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Présentation
du groupe
La
formation new-yorkaise Scissor Sisters défie tous les
genres en alliant allégrement le rock, la pop et la danse
dans des prestations inspirées du théâtre burlesque, des
travestis et du glam rock. Le groupe a fait tourner bien des
têtes à la fin de 2003 et au début de 2004 avec sa
reprise colorée de « Comfortably Numb » de Pink Floyd.
La
chanson a fait connaître à la formation composée des
chanteurs Jake Shears et Ana Matronic, du claviériste et
bassiste Babydaddy, des guitaristes Del Marquis et Derek G
et du batteur Paddy Boom. Le groupe a également pu
décrocher un contrat d’enregistrement chez Polydor U.K.
«
Comfortably Numb » a été choisie simple du mois par les
magazines Dazed and Confused et Jockey Slut en plus d’être
nommée « chanson essentielle » par le réputé DJ Pete
Tong de la BBC Radio 1.
Scissor
Sisters (un terme d’argot pour définir le lesbianisme)
émerge de la culture gay de New York et incorpore des
éléments des spectacles de travestis aux arts de
performance pour livrer des prestations fortement
théâtrales.
Il
s’agit de l’environnement parfait pour leur musique qui
emprunte autant à Elton John qu’aux Bee Gees, en passant
par les B-52’s et David Bowie. Après avoir gagné leurs
galons sur la scène new-yorkaise, Scissor Sisters ont
ensuite pris les auditoires britanniques et européennes d’assaut
au début de 2004 avec un premier album éponyme.
(musiqueplus.com)
Leur
premier album
Leur
album est sorti en début d'année 2004 ... Son nom :
Scissor Sisters
1.
Laura
2. Take your mama out
3. Comfortably numb
4. Mary
5. Lovers in the backseat
6. Tits on the radio
7. Filthy / gorgeous
8. Music is the victim
9. Better luck next time
10. It can't come quickly enough
11. Return to Oz
Le
premier album éponyme des Scissor Sisters contient onze
morceaux explosifs et sexy, largement inspirés des tubes
70’s, de Roxy Music à Elton John grande époque, comme le
groovy glam-rock "Laura". Peu d’instruments électroniques
ici, mais beaucoup de riffs de guitare, d’accords de piano
acoustique, et des textes cinglants et des titres évocateurs
: "Tits on the radio", "Filthy/Gorgeous"
ou "Music is the victim". Après deux premiers
singles confidentiels, "Electrobix" et "Comfortably
numb", un "cover" des Pink Floyd transformé
en hymne disco sur lequel le chanteur pose une voix de tête
à la Bee Gees, cet album se révèle extrêmement bien
produit. Comme quoi… (illico)
Article
des Inrocks
Attablés,
les Scissor Sisters se racontent leur rêve de la veille.
Jake Shears, écrivain-journaliste à la ville et
chanteur-danseur explosif à la scène “J’étais en
train de faire l’amour à l’actrice Drew Barrymore. J’ai
éjaculé dans mon sommeil, ce qui ne m’arrive jamais
quand je rêve des garçons. C’est vraiment rageant.”
Les autres pouffent et évoquent des histoires aussi
sexuelles, à base de singes libidineux ou de dinde rôtie
et entourée de barbelés... Seuls les rêves de la
chanteuse Ana Matronic échappent à ces déviances elle a
juste rêvé que son petit ami se tapait, en son absence,
son meilleur copain. Mignon. A côté de ces conversations
ordinaires de breakfast Scissor Sisters, même le nom du
groupe (une position sexuelle lesbienne) parait soudain bien
timoré et fleur bleue. ils auraient d’ailleurs pu s’appeler
"Les Poupées new-yorkaises" version
Barbie-pétasse et Ken-destroy, mais les New York Dolls,
leurs ancêtres virils, avalent déjà pris le nom.
Pendant
plus d’un an, les Scissor Sisters furent uniquement
Comfortably Numb. Le tube qui, sur le dance-floor, donne
envie de péter les plombs : de faire la chenille, la danse
des canards ou de se mettre nu avec une fausse barbe des Bee
Gees. C’est dire la puissance de Comfortably Numb,
merveille jusqu’ici scandaleusement underground des
New-Yorkais. Un vrai tube camp, comme on dit à Manhattan
pour évoquer cette flamboyance efféminée et narquoise.
