|
Biographie
et homosexualité
Il
a été élevé à Cincinnati
et à Chicago. Il a 7 ans quand ses parents divorcent
: lui et sa soeur alternent d'un parent à l'autre.
Il étudie le chinois à l'université
du Michigan puis travaille comme journaliste et comme critique
d'art dans des magazines de 1960 à 1983.
Il est membre du groupe d'écrivains "le Violet
Quill" à New York. Ce groupe permet aux 7 écrivains
gays de s'auto-critiquer entre eux. Il vit alors avec l'acteur
Keith McDermott.
A
partir de 1983, il vit à Paris, avec des séjours
réguliers aux Etats-Unis. En 1985, il est diagnostiqué
séropositif au VIH. 4 des 6 écrivains qui
composaient avec lui le "Violet Quill" vont mourir
pendant son exil français. "Pour moi, ces
pertes furent définitives. Les témoins de
ma vie, ceux qui avaient partagé mes références
et le même sens de l'humour venaient de partir".
Il
rencontre Hubert Sorin qui est gay mais marié. Au
printemps 1989, Bill Cory, un jeune réalisateur américain
fait un film en noir et blanc de 30 minutes sur Edmund White
vivant à Paris. Un courte séquence montre
Edmund et Hubert sortant ensemble. Hubert passe un test
qui révèle qu'il est atteint du Sida. En mars
1994, Edmund enmène Hubert voir le Maroc une dernière
fois. Hubert devient très malade et meurt peu de
temps après. Edmund White écrira "L'homme
marié" en 2000, livre basé sur la mort
de Hubert Sorin (Julien dans le livre).
En
1995 Edmund White commence une relation avec l'écrivain
Michael Carroll (né en 1965) : ils s'installent à
New York en 1999.
Les
romans de White, très inflencés par Vladimir
Nabokov, comprennent "Oublier Elena" (1973), "Nocturnes
pour le roi de Naples" (1978), et les deux premiers
volumes de son autobiographie sous forme de tétralogie
"Un jeune américain" (1982) et "La
tendresse sur la peau" (1988). White complètera
cette tétralogie avec "La bibliothèque
qui brule" (1997) et "L'homme marié"
(2000). Il écrira également "Le héros
effarouché" en 1985 et "La symphonie des
adieux" en 1997.
Il
n'a pas écrit pas que des romans : c'est notamment
un critique culturel très influent. Urbain, savant,
sophistiqué, il va commenter la vie gay pendant vingt
ans. Il sera très critiqué pour son anthologie
"Gay Short Fiction" en 1992qui ne contient pas
d'écrits d'hommes de couleur. Par contre, son "States
of Desire: Travels in Gay America" en 1980 est devenu
un classique de l'insouciante (et maintenant poignante)
vie gay avant les désastres du Sida. Son livre "The
Joy of Gay Sex: An Intimate Guide for Gay Men to the Pleasures
of a Gay Life", écrit en 1977 avec le Dr. Charles
Silverstein, présente à des millions de gays,
hétéros et curieux, le nouvel ordre sexuel
qui s'amorce. Il a également écrit une biographie
de Jean Genet.
Dernièrement,
"l'écorché vif" est paru, avec quelques
unes de ses nouvelles.
Avis
sur son livre "L'écorché vif"
(lafactory.com)
On
pourrait presque définir Edmund White comme l’anti Guillaume
Touzet : contrairement à ce dernier, il y a un sens, une
émotion, une intelligence dans ses textes. Cet auteur majeur
nous démontre une fois de plus ses qualités dans ce recueil
de nouvelles. Les personnes principaux sont tous homosexuels.
Parfois autobiographiques, ces récits sont des tranches
de vie, avec toujours un début rigoureusement déterminé,
par exemple le retour au États-Unis ou une ballade dans
la nature américaine, mais les fins sont toujours incertaines.
En cela le recueil se distingue des romans, dont on attend
toujours un début, un milieu, une fin. " Écorché vif " est
écrit à fleur de peau par un auteur affirmant son identité
gay. Les histoires d’amours masculines, les affres du sida…
tout cela est donc présent, mais sans nous détourner de
l’essentiel : l’universelle émotion, la sensibilité dans
son sens le plus profond. " écorché vif " porte bien son
nom…
Avis
sur son livre "La bibliothèque qui brule"
(http://www.adventice.com/culture/livre23.htm)
La
bibliothèque qui brûle rassemble une série de textes écrits
par Edmund White sur près de trente ans. On y trouve en
particulier une remarquable analyse de l'évolution du mouvement
gay et de son rôle social depuis ses origines jusqu'aux
heures sombres d'aujourd'hui, où il paie un lourd tribu
au sida, un hommage à Vladimir Nabokov, celui qu'il considère
comme son maître, une rencontre à New York avec Truman Capote,
ou encore l'éloge funèbre de Robert Mapplethorpe, défense
passionnée du travail tant controversé du photographe. Avec
finesse, esprit, et une perspicacité jamais convenue, Edmund
White offre unr éflexion pleine d'humanité et de sagesse
sur les grandes fugures littéraires et culturelles qui l'ont
le plus marqué.
