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Parcours
Né
à Washington D.C. en 1944, A. Maupin s'installe à
San Franisco en 1971 et commence à publier, cinq
ans plus tard, ses premières Chroniques consacrées
à sa ville adoptive dans les colonnes du San Francisco
Chronicle.
Éditées
par la suite sous forme d'une série de six romans,
Les chroniques de San Franciso ont connu un immense succès
international. Centrées autour d'un petit nombre
de personnages extraordinairement attachants (Mme Madrigal,
Mary Ann, Brian, Mouse, Mona, DeDe Halcyon Day...), et d'un
lieu (le 28 Barbary Lane), les chroniques, oeuvre d'un immense
conteur, plein de verve et d'humour, constituent une extraordinaire
fresque sociale, d'abord remplie de fantaisie, lorsque l'action
se situe durant les "années Sida", puis empreinte
de gravité.
Il
a également écrit un roman "Maybe the moon",
tableau acidulé du monde hollywoodien, et "Une voix
dans la nuit".
Homosexualité
A
l'occasion de la sortie de son dernier roman Une voix dans
la nuit Le Club reçoit Armistead Maupin, chroniqueur
et journaliste célèbre pour ses Chroniques
de San Francisco mais aussi pour sa lutte dans la reconnaissance
des droits des homosexuels aux Etats-Unis. C'est un peu
son autoportrait qu'il dresse à travers le personnage
principal de son dernier roman, Gabriel Noone. " Le chroniqueur
radio Gabriel Noone est célèbre pour les histoires
qu'il écrit et lit à la radio la nuit. Quand
son petit ami va le quitter, le monde va s'effondrer autour
de lui. Plus question de radio. C'est alors qu'un jeune
garçon de treize ans, fan de ses émissions
et qui lui a envoyé son manuscrit à lire,
va entrer dans sa vie. Dans la nuit, il y aura deux voix
…au téléphone "
Le
Club : Votre dernier roman" Une voix dans la nuit " relate
l'histoire d'un animateur de radio qui, abandonné
par son petit ami, noue une relation amicale et paternelle
avec un jeune garçon qui est malade du sida ; qui
ne se vit qu'au téléphone… Comment est née
cette idée ?
Armistead
Maupin : Je voulais au départ travailler sur un suspense
hitchcockien, j'avais comme modèle un de ses films
" Vertigo " dans lequel la recherche d'identité m'intéresse
beaucoup. Et puis la-dessus, s'est greffé tout un
tas d'autres raisons beaucoup plus profondes dus à
des besoins dans ma propre vie et qui donne au roman des
sources et inspirations tout à fait autobiographiques.
Quand le protagoniste du roman, Gabriel Noone, est délaissé
par son petit ami, il doit faire face à des situations
inattendues, exactement les mêmes que celles que j'ai
vécues au moment où j'écrivais, les
difficultés relationnelles qu'il connaît avec
son père, sa belle-mère…etc. tous ces éléments,
je les connais parfaitement ils font partie de ma vie quotidienne
! Je venais d'être quitté par mon ami…. Je
me suis aussi inspiré des rapports difficiles avec
mon père, de ma meilleure amie ; peut-être
était-ce une occasion plus où moins consciente
d'adresser un message aux êtres importants de ma vie.
Un premier message d'amour à mon ex boy-friend puis
un autre à mon père visant à lui transmettre
tout ce que je n'ai jamais réussi à lui dire
de vive voix, si jamais il tombe sur le bouquin alors peut-être
comprendra-t-il certaines choses sur moi…je me suis inspiré
aussi d'une curieuse relation qui j'ai eu avec quelqu'un
et qui est restée durant des années uniquement
téléphonique pour imaginer le jeune garçon
Pete dans le roman avec lequel Gabriel Noone ne communique
que par téléphone….Mais c'est une histoire
sur laquelle je n'ai pas envie de m'étendre, le but
étant avant tout d'écrire sur des personnages
imaginaires. J'avais envie, sur le modèle Hitchcock
de travailler sur un livre qui serait populaire, qui, tout
en disant un tas de choses, saurait rester près des
gens… comme vous le voyez, beaucoup de facteurs ont contribué
à la naissance de ce roman !
Le
Club : Pourquoi ne donnez-vous pas de réponse au
lecteur à la question que se pose Gabriel Noone quant
à l'existence réelle de Pete ? Ecrivez-vous
rapidement? Quels sont vos projets ?
A.
M. : Je ne donne pas de réponse parce que je n'en
ai pas ! Quand Gabriel Noone est mis sur la voie du doute
quant à la réelle existence de Pete et qu'il
pense que c'est la mère de celui-ci qui a tout inventé
et qui se fabrique une voix d'enfant (tout du moins celle
qui prétend être sa mère) je ne pouvais
pas donner de réponse et j'ai préféré
laisser le lecteur dans le même état d'incertitude
et de frustration que Gabriel. J'écris au rythme
d'une où deux pages par jour, ce qui fait à
peu près un à deux ans pour écrire
un roman. Pour celui-là, j'ai mis un peu plus de
temps car j'ai commencé il y a huit ans, puis je
me suis interrompu, j'ai repris, il m'a fallu 5 ans…il a
donc été nourri d'une expérience étalée
dans le temps !…mes projets ? …. En ce moment, mon objectif
est de me reposer… dormir, promener le chien, fumer de la
marijuana…(rires) non ! Plus sérieusement, je travaille
sur l'adaptation des dernières Chroniques de San
Francisco pour la télévision puis aussi sur
une adaptation pour une comédie musicale à
Broadway….C'est incroyable ! Tous ces projets m'ahurissent
et m'étonnent…quand j'ai écrit mes premières
chroniques de San Francisco dans les journaux, il y a de
cela vingt cinq ans, j'étais à mille lieues
de penser qu'elles auraient le succès qu'elles ont
connu et qu'elles passeraient une certaine postérité….
Pour moi, à l'époque, elles étaient
trop inscrites dans le présent !
Le
Club : Vous représentez aux Etats Unis une figure
importante parmi le monde gay pensez-vous faire le lien
entre les hétéros et les homos et, à
votre avis, l'opinion américaine a-t-elle évolué
par rapport à l'homosexualité durant ces vingt
dernières années ?
A.
M. : Oh là mon dieu ! Il faudrait être fou
pour prétendre à pareil rôle ! Et je
ne sais pas si je suis capable de pouvoir représenter
un tel émissaire entre gays et hétéros
! …En revanche, on peut effectivement constater une véritable
évolution dans le regard que les gens portent aujourd'hui
sur l'homosexualité. Beaucoup de personnalités
très représentatives mais aussi très
intelligentes aux Etats-Unis ont fait leur " coming-out
", c'est à dire, ont annoncé publiquement
leur homosexualité et les Américains moyens
se sont rendu compte que des gens " très bien ",
très intelligents mais qui pouvaient aussi être
de leur famille, étaient homosexuels, ce qui a dédramatisé
la chose… Ce n'était donc par forcément une
tare ! Oui, en vingt ans, le regard a énormément
changé et de façon flagrante et si j'ai pu
contribuer à cette évolution là de
quelque manière que cela soit, alors, j'en suis très
fier !

Cette
page fait partie d'un site très complet sur les personnalités
gays, lesbiennes ou bisexuelles ayant révélé
leur orientation sexuelle. Si vous n'êtes pas passé
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