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Ani DiFranco

née le 23 septembre 1970 à Buffalo (dans l'Etat de New-York, Etats-Unis)

Chanteuse

Présentation

Comment definir Ani pour ceux qui ne la connaissent pas... mission impossible..! C'est pas grave la bande s'est auto detruite, je me met au boulot..

Tombée dans la musique folk quand elle etait toute petite (c'est pour ça qu'elle a pu besoin de potion maintenant..). Elle affirme très tôt son caractère independant (on dirait rebelle dans une BD..) en refusant de signer pour une maison de disque officielle pour son premier disque (..à 19 ans..), s'appercevant que ce genre de contrat s'apparente plus à une forme d'exploitation de l'artiste qu'a autre chose (cette attitude "d'empècheuse de tourner en rond" auprès de l'industrie toute puissante du disque lui vaut d'ailleurs l'admiration de Prince, specialiste embrouilles avec ses maisons de disque).

Que faire alors .. facile (!) : monter sa propre maison de disque et s'occuper de tout .. aussitot pensé aussitot fait!: le label Righteous Babes est né.
Voila un premier petit apperçu du personnage.

L'attribut "Folk-punk" utilisé par les critiques musicaux pour decrire son style de musique , s'applique en fait plus a son état d'esprit , et à son attitude anticonformiste. Les paroles de ses chansons et son attitude antistar ("I'm no heroine") étant la pour en temoigner.
En fait de style musical on devrait plutot parler de styles musicaux.. En effet son evolution permanente est flagrante lorsque l'on constate à quel point les interpretation de certaines de ses chansons peuvent changer d'une tournée à l'autre.

Son premier disque (Ani difranco) à une tres forte couleur "folk, folk-énervé" (sa voix ses mots et sa guitare).
Au cours des années (elle sort quasimement un cd par an), avec l'arrivée d'une section rythmique exceptionelle (Andy Stochansky à la batterie et Sarah Lee à la basse), ses compositions et arrangements s'etoffent considérablement (le double live "Living in clip" en est une preuve indiscutable).
Dernièrement Jason Mercer et Daren Hahn ont remplacé Sarah et Andy dans le groupe et Julie Wolf (Clavier) est venu s'ajouter au trio; et Ani a laissé des rivieres funky-jazzy pénétrer sa musique , étoffant ainsi sa palette musicale.
Donc, ...sI ça voulait dire quelque chose..., on qualifierait la musique d'Ani d'urban-folk-punko-rocko-funky-jazzy-alternatif... le mieux c'est quand meme de l'écouter !!!

Et pour l'écouter rien ne vaut de la voir en concert!
AussI impressionante à écouter qu'a voir se dépenser sur scène, on peut alors aprecier toute sa technique de guitare ..unique (enfin sI vous trouvez quelqu'un quI a la même faites moI signe..)
Sa principale caractéristique est sa façon fascinante de boxer les cordes, ce qui d'ailleurs s'accorde parfaitement avec ses mots prenant un malin plaisir à boxer tous les travers de notre société (injustices et intolérances de toutes sortes....). Ce quI ne l'empeche pas de savoir ausss ranger ses gants pour exprimer la face plus sensible de son instrument et de son ame.

( http://sophiedrx.free.fr/ani.htm )

VoicI la liste de ses albums (une bien belle production !)

demo- 1989 (unreleased) / ani difranco- 1990 (the first album) / not so soft- 1991 / imperfectly- 1992 / like I said - 1993 / puddle dive- 1993 / out of range- 1994 / not a pretty girl- 1995 / dilate- 1996 / living in clip- 1997 / little plastic castle -1998 / up up up up up up - 1999 / to the teeth - 1999 / revelling / reckoning - 2001 / so much shouting, so much laughter - 2002

Dernière minute : Ani DiFranco avance toujours ... La militante folk et féministe (et ouvertement bisexuelle) a intitulé son prochain album Evolve . "Je me suis sentie évoluer lors de l'enregistrement des dernières chansons de l'album" a-t-elle expliqué. Ce sera son douzième album en treize ans de carrière. Deux des chansons d' Evolve avaient déjà été jouées sur scène lors de sa dernière tournée.

Bisexualité

Ani DiFranco est fièrement féministe, bisexuelle et clairement engagée dans la lutte contre les "anti -bi ". Sa chanson "In or Out" parue dans son album de 1992 "imperfectibly" est devenu un des piliers de la communauté bisexuelle avec des paroles comme "I just want more than one membership to more than one club, because I owe my life to the people that I love..." En 1998, elle a choqué ses fans les plus fanatiques en se marriant avec Andrew Gilchrist.