Pourtant,
aucun second degré, aucune ironie ici comme sur le reste d’un
album pourtant particulièrement déconcertant: si cette
vraie-fausse reprise de Pink Floyd sonne commeles Bee Gees
produits par DFA, c’est parce que les Scissor Slsters,
pour leur première chanson, avaient tenu à faire le point
avec leurs discothèques, à recenser tous leurs bagages
avant le grand départ.
Jake:
"Nous ne dosons pas les chansons pour amuser la
galerie... J’espère vraiment qu’on ne nous soupçonnera
pas d’ironie, car il n’y en a pas. On a souvent
reproché à l’un de nos groupes préférés, Ween, de
jouer avec le second degré, mais je n’en crois pas un mot
je déteste ces groupes qui, au nom de l’ironie, insultent
leur public en simulant une musique comme on simule un
orgasme... Moi, je crois en chaque chanson des Scissor
Sisters, je ne triche pas, et je serais déçu qu’on nous
considère comme kitsch."
Sur
scène, le choc est encore plus violent. Inépuisable
machine à groover, les Scissor Sisters sont avant tout un
choc visuel : un guitariste échappé de l’affiche de
Querelle, un batteur volé au Muppet Show, un sorcier
sonique taciturne et fondamental, Babydaddy... Et surtout,
cette paire de voix : la délicieusement vulgaire Ana,
croisement salace entre une chanteuse des B-52’s et une
tapineuse de la 42nd Street. Et, insensé, Jake Shears —
voix de castrat, corps d’Iggy Pop, manières funky de Marc
A]xnond : Iggay Pop ? “Nous n’avons pas à nous forcer
pour être aussi extravagants sur scène, rigole Ana. Nous
devons même plutôt nous réfréner I M’ exhiber sur
scène, c’est une seconde nature, je fais du théatre
depuis l’age de 3 ans. J’ignore le trac, j’ai
longtemps été meneuse de revue dans un club drag-queen de
San Franclsco, alors monter sur scène avec ce groupe, c’est
de la rigolade." "Nos concerts ont toujours été
frénétiques, enchaîne Jake. J’adore perdre le contrôle
de moi-même. Ça faisait des années, comme les autres
membres du groupe, que je me préparais devant le miroir de
ma chambre a chanter et danser sur scène j’ai pris une
sacrée avance sur nos concerts ”
Les
New-Yorkais ne se font pas prier pour expliquer a quel point
ces frasques scéniques sont le fruit d’une frustration:
celle de mioches élevés avec les images scintillantes et
outrancières de Bowie, Roxy Music ou leurs héritiers de la
newwave la plus théâtrale, de Siouxsie à Cure.
"Soudain,
dans les années 90, les groupes de rock sont devenus
ennuyeux et statiques sur scène. La notion de show a
disparu... On avait l’impression qu’il y avait un mur
entre le groupe et le public, qu’ils se tripotaient seuls
sur scène" s’amuse Ana, qui avouera plus tard que le
seul groupe contemporain dont les Scissor Sisters se sentent
proches est... Outkast. "Ils ne pensent qu’à se
faire plaisir, au mépris de tout format, de toute
recette." Depuis Frankie Goes To Hollywood, autre
monstre de scène aux tubes imparables, on n’a pas croisé
machine à ce point capable d’imposer au grand public des
hymnes aussi ouvertement gays, exubérants et flamboyants. C’est
l’esprit insouciant et outrancier du New York d’avant-sida
que ressuscitent ces chansons exaltées.
Elles
réveillent les souvenirs avachis d’une club-culture
hallucinée, éparpillée entre les clubs mythiques des
eighties balbutiantes, comme le Studio 54 ou la Danceteria,
terres d’asile de tous les excès, de tous les métissages
entre disco et rock. Ana reconnaît avoir déménagé pour
Manhattan par fascination pour certaines galeries du Lower
East Side ou des clubs comme le CBGB. “Pour les groupes
qui y jouaient, comme Television, Richard Hell... Ces gens n
‘avaient pas peur de prendre des risques, de mélanger les
genres.”
