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Parcours
et Homosexualité
Agrégée
de l’université, Geneviève Pastre, considérée comme une
grande figure du monde gai et lesbien, est aussi poète,
dramaturge d’avant-garde, historienne, linguiste, philosophe
essayiste et femme politique. Elle a produit une œuvre abondante
et multiple, dont tout particulièrement L’Espace du souffle
(éditions Bourgois), des essais brillant et visionnaires,
De l’amour lesbien (Pierre Horay et Les Amazones du mythe
à l’histoire, (éditions Geneviève Pastre). Poète et écrivaine
reconnue, elle contribue au développement et au rayonnement
de la littérature homosexuelle contemporaine(elle a créé
la première maison d’édition lesbienne en 1989 et en 1992
un prix de poésie des Octaviennes et des Gémeaux. Elle a
joué et joue un rôle incontournable depuis vingt-quatre
ans dans toutes les luttes lesbiennes,féministes et gaies.
(http://perso.wanadoo.fr/cgpif/Paris/fr/expos.htm)
Née
le 20 novembre 1924, date du Manifeste du surréalisme, Geneviève
Pastre a des racines triples : le Rhin, Mayence lieu de
sa naissance, la Lorraine où elle a passé toute son enfance,
et les grands Causses, Millau et toute sa région, terre
d'origine de sa famille depuis toujours. Et le monde à découvrir.
Malgré une enfance vouée à la danse et sa volonté affirmée
de s'y consacrer, elle est contrainte par sa famille à y
renoncer et à poursuivre des études littéraires. A 24 ans,
les termine par l'agrégation de grammaire, qui l'oriente
vers l'enseignement.
Cette
rupture avec ce qui donnait un sens à sa vie et à sa création
artistique provoque chez elle, avec l'expérience de le douleur,
le réflexe de l'écriture et la métamorphose en poète. Parallèlement,
elle suit des cours de mime (avec Marceau et Jacques Lecoq)
et, retrouvant ainsi la scène, crée son propre groupe, qui
devient compagnie théâtrale en 1974, sous le nom de THEATRE
DE L'ESCALIER, puis sous celui de "Compagnie Geneviève Pastre".
Ce sont alors des années de bonheur (près de vingt ans)
dans et par la création continue (au moins une création
annuelle). Après avoir publié des recueils de poèmes, des
textes et un essai sur l'amour, "De l'Amour lesbien", chez
différents éditeurs, elle crée une collection personnelle
: LES OCTAVIENNES, en 1985, et finalement, sa propre maison
d'édition en 1989 : LES EDITIONS GENEVIEVE PASTRE. Celles-ci
incluent sa première collection, à laquelle elle en ajoute
une seconde : LES GEMEAUX, puis d'autres: bibliophilie,
romans, essais, et une minipoche: COURANTS ASCENDANTS (48
titres en tout aujourdhui en octobre 2001).
Le
terme "Les Octaviennes" désigne aussi depuis 1988, une association
de femmes créatrices, (ouverte à toutes et ouverte sur le
monde) qu'elle a fondée et qu'elle anime, pour développer
un réseau culturel original autour de jeunes talents autant
que d'auteures confirmées. Cette association culturelle
fonctionne sur invitation et cooptation, de manière à préserver,
tout en les élargissant, les "affinités électives". (BP
4242 - 75160 Paris cedex 04).
Elle
vient de tenir son neuvième Salon ouvert au public en février
2002. Au Prix de Poésie décerné, s'ajoutent depuis 1998
un Prix Interarts, un Prix "Les Gémeaux", (créé en 1999)
pour les poètes gais qui avaient concouru spontanément dès
1997.
Déjà
en 1990, elle avait organisé le Troisième Festival européen
de l'écriture gaie et lesbienne à Paris, "Anticipations
Festival" qui a réuni près d'une centaine d'écrivains et
d'écrivaines, de critiques, de traducteurs/trices et d'éditeurs/trices
(débats, salons littéraires, spectacles, etc.). Les premiers
salons organisés dans le cadre de FALGWE (la fédération
européenne) avaient eu lieu à Londres en 1987, puis à Rotterdam,
"Satisfiction" en 1989.
Elle
a enfin créé, en 1985, un groupe d'écriture expérimentale
: TENDI MUNDI qui a participé, entre autres, à la Foire
de la Poésie de Paris, aux Journées internationales de poésie
de Rodez. Elle a également animé un atelier aux Rencontres
Nationales d'Ateliers d'Ecriture à Aix- en-Provence en février
1993. Elle participe aussi en tant qu'auteure et éditrice
aux Salons de l'Homosocialité, et à celui de la Salle Wagram
et de Cineffable. Avec les Octaviennes elle dit ses textes
dans des récitals donnés en public (restaurants de femmes
et autres manifestations publiques).
