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Anne Garréta

Née en 1962 à Paris

Ecrivain

Parcours

Née à Paris en 1962, elle y vécut 24 ans d'affilée. C'est une normalienne, c'est à dire une ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud.

Elle émigre aux États-Unis en 1986, peu de temps après la publication de son premier roman, Sphinx (Grasset, 1986). Le livre, salué par la critique, raconte une histoire d'amour entre deux personnages dont on ne peut connaître l'identité sexuelle. Elle écrit "Pour en finir avec le genre humain" (1987), pamplet sous forme de dialogue.

Elle enseigne sept ans la littérature des XVIIe et XVIIIe siècles à l'université de Princeton. Elle publie son second roman en 1990, Ciels liquides (Grasset), qui s'attache à décrire la descente aux enfers d'un personnage qui perd l'usage de la langue.

Elle devient pensionnaire à la Villa Médicis (à Rome) entre 1991 et 1992 et est membre de l'Oulipo depuis juin 2000. Son troisième roman, "La Décomposition" (Grasset), publié en 1999, met en scène un serial-killer utilisant comme modus operandi les personnages d'"A la Recherche du temps perdu" de Marcel Proust.

En septembre 2002 est sorti "Pas un jour" (éditions Grasset) pour lequel est obtint le prix Medicis.

Anne Garréta est aujourd'hui maître de conférences à l'université de Rennes II, enseigne en alternance aux Etats-Unis.

Autres publications: La nouvelle "La Pyramide" publiée en 1991,"Vol", nouvelle publiée dans le n°7 du Serpent à Plumes (1990), "Nuits" publié dans le numéro 24 (1994) de cette revue.

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Prix MEDICIS 2002 pour son livre : "Pas un jour"

Le prix Médicis 2002 a été décerné à Anne Garréta pour "Pas un jour" (Grasset). Anne Garréta est l’auteur d’un roman sur le désir lesbien, "Pas un jour", paru chez Grasset. Le titre renvoie au projet de la narratrice : "pas un jour sans une femme", pas un jour sans raconter un souvenir amoureux. En douze chapitres, qui s’ouvrent chacun sur une initiale, elle parle de femmes qui l'ont désirée ou qu'elle a désirées. "Ce prix ne va rien changer pour moi, à titre personnel ou individuel. Mais j'espère que mes lecteurs auront l'indulgence de me suivre dans mes futurs projets littéraires"(i-llico)

S'adressant ici à son double ou, pour reprendre une image souvent employée par elle, à son reflet dans un miroir, Anne F. Garreta se remémore, méthodiquement, en douze nuits douze histoires de désir. Douze femmes désirées, charnellement, symboliquement, avec froideur, avec amour. L'exercice est périlleux. Comment dès lors échapper aux critiques qui ne manqueront pas de tomber ? Comment répondre aux accusations de complaisance, de déballage intime ?… Anne F. Garreta anticipe les attaques en maniant la froide lame de l'ironie. Quand d'autres se laissent déborder par leurs propres désirs, elle, les dissèque au scalpel, non sans dérision (celle que l'on pouvait déjà trouver dans ses précédents romans, Sphinx, Ciels liquides, La Décomposition, ou dans son essai merveilleusement swiftien Pour en finir avec le genre humain). S'enchaînent donc les épisodes, tendres ou cruels, le plus souvent les deux à la fois. Et toujours cette mise en abîme du "reflet" se souvenant, écrivant, dissertant, un verre de cognac à portée de la main. Pas un jour, à sa manière inimitable, est un chef-d'œuvre de littérature potentielle (n'oublions pas qu'Anne F. Garreta est le dernier membre en date de l'Oulipo), posant en filigrane une passionnante réflexion sur ce qu'est un texte de fiction et proche par bien des aspects de l'immense grand incendie de Londres de Jacques Roubaud. Mais nous ne dirons pas ici pourquoi ce récit de mémoire est en fin de compte un roman. » (Frédéric Forte, ombres-blanches.fr)

Homosexualité

Le projet "pas un jour sans une femme" valait bien la chandelle : en un mois, cinq heures par nuit, retrouver, comme elles arrivent, des histoires d’amour avec ce qui va avec. Anne Garréta, spécialiste de littérature du XVIIIe siècle, homosexuelle ayant vécu entre Europe et USA, donne une vision universelle du sentiment amoureux, de l’abandon du/des corps dans l’acte sexuel, de la douleur d’être jetée, de l’indécision du désir. Garréta captive aussi bien dans la narration de chaque histoire singulière que dans ses propos intellectuels sur les rapports "littérature-sexe". Bel exercice final (elle ne manque pas d’humour). N’est-il pas vrai que "[…] la vie est trop courte pour se résigner à lire des livres mal écrits et coucher avec des femmes qu’on n’aime pas." (jules lefeuvre, i-llico)

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