L’émotion étreint même, vingt ans après, le colosse
Paddy Boom, batteur sensible, quand on évoque une possible
filiation entre ces années libres, ces lieux libertins et
les chansons affranchies des Scissor Sisters. “J’avais
i6 ans quand je suis allé pour la première fois à la
Danceteria et j’ai vraiment eu l’impression de renaïtre.
C’est là que j’ai décidé que New York deviendrait
ma ville... Trois étages, trois musiques dfférentes, trois
publics incroyables qui se mélangeaient.”
C’est
donc cette période, où le rock seventies, des Stones à
Rod Stewart, découvrit la faune new-yorkaise, que racontent
ces chansons ignorant absolument tout des frontières
officielles entre bon et mauvais goût. Leur extravagance,
leur fougue et leur fièvre les emportent très loin de ces
détails de pedigree. Jake: "Je ne sais pas quoi
répondre quand on me demande quel genre de musique je joue.
Les groupes que nous aimons ne se sont jamais posé ce genre
de questions, ils ne sont jamais autolimités... C’est
pour cette raison que nous ne passerons jamais sur la
moindre radio aux Etats-Unis, car nous sommes hors gabarit.
Nous avons déjà fait un trait sur notre carrière
américaine."
Pour
en finir avec les plantureuses influences de ce premier
album, on trouve aussi ici ce côté sleazy, goguenard et
tellement downtown de Lou Reed : le Lou fleurtant avec le
disco salace sur DiscoMystic ou le R’n’B moite de Coney
Island baby. Ana est émue aux larmes quand évoque son
héros (l’autre est Otis Redding), qu’elle découvrit
fillette, dans sa famille bohème de la Côte Ouest, où l’on
écoutait visiblement plus le Velvet que les Rubettes. On
recense également des influences, voire des relents,
nettement plus osés chez les New-Yorkais les voix castrées
des Bee Gees, la démesure du Rocky Horror Picture Show, les
chorégraphie de Fame, le songwriting en chantilly d’Elton
John, voire des antiquités encore plus improbables, de Hall
& Oates à la pop la plus FM (le groupe cite avec
effusion 10cc). Et pour que la fête soit complète, on
entend aussi ici (ils sont tous cinéphiles, entre autres
boulimies culturelles) des souvenirs de BO pornos seventies,
de séries TV comme celles ridiculisées dans Boogie Nights,
de blaxploitation, de Chic, de Blondie, de B-52’s, de
Deee-Lite, de house eighties...
On
mesure mieux l’étendue de la culture musicale, de bric et
de broc, d’underground et de trash, de cette troupe, à
travers ce dialogue surréaliste : Jake parle “des groupes
de musique industrielle de Chicago” qu’il a vénérés
toute sa jeunesse. Babydaddy acquiesce: “Moi aussi, j’adore
Chicago.” Lui parle du groupe. Glurp. Plus tard, dans un
ascenseur, il nous avouera aussi, chant de Castafiore à l’appui,
son amour pour Billy Joel. Il n’y avait heureusement que
trois étages.
Loin
de leur image de flambeurs excentriques et de dilettantes
mondains, les Scissor Sisters sont viscéralement,
fanatiquement, attachés à leur musique, à cette famille
construite de toutes pièces sur les ruines d’adolescences
massacrées dans les provinces ou les banlieues d’Amérique.
Tous
évoquent des parcours marqués par le désoeuvrement des
petites villes (Babydaddy dans le Kentucky; Jake Shears sur
une île du Grand Nord...), la haine des habitudes
ploucardes, les névroses assassines nées des moqueries de
villageois obtus :des vies de parias malgré eux, tristes
comme dans un film de Tim Burton.
Mais
New York, miroir aux alouettes de tout ce que l’Amérique
peut compter d’oubliés de cette norme écrasante, leur a
offert l’asile. Et les Scissor Sisters, une raison d’être,
une justification pas question, dans ces conditions, de
traiter la musique à la légère. “Nous bossons
incroyablement dur sur nos chansons, gémit Babydaddy. Nous
avons tout fait nous-mêmes sur ce disque, ça a
représenté un énorme investissement physique et
psychique... Il nous a coûté du sang, de la sueur et des
larmes.” Del Marquis, guitariste aussi effacé dans la
conversation qu’extraverti sur scène “Ce groupe
représente beaucoup pour nous. Pendant des années,
secrètement, on a sans doute rêvé de se rencontrer un
jour, les uns les autres. Alors nous nous sommes tous
investis à fond, en totale monogamie, comme dans une vraie
histoire d’amour... Nous avons eu la chance de nous
croiser alors que nous étions déjà adultes: nous
saisissons parfaitement la chance que nous avons. On ne
trouve pas tous les jours une famille d’adoption.” Et ta
soeur ? Elle bat le rythme, le corps en fête, le cerveau
hilare, les sens débraillés. Ces soeurs-là, c’est sûr,
ne sont pas rentrées dans les ordres, mais le désordre.