Elle
se partage ainsi entre l'écriture, la mise en scène, la
poésie, la recherche philosophique, sociologique et anthropologique,
fait des communications dans de nombreux colloques et festivals,
a été invitée sur des TV tant étrangères que françaises.
Pendant dix années, elle a animé une émission hebdomadaire
sur Radio-Libertaire, "Les Affinités électives".
Elle
a utilisé parfois divers pseudonymes, en tant que critique
ou romancière.
Elle
vient de créer un parti politique, les Politides (ou Mauves).
Il propose un projet global de société, redéfinit l'homme
sur des bases modernes, être d'expression et relationnel,
en particulier en intégrant les sexualités dans son expression
fondamentale et en se positionnant d'une façon décisive
et radicale sur les grands sujets d'actualité sociaux, droits
de l'homme, politiques (famille, enfant, etc.), et prend
position publiquement chaque fois que l'événement l'exige.
(http://www.gpastre-editions.com/auteurs.htm)
Grandes
dates
En
1976 entrée en militantisme (seuil du politique): les "lesbiennes
féministes" qui succèdent immédiatement aux "gouines rouges".
1977
milite à Choisir la cause des femmes (assoc créée par Gisèle
Halimi).
1978
co-auteure et coordinatrice avec Gisèle Halimi et Andrée
Michel du "Programme commun des femmes" (ouvrage collectif
édité par Choisir la cause des femmes paru chez Grasset
en janvier 78). Se présente aux élections législatives dans
le quinzième arrondissement dans le cadre "100 femmes pour
les femmes".
1979
participe à la création du CUARH, puis,devant l'inféodation
poltique de ce dernier, à celle de la RHIF (dont elle est
vice-présidente).
1981
entre à Fréquence gaie dont elle assure la présidence de
1982 à 1984, dont elle défend avec vigueur la dimension
thématique, communautaire, plurielle et associative,et l'indépendance
financière morale et politique, mais dont elle démissionne
de la présidence avec fracas devant une majorité silencieuse
face à la volonté de nouveaux venus d'imposer une dénaturation
totale de l'esprit radio et de ses engagements formels (radio
d'information en particulier "boursières" (sic), devenue
futur génération, FG,et métamorphosée en radio commerciale
sans message. Y assure, outre ses fonctions de présidente,
une émission hebdomadaire "Voyage en grande Lesbianie",
suivie de " Voyage en haute Lesbianie " sur les écrivaineslesbiennes
du début du siècle.
1981
est pressentie par le Cuarh pour être candidate "homo" à
le Présidence de la République. Pour des raisons politiques
(?), le projet reste sans suite.
1981
fait partie des homosexuel/les à avoir poursuivi pour diffamation
l'évêque de Strasbourg, Elchinger, à l'occasion de la conférence
de l'ILGA (l'action menéepar 22 personnes au départ, s'est
terminée à trois (Jean Le Bitoux, JacquesVandemborghe et
Geneviève Pastre), après avoir épuisé toutes les instances
françaises,devant la cour européennes des droits de l'homme.
La plainte pour des raisons obscures n' a pu obtenir d'y
être examinée.
1981
participe à l'émissions à l'ORTBF de " Fragments de bonheur
" témoignages à partir du livre. A la suite de la mise à
la retraite immédiate d'Eliane Morissens, qui avait participé
comme elle à l'émission et dit aussi son homosexualité ;
professeur (comme elle) dans le Hainaut, lance en France
et dans toute l'Europe , avec l'aide de la RHIF (dont le
président est Vincent Legre) un Manifeste, dans l'esprit
de celui du Manifeste pour l'avortement dit des 343 salopes
: " je suis lesbienne /homosexuel ". Il obtient plus de
500 signatures dont 370 françaises. Aucun journal quotidien
ou hebdomadadaire n'accepte de le faire paraître, sauf le
Gay Pied où Jean le Bitoux le publie dans son numéro du
mois d'août 1981.
1983/1984
participe à la création de l'association " Mémoires des
sexualités", destinée à devenir une fondation pour archiver
les legs et dons privés des gays et lesbiennesdans les meilleurs
conditions 1985 crée, avec un petit groupe de poètes lesbiennes
réunies à Céré-la -ronde, un atelier d'écriture expérimentale
"Tendi mundi ", qui poursuit fort librement ses activités
encore aujourd'hui Fait partie du comité de soutien de SOS
Racisme.
1987
participe au premier symposium européen de l'écriture gaie
et les à Londres et à la création d'ALGWE.
1988
participe au 2ème Symposium à Rotterdam, "Satisfiction".
1988 crée une association culturelle "les Octaviennes".
1989
crée le première maison d'éditions lesbienne (ouverte aux
gais et aux hétéros non homophobes) : les Editions Geneviève
Pastre (qui a une cinquantaine de titres au catalogue aujourd'hui).
