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Edmund White

Né le 13 janvier 1940 à Cincinnati (Ohio, Etats-Unis)

Ecrivain

http://www.edmundwhite.com/

Biographie et homosexualité

Il a été élevé à Cincinnati et à Chicago. Il a 7 ans quand ses parents divorcent : lui et sa soeur alternent d'un parent à l'autre. Il étudie le chinois à l'université du Michigan puis travaille comme journaliste et comme critique d'art dans des magazines de 1960 à 1983.

Il est membre du groupe d'écrivains "le Violet Quill" à New York. Ce groupe permet aux 7 écrivains gays de s'auto-critiquer entre eux. Il vit alors avec l'acteur Keith McDermott.

A partir de 1983, il vit à Paris, avec des séjours réguliers aux Etats-Unis. En 1985, il est diagnostiqué séropositif au VIH. 4 des 6 écrivains qui composaient avec lui le "Violet Quill" vont mourir pendant son exil français. "Pour moi, ces pertes furent définitives. Les témoins de ma vie, ceux qui avaient partagé mes références et le même sens de l'humour venaient de partir".

Il rencontre Hubert Sorin qui est gay mais marié. Au printemps 1989, Bill Cory, un jeune réalisateur américain fait un film en noir et blanc de 30 minutes sur Edmund White vivant à Paris. Un courte séquence montre Edmund et Hubert sortant ensemble. Hubert passe un test qui révèle qu'il est atteint du Sida. En mars 1994, Edmund enmène Hubert voir le Maroc une dernière fois. Hubert devient très malade et meurt peu de temps après. Edmund White écrira "L'homme marié" en 2000, livre basé sur la mort de Hubert Sorin (Julien dans le livre).

En 1995 Edmund White commence une relation avec l'écrivain Michael Carroll (né en 1965) : ils s'installent à New York en 1999.

Les romans de White, très inflencés par Vladimir Nabokov, comprennent "Oublier Elena" (1973), "Nocturnes pour le roi de Naples" (1978), et les deux premiers volumes de son autobiographie sous forme de tétralogie "Un jeune américain" (1982) et "La tendresse sur la peau" (1988). White complètera cette tétralogie avec "La bibliothèque qui brule" (1997) et "L'homme marié" (2000). Il écrira également "Le héros effarouché" en 1985 et "La symphonie des adieux" en 1997.

Il n'a pas écrit pas que des romans : c'est notamment un critique culturel très influent. Urbain, savant, sophistiqué, il va commenter la vie gay pendant vingt ans. Il sera très critiqué pour son anthologie "Gay Short Fiction" en 1992qui ne contient pas d'écrits d'hommes de couleur. Par contre, son "States of Desire: Travels in Gay America" en 1980 est devenu un classique de l'insouciante (et maintenant poignante) vie gay avant les désastres du Sida. Son livre "The Joy of Gay Sex: An Intimate Guide for Gay Men to the Pleasures of a Gay Life", écrit en 1977 avec le Dr. Charles Silverstein, présente à des millions de gays, hétéros et curieux, le nouvel ordre sexuel qui s'amorce. Il a également écrit une biographie de Jean Genet.

Dernièrement, "l'écorché vif" est paru, avec quelques unes de ses nouvelles.

Avis sur son livre "L'écorché vif" (lafactory.com)

On pourrait presque définir Edmund White comme l’anti Guillaume Touzet : contrairement à ce dernier, il y a un sens, une émotion, une intelligence dans ses textes. Cet auteur majeur nous démontre une fois de plus ses qualités dans ce recueil de nouvelles. Les personnes principaux sont tous homosexuels. Parfois autobiographiques, ces récits sont des tranches de vie, avec toujours un début rigoureusement déterminé, par exemple le retour au États-Unis ou une ballade dans la nature américaine, mais les fins sont toujours incertaines. En cela le recueil se distingue des romans, dont on attend toujours un début, un milieu, une fin. " Écorché vif " est écrit à fleur de peau par un auteur affirmant son identité gay. Les histoires d’amours masculines, les affres du sida… tout cela est donc présent, mais sans nous détourner de l’essentiel : l’universelle émotion, la sensibilité dans son sens le plus profond. " écorché vif " porte bien son nom…

Avis sur son livre "La bibliothèque qui brule"

(http://www.adventice.com/culture/livre23.htm)

La bibliothèque qui brûle rassemble une série de textes écrits par Edmund White sur près de trente ans. On y trouve en particulier une remarquable analyse de l'évolution du mouvement gay et de son rôle social depuis ses origines jusqu'aux heures sombres d'aujourd'hui, où il paie un lourd tribu au sida, un hommage à Vladimir Nabokov, celui qu'il considère comme son maître, une rencontre à New York avec Truman Capote, ou encore l'éloge funèbre de Robert Mapplethorpe, défense passionnée du travail tant controversé du photographe. Avec finesse, esprit, et une perspicacité jamais convenue, Edmund White offre unr éflexion pleine d'humanité et de sagesse sur les grandes fugures littéraires et culturelles qui l'ont le plus marqué.