Les
fantasmes de Scissor Sisters en clip (Inrocks, évrier 2004)
Inutile de se couper les cheveux en quatre pour chercher à
aimer la musique efficace des américains de Scissor Sisters.
La preuve avec le clip de leur vraie-fausse reprise de Pink
Floyd, Comfortably Numb.
Décidément
les Scissor Sisters ont vraiment un sacré toupet. Feu Sœur
Sourire, auteure de l'évocateur Dominique nique nique, n'en
démordrait point. De leur côté, les Soeurs de la
Perpétuelle Indulgence, défenseuses hardies de la
condition gay et lesbien, drag' trav' et trans', jubilent de
la sensationnelle reprise de foi sismicienne qui s'empare
des dance-floors européens. Cette exaltation subite pour un
groupe qui joue avec autant de désinvolture à la barrière
entre premier et second degré tout en s'acoquinant des
références les plus kitch, est pourtant religieusement
louable.
Libertines
et dissolues, à l'opposée des malheurs de la vertueuse
Justine de Sade, ces soeurs baignent de plein pied dans les
vapeurs sensuelles d'une nuit tamisée où regards allusifs,
ballet des langues et corps collés l'un à l'autre sont
légion. Elles vivent sans se soucier du lendemain, même
s'il faut ensuite s'en mordre les lèvres, décaper les
couches de maquillages et encaisser les gueules de bois.
La
musique des Scissor Sisters est la transpiration de cette
excitation d'hormones naturelles et de molécules
synthétiques. Cette envie irrépressible induite par un
sentiment "post everything", comme un retour à
l'époque reine des night-clubs pour mieux s'affranchir du
climat de correction "post 9/11".
La
pochette de leur premier album éponyme met en scène une
nymphe rousse vêtue d'une toilette d'un blanc pur et
léger. Toute droit sortie d'un paradis lumineux et
verdoyant, où la nature n'a de cesse de s'entortiller et de
proliférer à l'infini, elle pénètre d'un pas sûr dans
un autre monde saturé, gangrené par les véhicules,
grattes ciel et enseignes aux néons. Cette naïade prend
d'emblée ce nouveau macrocosme à contre-sens et ce, pour
notre plus grand plaisir.
Et
en effet, Comfortably Numb, la première galette des Scissor
Sisters tourne depuis des mois dans la caboche de tous les
clubbers extravertis. Reprise très gay de Pink Floyd,
plongée abyssale et acide, Comfortably Numb est une
rêverie fantasmagorique pour les sens. Le clip réalisé
par Chris Hopewall – récompensé dernièrement aux MTV
2003 dans la catégorie meilleure direction artistique pour
le clip de There There de Radiohead - met en scène Jake
Shears, chanteur et figure de proue du groupe, appelant à
l'aide, perdu au milieu des eaux sombres ("Hello,
hello, is anybody out there ?").
Il
est rejoint par Ana Matronic, son faire valoir féminin aux
allures de tapineuse junky, animale et mangeuse d'homme, qui
l'entraîne dans les fosses d'un océan imaginaire où
requins, méduses géantes scintillantes et anguilles
électriques improvisent un ballet aquatique halluciné.
Vendredi
27 février, le Tryptique accueillera les Scissor Sisters
pour un concert qu'on espère à la hauteur du tour de force
qu'ils ont offert aux festivalier Inrock de la Boule Noire
en novembre dernier. En attendant ce concert haut en
couleurs, le clip de Comfortably Numb est à voir au format
Real Video.