Avis
sur son livre "La symphonie des adieux"
(http://www.adventice.com/culture/livre05.htm)
Son
dernier roman, "La symphonie des adieux", clôt la trilogie
autobiographique entamée avec "Un jeune Américain" et poursuivie
avec "La tendresse sur la peau". L'auteur y évoque ses souvenirs.
Ultime panorama pour une sorte de révérence annoncée.
Le dernier roman d'Edmund White est doublement
ambitieux. Ambitieux dans son projet de mêler différents
registres celui de la confession, celui de l'histoire de
l'homosexualité ces dernières années (dans toutes ses dimensions)
et enfin celui des mémoires.
Ambitieux
aussi dans son écriture qui sait rendre, avec une très grande
justesse, les sentiments et impressions de l'auteur. Fin
de la trilogie entamée en 1982 avec Un jeune américain,
ce roman télescope les souvenirs de nombreuses années de
la vie d'Edmund White. Il s'agit donc, a priori, d'un roman
autobiographique mais dont White, lui-même, nous prévient
qu'il n'est pas "une transcription littérale de (son)
expérience". En fait, il s'apparente davantage a un
astucieux collage de réflexions et d'existences (celles
de personnes connues ou non), de considérations sociales
et d'observations méticuleuses, de souvenirs et de nostalgiques
douleurs. Edmund White s'y livre sans détour et avec un
talent d'introspection assez surprenant: "Je voyais deux
psychiatres depuis plusieurs années mais je n'étais pas
devenu normal, comme je l'avais espéré, et je n'avais pas
accepté mon homosexualité, comme je l'avais craint".
Il
évoque très largement sa sexualité et la grande liberté
qui fut la sienne. "J'avais passé la barre de mes mille
premiers amants mais c'était un chiffre qui pouvait représenter
davantage un exploit pour les autres que pour moi. le sexe
est un appétit qui doit être satisfait quotidiennement;
même mille festins passés ne peuvent nourrir le corps pour
le jour qui vient". Pour autant, La symphonie des
adieux n'est pas habitée que par cette seule liberté
même si l'auteur écrit que "la liberté sexuelle était
la liberté tout court" rappelant que la révolte de Stonewall
avait été "la défense d'un lieu de drague". Car,
on le comprend justement à sa seule lecture, le titre de
ce roman porte en lui son poids de douleurs et d'absences.
Crue
et direct sur la sexualité, l'oeuvre de white l'est tout
autant sur le Sida qui marque bien des personnes et des
souvenirs. La disparition de Tom, celle de Michel Foucault,
les conseils que s'adressaient les Américains entre eux
pour se faire passer pour des Anglais ce qui, paraît-il,
rassurait les Français, la perte de poids de l'auteur lui-même
autant de tragédies ou de faits quotidiens qui donnent à
voir la place de ce qui est bien plus qu'une maladie.
Ce
roman a été très largement salué par la critique anglo-saxonne
qui y voit une des plus grandes réussites de White. Ainsi
Jeremy Reed, écrivain gay extrêmement talentueux mais méconnu
en France, considère que "White, qui a toujours été un
écrivain d'une profonde justesse psychologique, s'empare
des grands thèmes de l'amour et de la mort avec maîtrise
et courage. (...) Le livre donne voix à une vie marquée
par un individualisme intransigeant et atteint un degré
de tolérance et de compassion qu'on trouve chez peu d'écrivains".
Un bel hommage qui ne peut qu'inciter à découvrir ce roman,
merveille de complexité et d'émotion.
Avis
sur son livre "L'homme marié"
(gaysthouse.com,
le 30 Juillet 2002 )
Comme chaque année, que vous soyez sur une plage, une rivière,
un lac, ou une piscine, le roman des vacances s’impose.
Edmund White, qui a goûté déjà aux fastes du succès avec
Nabokov, nous plonge dans une «love story» qui ne connaîtra
pas de «happy end».
L’homme
marié nous présente Austin, un attractif journaliste d’origine
américaine qui réside à Paris. A 49 ans, il a perdu tout
espoir en amour et consacre la plus grande partie de son
temps dans l’écriture d’un livre sur le mobilier du XVIIIè
siècle en France. Mais toute cette routine va être chamboulée
le jour où, dans une salle de sport, il rencontre Julien.
Jeune architecte français, qui est d’ailleurs en instance
de divorce. Cette rencontre lancera les deux hommes dans
un amour passionné, qui ne se verra pas affecté le jour
où Austin lui avoue qu’il est séropositif. L’amour semble
plus fort que tout, et Julien accepte de rester à ses côtés.
Mais des plus difficiles épreuves sont à venir, et Julien
tombe malade à son tour. Ils partent alors vers l’Italie,
les Etats-Unis, le Canada. Mais le destin est à leut trousse...
Un excellent roman, qui vous fera voyager au cours de vos
longues journées de farniente. L’homme Marié Par Edmund
White En POCHE : Aux éditions 10/18.

Cette
page fait partie d'un site très complet sur les personnalités
gays, lesbiennes ou bisexuelles ayant révélé
leur orientation sexuelle. Si vous n'êtes pas passé
par la page principale, cliquez ICI
pour accèder à celle-ci.
|