Avis sur son livre "La symphonie des adieux"

(http://www.adventice.com/culture/livre05.htm)

Son dernier roman, "La symphonie des adieux", clôt la trilogie autobiographique entamée avec "Un jeune Américain" et poursuivie avec "La tendresse sur la peau". L'auteur y évoque ses souvenirs. Ultime panorama pour une sorte de révérence annoncée.

  Le dernier roman d'Edmund White est doublement ambitieux. Ambitieux dans son projet de mêler différents registres celui de la confession, celui de l'histoire de l'homosexualité ces dernières années (dans toutes ses dimensions) et enfin celui des mémoires.

Ambitieux aussi dans son écriture qui sait rendre, avec une très grande justesse, les sentiments et impressions de l'auteur. Fin de la trilogie entamée en 1982 avec Un jeune américain, ce roman télescope les souvenirs de nombreuses années de la vie d'Edmund White. Il s'agit donc, a priori, d'un roman autobiographique mais dont White, lui-même, nous prévient qu'il n'est pas "une transcription littérale de (son) expérience". En fait, il s'apparente davantage a un astucieux collage de réflexions et d'existences (celles de personnes connues ou non), de considérations sociales et d'observations méticuleuses, de souvenirs et de nostalgiques douleurs. Edmund White s'y livre sans détour et avec un talent d'introspection assez surprenant: "Je voyais deux psychiatres depuis plusieurs années mais je n'étais pas devenu normal, comme je l'avais espéré, et je n'avais pas accepté mon homosexualité, comme je l'avais craint".

Il évoque très largement sa sexualité et la grande liberté qui fut la sienne. "J'avais passé la barre de mes mille premiers amants mais c'était un chiffre qui pouvait représenter davantage un exploit pour les autres que pour moi. le sexe est un appétit qui doit être satisfait quotidiennement; même mille festins passés ne peuvent nourrir le corps pour le jour qui vient". Pour autant, La symphonie des adieux n'est pas habitée que par cette seule liberté même si l'auteur écrit que "la liberté sexuelle était la liberté tout court" rappelant que la révolte de Stonewall avait été "la défense d'un lieu de drague". Car, on le comprend justement à sa seule lecture, le titre de ce roman porte en lui son poids de douleurs et d'absences.

Crue et direct sur la sexualité, l'oeuvre de white l'est tout autant sur le Sida qui marque bien des personnes et des souvenirs. La disparition de Tom, celle de Michel Foucault, les conseils que s'adressaient les Américains entre eux pour se faire passer pour des Anglais ce qui, paraît-il, rassurait les Français, la perte de poids de l'auteur lui-même autant de tragédies ou de faits quotidiens qui donnent à voir la place de ce qui est bien plus qu'une maladie.

Ce roman a été très largement salué par la critique anglo-saxonne qui y voit une des plus grandes réussites de White. Ainsi Jeremy Reed, écrivain gay extrêmement talentueux mais méconnu en France, considère que "White, qui a toujours été un écrivain d'une profonde justesse psychologique, s'empare des grands thèmes de l'amour et de la mort avec maîtrise et courage. (...) Le livre donne voix à une vie marquée par un individualisme intransigeant et atteint un degré de tolérance et de compassion qu'on trouve chez peu d'écrivains". Un bel hommage qui ne peut qu'inciter à découvrir ce roman, merveille de complexité et d'émotion.

Avis sur son livre "L'homme marié" (gaysthouse.com, le 30 Juillet 2002 )

Comme chaque année, que vous soyez sur une plage, une rivière, un lac, ou une piscine, le roman des vacances s’impose. Edmund White, qui a goûté déjà aux fastes du succès avec Nabokov, nous plonge dans une «love story» qui ne connaîtra pas de «happy end».

L’homme marié nous présente Austin, un attractif journaliste d’origine américaine qui réside à Paris. A 49 ans, il a perdu tout espoir en amour et consacre la plus grande partie de son temps dans l’écriture d’un livre sur le mobilier du XVIIIè siècle en France. Mais toute cette routine va être chamboulée le jour où, dans une salle de sport, il rencontre Julien. Jeune architecte français, qui est d’ailleurs en instance de divorce. Cette rencontre lancera les deux hommes dans un amour passionné, qui ne se verra pas affecté le jour où Austin lui avoue qu’il est séropositif. L’amour semble plus fort que tout, et Julien accepte de rester à ses côtés. Mais des plus difficiles épreuves sont à venir, et Julien tombe malade à son tour. Ils partent alors vers l’Italie, les Etats-Unis, le Canada. Mais le destin est à leut trousse...

Un excellent roman, qui vous fera voyager au cours de vos longues journées de farniente. L’homme Marié Par Edmund White En POCHE : Aux éditions 10/18.

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