Vous pouvez retrouver sur le site http://www.geocities.com/anidifrancofrance/problemes.html un classement des chansons d'Ani DiFranco par thèmes. Celui de la bisexualité se retrouve dans The Whole Night / If It Isn't Her / In Or Out / She Says / Light Of Some Kind / Shameless. D'autres thèmes comme l'abus sexuel (écoutez surtout Hyde and Seek) l'avortement, les relations homme/femme, le racisme sont, bien entendu, présents.

Sa chanson "In or Out"

guess there's something wrong with me
guess I don't fit in
no one wants to touch it
no one knows where to begin
I've got more than one membership
to more than one club
and I owe my life
to the people that I love

he looks me up and down
like he knows what time it is
like he's got my number
like he thinks it's his
he says,
call me, miss difranco,
if there's anything I can do
I say,
it's mr. difranco to you

some days the line I walk
turns out to be straight
other days the line tends to
deviate
I 've got no criteria for sex or race
I just want to hear your voice
I just want to see your face

she looks me up and down
like she thinks that I 'll mature
like she's got my number
like it belongs to her
she says,
call me, ms. difranco
if there's anything I can do
I say, I 've got spots
I 've got
stripes, too

their eyes are all asking
are you in, or are you out
and I think, oh man,
what is this about?
tonight you can't put me
up on any shelf
'cause I came here alone
I 'm gonna leave by myself

I just want to show you
the way that I feel
and when I get tired
you can take the wheel
to me what's more important
is the person that I bring
not just getting to the same restaurant
and eating the same thing

guess there's something wrong with me
guess I don't fit in
no one wants to touch it
no one knows where to begin
I 've more than one membership
to more than one club
and I owe my life to the people that I love

Article sur son album "To the teeth" de MCM.net en 1999

Ani DiFranco n'a pas encore 30 printemps mais déjà plus de 15 productions à son actifs (et 2,5 millions d'albums vendus!). La guitariste revient sur le devant de la scène entourée, s'il vous plait, de Maceo Parker et Prince.

Largement mésestimée de ce côté-ci de l'Atlantique, la folkeuse de Buffalo n'a pourtant rien à envier aux plus grandes; de Tori Amos à Sherryl Crow en passant par Alanis Morissette ou même Fiona Apple. Toutes, et bien que parfois plus âgées, revendiquent sa filiation spirituelle et musicale. Engagée, professionnelle jusqu'au bout des ongles, Ani DiFranco est considérée par la presse yankee comme "l'une des musiciennes les plus influentes de la dernière décade".

Pour enregistrer ce nouvel album, elle s'est offert - en plus de Righteous Babe Records, le label qu'elle a monté de toutes pièces - un studio flambant neuf à domicile. Un lieu de vie unique où tous ses collaborateurs et amis ont pu prendre le temps de bien faire les choses sans que le producteur exécutif ne s'affole à le moindre journée de studio perdue.

Le résultat s'en ressent immédiatement. Plus apaisés, toujours plus riches (mais évitant soigneusement le tape-à-l'œil), plus funky aussi , les titres prennent le temps de se déployer et les instruments de s'exprimer. Citons d'ailleurs parmI la grosse vingtaine présents le saxophone baryton et la flûte de Maceo Parker (toujours au meilleur de sa forme en side-man), la batterie et les platines de Daren Hahn, la basse subtile de Jason Mercer, les claviers improbables et sensuels de Julie Wolf, la trompette et autre tuba et trombone de Brian Wolf, les guitares et banjos d'Ani DiFranco et Kurt Swinghammer, la voix discrète de Prince.

La production, toujours supervisée par Ani DiFranco, a pris également un sacré bain de jouvence, nous renvoyant même parfois à celle de M. Beck, première mouture; quand folk et groove ne faisaient qu'un.

Extrêmement intime, fort en sens et en émotions, "To The Teeth" est paradoxalement le fruit d'un gros travail collectif parfaitement orchestré par une druidesse au faîte de son art. Au point qu'en cette période de questionnements pré-millenaires, ce cookie prendrait presque des airs d'idéal musical; de synthèse-maîtresse

Interview en 2004

L'œuvre d'ANI DIFRANCO décape sans cesse le vernis qui recouvre les vieilles idées conformistes, les attitudes réfractaires au changement. Et devant la chanteuse, vous ne pouvez mentir, vous ne pouvez être que vous-même. Au plan musical, le folk, le punk, le soul et le jazz ont influencé sa façon de chanter et de jouer de la guitare, forgeant cette langue originale qui vient vous chercher au fond des tripes. Certes, le double album Revelling/Reckoning s'avère une réussite remarquable. Toutefois, l'entrevue que l'artiste nous a accordée permet de considérer le récent album en solo, Educated Guess, non comme un épisode transitoire, mais comme une œuvre importante, à part entière. Ani DiFranco se raconte au temps présent.

