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Alors que le groupe anglais Bloc Party s'apprête à donner une suite au très remarqué Silent Alarm, son chanteur, Kele Okereke, vient de faire officiellement son comingout dans les pages de The Guardian. Le leader de Bloc Party n'avait jamais caché à proprement parler son homosexualité, mais il n'avait jamais évoqué le sujet de manière franche, malgré les questions incessantes des journalistes. Dans The Guardian, il justifie ce relatif silence: «Avec le premier album, je ne pensais pas que c'était utile [d'évoquer son homosexualité]. Je ne voulais pas en parler comme on en parlerait dans la presse people. Il n'y avait rien dans les chansons à ce sujet, donc pourquoi les gens auraient-ils eu besoin de le savoir? Mais, oui, il y a des chansons dans le prochain album qui tournent autour du désir, de l'attente, donc je vais en parler.» La chanson For England revient sur le meurtre du barman gay David Morley et I still remember relate le flirt de deux adolescents... Dans l'interview, Kele Okereke manifeste malgré tout une certaine défiance à l'égard des médias anglais et de leur manière de traiter les célébrités gay: «La Grande-Bretagne a toujours eu une relation d'amour/haine avec les personnalités publiques ouvertement homosexuelles. On les traite comme des personnes drôles, camp et inoffensives. Mais quand une personne qui a l'air hétéro semble pencher de l'autre côté de la barrière, ça devient un truc dingue.» Il va donc en parler, mais pas trop.

Genèse d’un groupe mythique : Presque chaque année depuis un certain temps, la Grande-Bretagne livre une nouvelle sensation pop-rock sous la forme d’un groupe de jeunes revisitant la mémoire du rock pour mieux se l’approprier et asséner des tubes imparables qui révolutionnent les dance floors, de Brighton à Paris en passant par Berlin et même Mexico (si si…)

En 2004, ce sont les dandys cravatés de Franz Ferdinand qui se hissent en haut des charts internationaux avec des singles comme « Take me Out ». Un an plus tard, le nouveau groupe « dont on parle partout », c’est Bloc Party, de jeunes londoniens, moyenne d’âge : 25 ans, que l’on s’arrache. Moins élégants dans leurs looks que les Franz Ferdinand, ils n’en sont pas moins tout aussi « arty », avec Bret Easton Ellis et Stanley Kubrick pour références, ce qui ne les empêche pas de se réclamer musicalement de l’héritage punk et new wave de la fin des années 70, début des années 80. Bien que cette période de l’histoire ait déjà été archi pillée, Bloc Party réussit pourtant à sortir son épingle du jeu.

C’est en 2002, lors du festival de Reading, en Angleterre, que le chanteur et guitariste Kele Okereke, alors étudiant, rencontre Russel Lissack, un autre jeune guitariste. Le courant passe tout de suite, ils ont les même goûts musicaux, des amis et des passions en commun, il n’en faut pas plus pour qu’ils décident de former un groupe. Une fois rejoints par Gordon Moakes à la basse et Matt Tong à la batterie, ils baptisent le groupe Angel Range, le rebaptisent Union et commencent à enregistrer des démos. Les quatre membres du groupe ont des influences aussi variées qu’éclectiques et l’énergie jaillit de toute cette diversité. Alors que le bouche à oreille commence à fonctionner et que la presse anglaise s’intéresse de plus en plus à eux, Kele Okereke prend les devants et va directement donner leur démo au groupe phare du moment, je te le donne en mille, les Franz Ferdinand. Séduits, les Franz leur demandent de participer à un concert pour le label Domino Records.

Sur scène, leurs singles, comme « Banquet » sont irrésistibles, Bloc Party fait même la première partie d’Interpol. Les maisons de disques leur font les yeux doux et le succès est en marche. « Silent Alarm », leur album, sort en 2005, rapidement suivi par sa version remixée. Ce mélange de disco punk indie, transcendé par la voix haut perchée d’Okereke rapporte gros et des références comme les Chemical Brothers demandent même au chanteur de prêter sa voix à l’un de leurs titres sur l’album « Galvanize »

 

 

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