Avec l'aimable autorisation de Universal Music
Gonzague Dupleix (inrocks) - 23 févr. 2004
Homosexualité
Dans
Sex'n Pop, documentaire diffusé sur Arte, Jake Shears (de
son vrai nom Jason Sellards), le chanteur peu pudique des
Scissor Sisters explique pourquoi les publicités Calvin
Klein sont pour lui de la pornographie, pourquoi il s’est
déshabillé pour le magazine gay « Butt » (voir les
photos ci-dessous) et comment le Rocky Horror Picture Show
l’a incité à faire son coming-out.
Au
delà de ce chanteur, voici une interview où le thème de
l'homosexualité est abordé à la fin ...
WAXX
music : Vous sortez un nouvel album : Comment pourrait-on le
définir ? Disco style années 80, revival des 70’s ?
Baby Daddy : La musique pop du nouveau millenium.
Ana Mantronic : Voilà, tout à fait.
Baby Daddy : Oui, nous sommes très actuels, mais nous avons
aussi beaucoup d’influences dans le passé…
Ana Mantronic : C’est un pas en arrière et deux pas en
avant.
Baby Daddy : Exactement.
WAXX
music : Pour un premier album, on dirait presque un « Best
Of », les chansons sont musicalement bonnes. Comment
concevez-vous le songwriting ? Ça sort comme ça ou vous
suivez une certaine méthode ?
Baby Daddy : Il n’y a pas vraiment de méthode…
Ana Mantronic : Nous procédons chanson par chanson, avec ce
qui sonne adéquat pour chacune d’elle…
Baby Daddy : La seule méthode est d’arriver au studio
tous les matins et d’essayer quelque chose de nouveau et
de voir le résultat. Nous travaillons beaucoup.
Ana Mantronic : Oui, et certaines chansons s’inspirent de
chansons que nous avons entendu ou autre : Alors on va tous
au studio, on joue le morceau et là on change tout, et la
chanson arrive comme ça, sonnant totalement différente. C’est
souvent le cas en fait, pour pas mal de chansons de cet
album.
WAXX
music : La mode semble importante pour le groupe, vos
tenues, vos photos. Etes-vous intéressés par la mode ?
Ana Mantronic : Non, pas par le monde de la mode. Ma phrase
fétiche quand on me pose cette question est « j ‘adore m’habiller,
mais je déteste la mode ». Et vraiment c’est vrai, je
pense que le monde de la mode est ennuyeux. Tout n’est que
position sociale et ce que tu peux te payer ou pas…
Baby Daddy : Et ce qui est à la mode aujourd’hui ne le
sera pas demain…
WAXX
music : Bien sûr…
Baby Daddy : Oui, c’est la définition…
Ana Mantronic : Oui, c’est quelque chose de très
changeant et de très limité. Je ne suis pas intéressée
par la mode. Je pense que ce que nous aimons vraiment
beaucoup, c’est le « glamour », le charme. Nous aimons
vraiment la fantaisie…
Baby Daddy : Et le style…
Ana Mantronic : Oui, la façon dont je m’habille est
principalement inspirée par les films. Je veux être
habillée comme si je venais de tourner pour Fellini. Les
femmes dans les films de Fellini sont vraiment une source d’inspiration
pour moi, comme celles des films de Russ Meyer. Si on met de
côté l’aspect femme-objet, je voudrais ressembler aux
femmes de ces films. Nous sommes définitivement
intéressés par le style, mais nous ne voulons pas être
pris pour les mannequins de quelqu’un …
WAXX
music : Oui, je parlais de vos tenues de scène…
Ana Mantronic : Oui, nous aimons vraiment notre musique, nos
tenues, la couverture du disque, les vidéos. Tout ce qui
vient de nous, tout ce à quoi nous pouvons participer et
contrôler.
WAXX
music : Vous avez repris cette chanson de Pink Floyd «
Comfortably Numb »…
Ana Mantronic : Oui !
WAXX music : C’est votre chanson phare en ce moment.
Est-ce que vous avez des échos de Roger Waters ou du groupe
?
Baby Daddy : Oui, le groupe nous a contacté. Je crois que
la maison d’édition nous a écrit pour nous dire qu’ils
aimaient la chanson et aussi pour que personne n’en doute.