Dans quel contexte particulier en êtes-vous venue à créer Educated Guess?
"J'étais profondément abattue. Je venais de quitter mon chum, je venais de dissoudre mon groupe. Je n'étais jamais seule. La solitude vint à me manquer. J'ai quitté la maison de ma mère à 15 ans. Dans ma jeune vingtaine, je voyageais d'un océan à l'autre, jouant dans les cafés. J'ai écrit Educated Guess pour créer un équilibre avec la rupture. Je l'ai conçu dans un état de solitude, chez moi, au Dust Bowl.

Dans Grand Canyon et dans Animal, vous êtes très critique vis-à-vis de la société américaine. Paradoxalement, comme Sean Penn, Tim Robbins, Susan Sarandon et Johnny Depp, vous dites aimer votre pays mais souffrir de sa brutalité...
"Je pense que c'est devenu important pour les Américains de saisir la différence entre le pays et l'administration gouvernementale. C'est facile pour un Américain d'être plein de honte, de colère, de rage. Mais ces sentiments ne sont pas très positifs. C'est quand je chante Animal sur scène que je m'en rends compte. J'ai écrit Grand Canyon comme en réaction à Animal, comme pour relever les choses."

Croyez-vous qu'un changement soit possible?
"C'est inévitable. Il doit arriver. Il finit toujours par se produire. Je le crois sincèrement. Fondamentalement, un patriote est un artiste ou un activiste. Nous avons été cyniques pendant un bon moment. Nous avons été victimes d'une propagande qui voulait nous amener à ne pas réfléchir, à n'être que des consommateurs, à rompre avec nous-mêmes."

Pourquoi n'y a-t-il pas de mobilisation comme dans les années 60?
"Ce qui est arrivé dans les années 60, c'est que le gouvernement et la CIA nous ont délibérément écrasés. Les assassinats de John F. Kennedy et de Martin Luther King ont eu un effet dévastateur. J'appartiens à une génération qui a perdu ses illusions. Notre héritage fut la perte de l'innocence."

Les chansons d'Educated Guess mettent l'accent sur les rapports hommes-femmes. Bodily semble suggérer qu'il est impossible que l'un ou l'autre conserve sa propre nature...
"Toutes les relations humaines sont un ballet conflictuel. Ce n'est pas évident. Je me suis trouvée à explorer la dynamique du pouvoir autant à petite échelle qu'à grande échelle. Nous sommes les produits d'une famille, d'une société. Cela devient parfois une arène de boxe, une sorte de boîte de Pandore."

The True Song of What It Was semble remettre en question le passé, le pouvoir des anciennes chansons?
"Fondamentalement, c'est une interrogation, sur les plans social, intime et linguistique, sur les mots que j'ai utilisés, tantôt trompeurs, abusifs, froids, tantôt créant une distance. Quand nous cherchons à nous décrire nous-mêmes, nous avons des motivations que nous ne comprenons pas. Ce que nous avons dit n'est pas ce que nous voulions dire."

Vous avez collaboré avec des musiciens aussi divers que Maceo Parker et Arto Lindsay...
"Maceo est un ami très proche. Nous nous visitons l'un l'autre dans nos studios respectifs. Nous avons pris conscience que nous avions une forte parenté, tant sur le plan de l'éthique du travail que sur celui de la performance. La pièce The Interview a été inspirée par lui. J'y discute du lien entre arts et politique. Maceo ne parle pas de politique mais quand il joue, il réussit à nous rendre joyeux. Je suis comme une éponge, j'absorbe un tas de choses. Maceo agit comme un mentor. Pour ce qui est d'Arto Lindsay, je suis une fan depuis longtemps. Il va faire paraître un troisième disque sur Righteous Babe."

Parlant de votre maison de disques (Righteous Babe), à quel point est-il toujours important pour vous de produire vos disques, de ne pas faire de compromis avec l'industrie?
"J'éprouve tout simplement une aversion profonde pour le big business. Je ne peux m'imaginer m'associer avec quelqu'un pour produire. C'est naturel chez moi."

Enfin, quels sont vos projets immédiats?
"Je travaille présentement avec un magnifique auteur-compositeur-interprète, Joe Henry, qui a déjà enregistré un disque avec Ornette Coleman, Scar. J'ai fait une petite tournée avec lui et je l'ai invité à coproduire mon prochain disque. Par ailleurs, je vais mettre sur pied mon nouveau groupe."   (interview sur voir.ca)

Educated Guess
Ani DiFranco
(Righteous Babe)

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