système, c'est toute
une société qui devrait se remettre en question car, si
elle n'y prend garde, c'est peut-être à elle aussi son seul
espoir. Mais le sait-elle ?
Interview
vérité à Citegay
4.juin.2003
/
D'Gey se livre en long et en large à Citegay
D'Gey sera en show case au Nirvana le 8 Juin . CitéGay l'a
rencontré pour parler de son album C Mon Seul Espoir réalisé
sans aucune concession ...
Tof
: Tout d'abord peux-tu me dire ce que tu es devenu depuis
G Squad ?
D'Gey
: La fin de G Squad date de début 98 . J'ai sorti un single
en solo qui avait été bien accueilli, puis un deuxième qui
n'a pas du tout marché . Plus personne ne voulait des Boys
Bands . Ensuite j'ai pris du recul pour comprendre un peu
tout ce qui s'était passé et redescendre un peu sur terre
. J'ai finalement réalisé que j'avais envie de persévérer
dans le domaine de la musique . Par contre je voulais revenir
avec quelque chose de valable et qui me corresponde vraiment
. J'ai donc dû beaucoup bosser de manière à sortir le meilleur
de moi-même ...
Tof
: Tu gardes quels souvenirs de G Squad ?
D'Gey
: Excellents ! Tu imagines ? Voir son rêve de gosse se réaliser
à 16 ans, sortir un disque, voyager ...
Tof
: Justement du fait de ta jeunesse, tu as dû te sentir d'autant
plus perturbé ensuite ?
D'Gey
: Bien sûr, j'ai fini de grandir dans un univers qui n'était
pas "normal" entre guillemets . On a tendance à croire que
la vie se résume au succès, aux belles voitures et aux avions,
alors que bien sûr la vie ce n'est pas ça du tout . A un
moment donné on est forcé de redescendre . Ca reste tout
de même une super expérience, un réel apprentissage du métier,
un acquis qui me sert encore maintenant . Et puis les erreurs
que j'ai pu faire, je ne les reproduirai pas...
Tof
: Du fait de ton expérience en tant que membre de Boys Band,
tu dois avoir un regard particulier vis-à-vis des émissions
de real-tv qui s'évertuent à créer des stars ... Tous ces
jeunes sont-ils préparés à ce qui les attend ?
D'Gey
: On n'est jamais préparé au succès, aux paillettes, aux
sourires, parce qu'on ne sait pas que les gens ne sont pas
sincères ... Je vois ça comme un phénomène de mode . Celui
qui sort d'une telle expérience doit vraiment avoir quelque
chose à présenter . Ensuite de toutes manières les plus
forts restent et les plus faibles sont dégagés, mais ça
ce n'est pas forcément vrai que dans ce milieu, c'est vrai
dans tous les milieux.
Tof
: Comment a été conçu l'album C mon seul espoir ?
D'Gey
: A partir du moment où je me suis dit « je vais faire un
disque » ça a pris un an et demi, mais il y a des chansons
sur l'album, qui datent de plus longtemps . Techniquement,
on est deux à l'avoir fait . Je suis l'auteur de la plupart
des titres . Les autres ont été écrits par Stéphane Mondino
. Maintenant le choix de travailler avec un label indépendant
est important car j'ai vraiment eu le total contrôle de
mon disque . J'ai tout dirigé, chose qui aurait été impossible
avec une multinationale ...
Tof
: Comment travailles-tu pour la réalisation des titres ?
D'Gey
: Il n'y a pas de règles : l'écriture des textes ne vient
pas forcément toujours avant la musique et vice versa .
Ca part souvent d'un yaourt improvisé et de trois accords
. New Kind Of Love, que j'ai écrit il y a 3 ans et demi,
m'est venue d'un coup alors que je jouais de la guitare
dans mon jardin, d'une façon assez magique . C'était unique
!
Tof
: Cette chanson parle du droit d'aimer qui on veut, sans
notion de sexualité, et sans être jugé par les autres .
Le choix de l'anglais ne la rend elle pas moins accessible
au public français ?
D'Gey : Non, parce que la communication qui est faite autour
est tellement claire . Rien n'est caché si c'est ce que
tu sous-entends . Pas mal de chansons de l'album sont en
anglais, simplement parce que je trouve que ça sonne mieux
. J'ai fait des essais en français pour New Kind Of Love,
mais ça ne fonctionnait pas.
Tof
: Parler de ce sujet a dû être un choix délicat ...
D'Gey
: Tu sais New Kind Of Love n'est même pas pro Gay forcément,
son texte est valable pour toutes les façons d'aimer . Si
il y a des gens que ça choque, des anciens fans par exemple,
qui ne vont pas acheter mes disques parce que je suis pédé,
c'est que ces gens n'ont pas écouté ma musique, et donc
ils ne m'intéressent pas .
Tof
: C'est un retour à l'authentique en fait ...
D'Gey
: J'ai tellement été formaté à mes débuts, qu'aujourd'hui
je veux vraiment être moi-même . Mon objectif maintenant
est de pouvoir faire ma musique, en espérant que ça touche
mon public...
Tof
: Quelle a été la réaction de ta famille ?
D'Gey
: Ma famille était au courant depuis un moment, plus d'une
bisexualité . Ca n'a pas posé de problèmes à mes parents
. Ca s'est plus mal passé pour les grand-parents, qui ne
tenaient pas à ce que cela se sache (c'est râté !). Mais
le problème vient plus des différences de génération . La
seule chose que j'ai à leur dire c'est qu'on a qu'une vie
et qu'il faut la vivre . Sinon aucun souci de la part de
mon entourage proche .
Tof
: Tes chansons engagées ont-elles suscité des réactions
homophobes ?
D'Gey : Non, j'ai plutôt eu le contraire : Sur mon site,
je reçois des témoignages de jeunes de province qui ont
du mal à vivre ce qu'ils sont , le genre de situations extrêmes
qui peuvent mener au suicide . Ceux-là m'ont plutôt encouragé
en me disant merci . De toutes façons, je suis assez imperméable
aux attaques qui viennent des gens limités du cerveau ...
Tof
: Le ton général de l'album est assez mélancolique . Cette
mélancolie fait-elle partie de toi ?
D'Gey
: C'est clair ! L'angoisse de perdre la personne que l'on
aime, de la voir partir, je l'ai connue . L'écriture est
alors un bon moyen d'évacuer .
Tof
: Tu écris plus facilement dans les moments où tu ne vas
pas bien ?
D'Gey
: Pas forcément . Ca arrive quand il y a un trop plein d'émotions,
pas forcément négatives, un peu comme une cocotte-minute
qui menace d'exploser . Il faut alors écrire, sans pour
autant savoir dans quelle direction on va aller . Après
on synthétise ...
Tof
: Il y a aussi une autre chanson sur l'album, qui parle
d'homosexualité ...
D'Gey
: Oui c'est I'm Your Man . Elle est beaucoup plus récente
que New Kind Of Love, c'est une chanson cachée en fait sur
l'album . C'est une chanson que j'ai écrite au moment de
ma rencontre avec le mec que j'aime . J'étais tellement
heureux que j'ai ressenti le besoin d'écrire cette ballade
. Cette chanson est très personnelle ... Une chanson d'Amour
quoi !
Tof
: Quels sont tes projets ?
D'Gey
: Le vrai rendez-vous c'est mon Show Case du 8 Juin au Nirvana
, où je vais vraiment pouvoir montrer mon travail aux médias
. Et puis il y a le maxi de New Kind Of Love ...
Tof
: Merci Beaucoup D'Gey ! Nous serons tous au rendez-vous
pour t'applaudir !

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