C’est très gratifiant de le savoir. Nous sommes des fans
de Pink Floyd et nous respectons ce qu’ils font. Nous
avons décidé de réinterpréter une de leur chanson. Les
gens qui ne comprennent pas ce que nous faisons là,
peut-être avec un peu de chance comprendront-ils en
écoutant l’album tout entier que nous sommes aussi des
compositeurs… Si les gens nous disent « écrivez vos
propres chansons ! »…Et bien nous l’avons fait !
Ana Mantronic : Oui !
Baby Daddy : C’est ce que nous avons fait : nous avons
décidé de récréer la chanson de quelqu’un d’autre. C’est
une façon très courante de faire des reprises. Et pour une
chanson aussi célèbre et importante que « Comfortably
Numb », nous n’aurions jamais été satisfaits de la
jouer exactement comme l’original.
WAXX
music : Vous êtes en tournée en Europe en ce moment, vous
allez bientôt jouer à Paris. Quelle est la principale
différence, en tant qu’artiste américain, entre les
concerts que vous faites ici et vos shows aux Etats-Unis ?
Ana Mantronic : Nous n’avons pas beaucoup joué ailleurs
qu’à New-York. Le public à New-York est très chaleureux
avec nous. Nous avons le support de nos amis et des gens qui
nous connaissent depuis longtemps. En Europe, nous explorons
un nouveau territoire. Nous avons fait quelques concerts
ici, et le public a été incroyablement accueillant et
réceptif. Dès notre descente du bus, nous avons été
chaleureusement accueillis. En tant qu’artiste, tu ne peux
pas en demander plus. Nous avons eu des concerts
extraordinaires en France, un à Paris et un à Bourges.
Nous avons aussi joué des shows fantastiques en Allemagne
et incroyables à Barcelone. Je pense que, quand les
Européens sortent pour passer une bonne soirée, ils se
libèrent complètement. Il y a un côté laisser aller
complet dans la façon dont les Européens s’amusent. C’est
tellement cool de voir les gens perdre tout contrôle, tout
blocage et de les voir s’amuser. Et cela a été quelque
part facile pour nous… je ne pensais pas que cela serait
si facile. Mais jusqu’ici, ça a été super, les gens ont
été très réceptifs.
WAXX
music : Nous allons parler du nom du groupe qui veut dire
-dites moi si je me trompe- lesbienne en argot. Etes-vous….
Ana Mantronic : Lesbienne ?
WAXX music : non, je veux dire supportez-vous la cause gay ?
Ana
Mantronic : Et bien 3 des 5 membres de Scissor Sisters sont
gay et masculins, ce qui implique que je ne suis pas gay.
Oui, il y a 3 gays dans le groupe très honnêtes au sujet
de leur sexualité. Ils ne veulent rien cacher. De cette
manière, nous sommes des représentants de la communauté
gay. Nous faisons un peu figure de modèle, d’exemple pour
la jeunesse gay et pour la culture gay en général. Nous
voulons plus de compréhension pour cette communauté. Mon
père était gay. Nous voudrions que les mariages gay
deviennent légaux aux Etats-Unis. Je ne sais pas si cela se
réalisera un jour…
Baby Daddy : Nous ne voulons pas être particulièrement
politique, mais nous nous sentons obligés d’affirmer qui
nous sommes. Nous allons rentrer aux Etats-Unis - je pense -
pour la promotion de cet album, et nous allons probablement
nous heurter à quelques oppositions pour être ouvertement
gay, mais je m’en fous. Nous le réaffirmerons si des gens
ont un problème avec cela. Nous ne laisserons pas cela nous
affecter ou nous arrêter de faire ce que nous aimons. Mais
si devons agir politiquement, nous sommes prêts. Nous
présentons ce que nous faisons très simplement et
honnêtement.
Ana Mantronic : oui, je pense que le thème principal de cet
album est la liberté individuelle, la liberté de s’exprimer
de la manière la plus saine pour toi. Tout ce qui est bien
et bon pour toi et cela sans porter atteinte aux autres. Il
y a en ce moment aux Etats-Unis une certaine forme de
complaisance qui porte atteinte à nos libertés. Et je
pense que nous allons devoir combattre cela à notre retour
aux Etats-Unis. Mais nous nous battrons jusqu’à la mort,
yeah !

 

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leur orientation sexuelle. Si vous n'êtes pas passé
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