1990
organise à Paris le 3ème festival d'ALGWE "Anticipations-
Festival". participe activement (débats et atelier) à toutes
les UEH de Marseille depuis leur fondation en 1979.
1992 organise une table ronde sur les homosexualités à Sociologie
IV à Montpellier. participe au premier colloque national
des ateliers d'écriture organisé par Claire Boniface à Aix
en Provence Fait partie du comité de soutien du CCUC.
1994
crée un club politique en vue d'un parti : les Politides
, ou Mauves.
1995
se présente en candidate de " témoignage ", à titre personnel,
à la Présidence de la république. Fait campagne à Paris
et dans plusieurs villes de province. Depuis 1989 jusqu'en
juin 2000 assure, sur Radio Libertaire, une émission sur
l'actualité et la culture gaie et lesbienne, "Affinités
électives".
Depuis
1996 fait connaître les "Politides ou Mauves", multiplie
les contacts, publics et privés précise sa philosophie et
son projet concret.
Mars
1998 présentation publique du Parti dans le quartier des
halles.
1998
communication dans le cadre d'un colloque organisé à l'
Ecole normale de la rue d'Ulm sur le je sujet face aux sciences
humaines qui soutient la nécessité et annonce l'existence
d'une parti politique nouveau : les Politides).
Publications
- PIERRE ECLATEE, Ed. St Germain des Prés, Miroir Oblique,
1972, épuisé. - FLEUR DANS LE VENTRE VERT, Ed. Millas-Martin,1973,
épuisé. - ON GASPILLE L'AMARRE ICI, Ed. St. Germain des
Prés, Poètes contemporains,1975 , épuisé. - 7-14-17 ou ARCHITECTURES
D'EROS, Ed. Subervie, Rodez, 1978. - L'ESPACE DU SOUFFLE,
Ed. Christian Bourgois, coll. blanche, 1977 réédité aux
éditions Geneviève Pastre, Paris 1990
-
DE L'AMOUR LESBIEN (essai); Pierre Horay Paris, 1980, B.
Pivot renonce à la dèrnière minute l'émission sur le livre
et le sujet et programme " Le lit à une place " de F. Dorin.
Traduction allemande à Berlin en 1983 chez Sissiverlag.
- OCTAVIE ou La deuxième Mort du Minotaure, coll. Les Octaviennes,1985
- Le "JE" femme/ homme" in L'homosexuel/le dans les sociétés
civiles et religieuses, CERDIC/CNRS Strasbourg (colloque),1985
- FULVIE ou Voyage à Delphes, coll. Les Octaviennes, 1986.
- ATHENES et le PERIL SAPHIQUE , , en réponse à la " Volonté
de savoir de M, Foucauld coll. Les Octaviennes, 1987 - PRELUDES
POUR UN LARGO, illustré par Madeleine Scellier, sur pur
vélin Johannot, tirage limité, imprimerie de La Charité,
Montpellier, coll. les Oct.1988. - Le NOUVEAU manuel d'ORTHOGRAPHE,
(traité d'esthétique de la grammaire et du langage), coll.
les Oct.,1991.( pamphlet et petit traité contre les maniaques
conservateurs de l'orthographe traditionnelle et d'une certaine
conception du langage et de la langue, donc aussi de la
sexualité et de la politique) - ESTAMPES, coll. Les octaviennes,1993,épuisé
- ESPACES ALEATOIRES, coll. Les octaviennes,1993, épuisé.
- AMELIE ou Ondes de choc ( in "Mit Würde und Feuer",Wien
Frauenverlag, 1993. - TROIS GORGEES DU MODESTE ROYAUME,
éd. G. Pastre ,1995. - LE BIEN AIMER,essai sur l'art d'aimer,1996
- 1997 "LES AMAZONES, DU MYTHE A L'HISTOIRE" deuxième volet
d'un ensemble consacré à cette inconnue ou méconnue l'homosexualité
féminine dans l'antiquité - 1999 publication d'un article
philosophico politique dans Triangul'ère (éd. C. Gendron)
- 2000: ONDES CONCENTRIQUES (version originaled'AMELIE)
- POEMES traduits en anglais par J.Lapiduspubliés dans la
revue Poetry sous la direction de Marilyn Hacker et de John
Talor - 1996 2000, en préparation ses Mémoires : UNE FEMME
EN APESANTEUR , plusieurs publications poétiques en vue.
(http://www.lesmauves.org/tete.htm)
Ses
mémoires (i-llico)
Geneviève
Pastre a participé au mouvement gay de son émergence à aujourd’hui.
Elle nous raconte tout dans ses mémoires, "Une femme en
apesanteur". Rencontre à son domicile, autour d’une tasse
de thé… Par Tim Madesclaire "Ce livre, je l’ai écrit comme
ça venait". Geneviève Pastre nous a livré ses mémoires,
au sens propre, comme elles lui revenaient donc. Pour ce
portrait, on va faire pareil. C’est sans doute la seule
façon de ne pas trahir la "femme en apesanteur" (titre de
l’opus), en lévitation presque, qui a traversé la moitié
du siècle dernier et aborde ce nouveau avec la légèreté
qui sied aux destins particuliers. "J’ai remonté le temps,
de très loin à très près". Comme si le Temps était une série
de rushes. Je ne sais pas quel âge elle a. Elle était enfant
en 36. Je ne sais pas tout de son enfance, apparemment assez
heureuse, même si trop étouffante à son goût. Même si, surtout,
on lui a empêché, très jeune, de s’adonner à sa passion,
la danse. Elle s’est réfugiée dans les études, jusqu’à l’agrégation,
de grammaire plutôt que de philo : "Je ne voulais pas de
ces grands système. J’ai fait de la philo jusqu’à ce que
je j’ose penser par moi-même". Puis, après un détour par
le mime, elle plonge dans le théâtre, underground, forcément,
tendance "living theatre" et happening : elle parle de la
scène comme un "espace vide" à remplir, c’est le titre d’un
manifeste de Peter Brook. Elle écrit les pièces qu’elle
monte, jamais — ou très peu — de répertoire.
Elle
a été mariée. Sans amour. A eu deux filles. Avec beaucoup
d’amours. Maintenant retraitée, elle a enseigné dans un
lycée expérimental, monté une compagnie de théâtre. Elle
a toujours cherché un ancrage politique. Elle est curieuse
de toute son époque, elle, la spécialiste de l’Antiquité.
"J’ai l’impression d’avoir participé à une épopée. Je suis
tellement contente de voir de jeunes gens vivre bien leur
homosexualité. Dans les générations précédentes, il y avait
des déformations de leur personnalité". Geneviève n’a rien
de ces aînés acariâtres qui se plaignent de la tournure
des choses, juste parce que la communauté gay aujourd’hui
ne ressemble pas à la projection fantasmatique qu’ils en
avaient conçue. Mais elle ne se gêne pas pour dire ce qu’elle
pense, quitte à balancer quelques vachardises bien senties,
mais pas déméritées à l’encontre de ceux qui lui ont mis
des bâtons dans les roues. Dure aussi avec les lesbiennes
militantes radicales : "Je leur reproche de chercher à être
une "bonne" lesbienne plutôt que simplement une lesbienne
heureuse. Elle se souvient aussi que quand son livre "De
l’amour lesbien" est sorti en 1980, ce sont les garçons
qui l’ont le mieux accueilli. Geneviève Pastre n’a rien
d’une "femme assise". A son actif : la direction de Fréquence
Gaie au début des années 80, des collaborations à la presse
féministes et gay, la création d’une maison d’édition (les
Octaviennes), une participation active à des mouvements
politiques (la liste électorale de Gisèle Halimi "Choisir"
en 78, le Cuarh, le "Comité pour un contrat d’union civile",
une bonne dizaine d’ouvrages, des colloques à n’en plus
finir, une candidature à l’élection présidentielle de 95...
Toujours
sur LA scène. "Je ne suis pas une activiste. Je suis poète
et danseuse." Et pas moutonnière. Elle décortique avec finesse
les relations conflictuelles entre les lesbiennes et les
féministes, mais aussi entre les féministes et les gays
: "un rapport boiteux". Elle se méfie des systèmes trop
abstraits, "énormes marteaux pour écraser une puce", préfère
remonter à une source philosophique, catégorie éthique,
avec l’individu à la base. Après des années de militantismes,
elle fonde un parti, les Mauves, qui a présenté trois candidats
aux dernières législatives. C’est presque une idée technique
: "Les associations se situent en dessous d’un projet qu’il
faut élaborer. Elles dépendent trop du bon vouloir d’un
parti, d’un député qu’il faut courtiser. Avec un parti,
on est à égalité." C’est la structure qui l’intéresse, pour
faire passer des idées. En l’occurrence, défendre et représenter
les minorités, les fédérer, dans un parti qui afficherait
que "l’homme est plus important que le citoyen". Geneviève
parle, parle et parle encore, pas d’elle, mais de la vie,
de la société, raconte des anecdotes hilarantes, s’enflamme
pour un rien. Comme quand on a 20 ans, elle refait sans
cesse le monde, car elle sait que ce n’est pas une perte
de temps, mais un impératif.

Cette
page fait partie d'un site très complet sur les personnalités
gays, lesbiennes ou bisexuelles ayant révélé
leur orientation sexuelle. Si vous n'êtes pas passé
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